Chaque jour, des innovations sont présentées afin d’arriver à un développement durable parfait, c’est- à-dire à répondre au besoin croissant des hommes tout en respectant l’environnement, ou du moins en ne le rendant pas pire.
Il est malheureusement peu probable qu’une unique solution miracle existe. Mais c’est l’addition de petites choses qui pourrait un jour nous conduire à respecter toutes les contraintes liées à l’environnement, tout en anticipant la croissance démographique exponentielle de l’Homme. Ce dernier consacre beaucoup d’énergie et d’argent à trouver un moyen de terraformer Mars tout en “marsisant“ la Terre par les déchets et la pollution générés. Prendre la fuite semble plus simple qu’améliorer son monde.
Prenons l’exemple des eaux usées. Chaque jour, 230 milliards de litres d’eaux usées sont rejetés dans nos océans, soit 730 millions de m3 par an. Or, seulement 10% de ces eaux sont traitées. (Planetoscope 2012) Cela pollue considérablement, et si l’on amenait les stations d’épurations à être plus rentables, peut- être que cela remettrait en considération le faible volume d’eaux traité. La pile à combustible microbienne pourrait être l’espoir que nous attendons tous.
Les piles à combustible microbiennes (PCM ou encore biopiles) fonctionnent selon le même principe que les piles à combustibles classiques, mais c’est un biofilm qui fait guise de catalyseurs dans la réaction d’oxydoréduction. Ce biofilm est constitué de micro-organismes de type bactérie, qui vont oxyder les éléments organiques des eaux usées et échanger directement les électrons avec les électrodes. Il est désormais possible de fabriquer de l’électricité tout en nettoyant les eaux usées, car comme la pile à hydrogène, le système ne rejette que de l’eau.
En effet, les bactéries vont briser les molécules organiques par digestion et vont donc relâcher des électrons et des ions H+. Ces ions H+ vont ensuite se diriger au travers de la membrane séparatrice de l’anode vers la cathode, et vont former des molécules 𝐻2𝑂 grâce au dioxygène contenue dans l’air en suivant l’équation suivante : 4𝐻+ + 𝑂2 + 4𝑒− = 2𝐻2𝑂. Dans l’anode, les matières organiques contenues dans les eaux usées vont donc se biodégrader plus rapidement car ce procédé va diminuer fortement leur demande chimique en oxygène (Institut de recherche en agroenvironnement inc., 2013).
Ces piles sont beaucoup moins onéreuses à concevoir, car ce sont les catalyseurs constitués de métaux rares qui représentaient la plus grande part du budget de la pile classique. Dans ce système, si les bactéries sont nourries, alors elle se prolifèrent et se maintiennent, et peuvent être plongées directement dans le milieu à traiter. Le catalyseur est donc quasiment éternel.
Abordons maintenant la notion qui nous intéresse. Une station d’épuration pourrait-elle être autosuffisante, voire rentable avec un tel système à l’heure actuelle ?
Usine de traitement des eaux usées Source: Frédéric Bisson, 2013
Dans cette enquête, nous allons considérer qu’une seule et même station d’épuration filtre l’eau issue des ménages de toute la population française.
Selon l’IRSTEA (2019), il faut actuellement une puissance de 3kW pour traiter un amas de matières organiques ayant une demande biochimique en oxygène de 1 kg (=kgDBO5) avec une station d’épuration classique. Or, le français moyen produit 114L d’eaux usées par jour contenant 45,6gDBO5 (insee,2014).
D’après l’institut national polytechnique de Toulouse (2013), les prototypes de piles à combustible peuvent, à l’heure d’aujourd’hui, produire 24W par jour et par habitant, soit 1538 MW/j si nous considérons une population de 66,9 millions d’habitants.
En considérant les 3kW/kgDBO5 de consommation pour traiter les eaux usées de manière classique, et que 70% de cette consommation est utilisé pour alimenter les moteurs permettant de sécher les boues obtenues (info-chimie.fr, 2008), il faut donc 54W/jour/habitant pour traiter les eaux usées de nos chers concitoyens. La consommation des moteurs a été évoquée, car elle a été déduite pour arriver au résultat précédent, puisqu’ il n’y aura plus besoin de sécher les boues si l’on utilise un procédé tel que la pile à combustible microbienne.
Nous arrivons donc à un taux d’autosuffisance de 44% (24/54).
Sachant que ces données ont été calculées en fonction d’un rendement datant d’un prototype de 2013, et que des scientifiques font des recherches actives sur la PCM, cela est très prometteur. Il faut aussi garder à l’esprit que les eaux usées ménagères ne sont pas les plus pourvues en matières organiques, et des essais ont été réalisés avec les eaux d’une usine de papèterie, jugée plus riches (Dr Ketep, 2012). Mais d’après l’inventeur Daniel Martin, c’est bien dans les eaux usées domestiques que se situe l’avenir commercial de la biopile.
Mais les eaux usées sont loin de devenir le pétrole de demain.
Données calculées, EDF, INED
Sur le graphique ci-dessus, nous pouvons observer la consommation électrique résidentielle moyenne de 2019, pondérée par les prévisions de la croissance démographique de la France, ce qui donne l’évolution possible de la consommation électrique française selon le temps.
Selon les résultats précédents, la mise en place des piles à combustible permettrait de produire 1538 MW/j, soit 64 MWh, donc les PCM ne permettraient même pas de compenser l’augmentation de la population en 2021, car celle-ci engendrerait une augmentation de 0,6TWh. Mais rappelons-le, elles sont avant tout intéressantes pour épurer les eaux usées.
Il n’y a pas de solution drastique au développement durable, mais le fait d’utiliser nos déchets afin de produire de l’électricité est une piste forte intéressante. Qui plus est, si le traitement des eaux venait à être rentable, cela permettrait de concilier traitement des déchets et profits, et intéresser des investisseurs au point d’en arriver à pouvoir traiter les eaux usées du monde entier.
Insee, (2014). Consommation par habitant : La France au-dessus de la moyenne européenne [online]. Insee. [Vu le 24/04/2020]. Disponible sur : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281366
Institut de recherche en agroenvironnement INC., (2013). Method and system for the bioelectrochemical treatment of organic effluents. Inventeurs : Martin Yves, Dubé Patrick, Hogue Richard, Jeanne Thomas. Appl. 23.05.2013. WO2013/071401Al
Institut national polytechnique de Toulouse, (2013). Pile à combustible microbienne avec cathode facilement échangeable. Inventeurs : Etcheverry Luc, Feron Damien, Erable Benjamin, Bergel Alain, Pocaznoi Diana. Appl. 11.01.2012. WO2013/104725Al
IRESTEA, (2019). Institut de recherches en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.
À l’heure où le réchauffement climatique, l’écologie et le développement durable sont des sujets d’actualité, et de plus en plus proéminents dans notre vie quotidienne, de nombreux changements, améliorations et technologies ont lieu afin de limiter nos empreintes carbones.
Ces évolutions nous amènent à changer nos habitudes de vie et de consommation. Ainsi, le remplacement des énergies fossiles par des solutions alternatives (automobiles électriques), le développement des énergies renouvelables (panneaux solaires, éoliennes…), ou encore l’envoi d’e- mails, dont l’un des premiers objectifs est de remplacer les impressions et ainsi limiter le papier, démontrent un intérêt de la population envers l’environnement.
Pour autant, êtes-vous réellement conscient de l’impact environnemental de nos e-mails ? De l’empreinte carbone qu’ils génèrent? Et si nos emails polluaient autant, voire plus, que l’impression papier ?
L’impact environnemental de nos emails
Le stockage de nos emails
Nos e-mails sont bel et bien une source de consommation d’énergie énorme. En effet, nos e-mails sont échangés et stockés grâce aux Data Centers. Quelle Energie (2017) nous explique que les Data Centers sont des centres de données dans lesquelles sont stockés des milliers de kilomètres de câbles, ainsi que des centaines de serveurs. Que ce soit pour les garder à bonne température ou tout simplement pour les faire fonctionner, ces Data Centers consomment énormément d’électricité tout au long de la jour et de la nuit. Envoyer un e-mail à un destinataire, c’est le faire parcourir au total 15 000 kilomètres de câbles. De plus, il ne faut pas oublier de prendre en compte la consommation d’énergie de nos ordinateurs ainsi que des serveurs de stockage présents dans nos boites de réceptions.
Data Center : le chemin d’un e-mail – CleanFox
Ainsi, lorsque l’on parle de pollution dû aux e-mails, on parle en fait de pollution générée par la transmission et le stockage de ces e-mails, sans oublier leurs impacts sur l’environnement.
10 milliards d’e-mails sont envoyés dans le monde toutes les heures. Il n’est donc pas surprenant de voir que, selon les données de CleanFox (2019), les centres de données représentent 10% de la consommation totale d’électricité de la France. Vous pouvez donc vous en doutez, les Data Centers polluent énormément : 2% des émissions de CO2 à l’échelle mondiale, soit autant que l’aviation civile ; avec 5% de la pollution numérique due aux e-mails stockés. Enfin, d’après Actu Environnement (2016) « un Data Center de 10 000 m2 consomme autant qu’une ville de 50 000 habitants ».
L’empreinte carbone de nos emails
Le bilan carbone dû à l’échange de nos e-mails s’alourdit en fonction :
Du nombre de destinataires
Du poids de l’e-mail échangé : pièces jointes ou non
Du temps de stockage de l’e-mail et d’une pièce jointe dans le serveur
En effet, selon l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie) :
1 e-mail envoyé génère 10 grammes de CO2
1 pièce jointe de 1 Mo génère 19 grammes de CO2
1 pièce jointe volumineuse génère jusqu’à 50 grammes de CO2
1 e-mail stocké dans la boite de messagerie pendant 1 an génère 10 grammes de CO2 supplémentaire
L’ADEME (Le Guern, Y., 2011) nous propose les résultats d’une étude menée par BIO Intelligence Service afin d’évaluer les conséquences environnementales de l’échange d’e-mails à plusieurs destinataires – voir tableau ci-dessous.
Résultats du courrier électronique pour le scenario : envoi d’un mail de 1 Mo à plusieurs personnes – ADEME – 2011
Les résultats nous montrent que multiplier le nombre de bénéficiaires par 10, équivaut à multiplier par 4 l’impact sur le changement climatique, ce qui n’est pas sans conséquence.
De plus, comme nous pouvons le constater ci-dessus, le CO2 n’est pas la seule énergie consommée : la consommation de fer est aussi à prendre en compte ainsi que celle du pétrole. En effet, les serveurs des Data Centers requièrent des métaux et des ressources importantes pour être fabriqués et entretenus.
On peut alors se demander : « Quels impacts environnementaux sont générés si 10% des employés d’une entreprise de 100 personnes envoient leurs mails avec systématiquement en copie leur responsable et la personne avec qui elle travaille ? » (Le Guern, Y.- ADEME- 2011).
Voici les résultats annuels sur l’indicateur de changement climatique lié à l’envoi d’emails d’1 Mo pour une entreprise de 100 personnes, en fonction du pourcentage d’emails avec trois destinataires :
Potentiel de changement climatique associé à l’envoi de mails de 1 Mo pour une entreprise de 100 personnes sur un an en fonction du pourcentage d’envoi à 3 destinataires – ADEME – 2011
Nous pouvons en déduire que, si nous réduisons de 10% le nombre d’e-mails envoyés à trois destinataires dans une entreprises de 100 employés, nous pouvons réduire les émissions de dioxyde de carbone d’environ 1 tonne par an.
Ainsi, et d’après l’ensemble des études réalisées, en envoyant en moyenne 30 e-mails par jour à différents destinataires pendant un an, le bilan carbone est de 300 kilogrammes de CO2, soit plusieurs milliers de kilomètres parcourus par une voiture essence. Selon l’ADEME, une entreprise de 100 salariés produit l’équivalent de 13,6 tonnes de dioxyde de carbone par an uniquement par e-mail, ce qui équivaut à 14 allers-retours Paris et New York. L’échange d’e-mails génère en moyenne 410 millions de tonnes de CO2 par an.
L’industrie du numérique, une source de pollution croissante – Céline Deluzarche, Futura Sciences
CleanFox (2019) nous met en garde : n’oublions surtout pas l’ensemble des mails non lus, soit 60%, qui ne consomment alors pour rien du CO2. Mais aussi les spams, e-mails indésirables souvent envoyés par les entreprises ou tous commerces afin de faire de la publicité, qui même non consultés produisent 0,3 grammes de CO2: «dans le monde entier, les spams génèrent autant d’énergie que 2 millions de foyers américains par an ».
On en déduit ainsi une consommation d’énergie extrêmement élevée et sans aucun doute beaucoup trop minimisée. Il suffit de voir le nombre de spams reçus, d’e- mails envoyés sans forcément grande importance pour se rendre compte du problème.
L’impact environnemental de l’impression papier
Il y a de plus en plus d’échanges d’e-mails possédants des pièces jointes afin de réduire les impressions papier. Cela peut être le cas dans les entreprises : échange de documents par e-mails au lieu de les imprimer ; mais aussi dans les écoles, où les bulletins sont de plus en plus envoyés par e-mails et non plus imprimés, puis distribués.
Or, suite à l’étude que nous venons de faire, l’envoie d’e-mail est-il réellement plus écologique ? L’empreinte carbone est-elle vraiment moindre par rapport à l’impression papier ?
BIO Intelligence Service continue ses études, et l’ADEME (Le Guern, Y., 2011) nous présente alors les impacts environnementaux suite à l’impression des pièces jointes d’un email (pour 4 pages au total) :
Résultats pour l’envoi d’un mail de 1 Mo à une personne avec impression de la pièce jointe par le destinataire – ADEME – 2011
Ces résultats nous montrent deux aspects importants : l’impression a une forte influence sur l’empreinte carbone, tout comme le type d’impression utilisé. Par conséquent, pour tous les indicateurs, à l’exception de l’épuisement potentiel des métaux, les impacts sont multipliés par 2, voire 3.
Cet article (Le Guern, Y.- ADEME- 2011) nous explique d’ailleurs que concernant l’indicateur d’épuisement potentiel des métaux, il est normal que les impacts sur l’environnement diminuent concernant les scenarios avec impression des pièces jointes. En effet, cet indicateur concerne la contribution de l’ordinateur, qui est donc plus faible lors de ce scénario : la durée de lecture des pièces jointes sur l’ordinateur est presque nulle (30 secondes au lieu de 5 minutes).
On comprend alors que l’empreinte carbone dépend en réalité du temps passé devant le document – la pièce jointe de l’email. Ouest-France (2015) nous apprend que dans certains cas, l’impression d’e- mails est plus respectueuse de l’environnement que la lecture sur ordinateur. En effet, le bilan carbone d’un email dépend du temps passé devant la pièce jointe, tandis que celui d’un document papier se calcule selon son impression.
Grâce à l’analyse de l’ADEME (Le Guern, Y., 2011) – voir graphique ci-dessous – nous pouvons alors évaluer « au bout de combien de temps de lecture à l’écran est-il préférable d’opter pour l’impression du document reçu par e-mail ».
Analyse de point d’équilibre sur le temps de lecture, potentiel de réchauffement climatique pour l’envoi d’un mail de 1 Mo à une personne. ADEME – 2011
Nous remarquons sur le graphique que :
Il est plus écologique de consulter un document sur l’ordinateur seulement si nous y passons moins de 3 minutes et 24 secondes.
En revanche, à partie de 12 minutes et 12 secondes, il est plus intéressant en termes d’avantages écologiques et environnementaux d’imprimer le document, même en couleur et recto seul.
De plus, La Créative Boutique (2017) a annoncé que les industries européennes du papier et de l’imprimerie respectent de plus en plus les normes environnementales afin de participer à la gestion durable des espaces forestiers et de réduire leur empreinte carbone. En effet, de nombreux efforts ont été faits, comme l’émergence des encres vertes / organiques, le papier issu de forêts responsables, la modernisation des outils de production pour réduire la consommation d’énergie, d’eau et de solvants polluants.
Conclusion
Chaque outil, que ce soit le numérique ou l’impression papier, a ses arguments, ses avantages, ses inconvénients ainsi que ses innovations.
N’oublions pas ce qui importe n’est pas le support lui-même, mais le contenu !
Ainsi, voici les quelques conseils de Futura Sciences (2019) afin de limiter au mieux les émissions de CO2 qui découlent de l’envoi de nos e-mails :
Réduisez la taille des pièces jointes, par exemple en compressant les images ou en envoyant des hyperliens plutôt qu’un document
Ne conservez pas vos anciennes adresses mail dans lesquelles s’entassent les e-mails non lus
Réduisez au maximum votre liste de destinataires
Triez régulièrement ses e-mails et supprimez ceux qui sont inutiles
Installez un logiciel anti-spam ou désabonnez-vous des newsletters inintéressantes pour vous, afin de les limiter le plus possible.
Nettoyez vos emails – CleanFox
De plus, si les Data Centers et hébergeurs sont critiqués, le numérique tente de se rattraper et essaient de faire bouger les choses. C’est le cas, par exemple, d’OVH, hébergeur qui a lancé plusieurs projets afin de réduire son impact énergétique. En effet, La Créative boutique (2017) nous informe qu’OVH a réduit sa dépense énergétique et est passé, entre 2004 et 2007, à un PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,1 au lieu de 2 (à noter qu’un PUE de 2 signifie que le Data Center va consommer 100 watts pour refroidir un serveur qui consomme 100 watts). De plus, OVH a décidé en 2010 de devenir producteur d’énergie verte et de s’investir dans l’éolien.
L’utilisation de nouvelles technologies, fortement énergivore, n’aurait-elle pas un impact environnemental caché plus important que celle connue à ce jour ?
Le reproche fait par les jeunes d’aujourd’hui aux anciennes générations est-il justifié, alors que cette génération est l’utilisateur majeur de ces nouvelles technologies ?
Le Guern, Y., (2011). Analyse comparée des impacts environnementaux de la communication par voie électronique. [online]. BIO Intelligence service. ADEME. [vu le 21 mars 2020]. Disponible sur : https://presse.ademe.fr/files/acv_ntic_synthese_resultats.pdf
Depuis maintenant des décennies, l’Homme dans son mode de vie, cherche un confort personnel, sans se soucier de l’impact négatif qu’il crée pour la planète. Principal acteur qui joue sur ce « confort » : la chaîne agroalimentaire, qui a poussé les Hommes à une surconsommation. En hausse depuis maintenant des années, cette dernière est à l’origine du gaspillage alimentaire. Avec l’augmentation de la pollution, nous sommes en droit d’émettre des hypothèses quant à un lien direct entre les déchets que l’on produit et la pollution croissante.
Nous allons à travers cet article, répondre aux questions suivantes : Quelles habitudes peut-on changer dans nos modes de consommation ? Quelles solutions doit-on adopter pour sauver notre environnement ?
Le gaspillage alimentaire un problème global dans le monde entier
C’est un fait connu du grand public, le gaspillage n’est pas un problème à petite échelle, mais un problème global dans le monde entier. En effet, dans le monde, c’est 41,2 tonnes d’aliments gaspillés chaque seconde dans le monde (Boyer M. et Dumas E., 2018), soit près de 1,3 milliards de tonnes par an (Calcul de l’auteur). Il est intéressant de se poser des questions telles que : Comment est construite la chaîne agroalimentaire ? Ou les pays gaspillent-ils le plus dans la chaîne agroalimentaire ?
L’analyse du diagramme ci-dessous apportent ces éléments de réponse.
Pour bien comprendre ce graphique, il est important de faire la distinction entre les pertes alimentaires, les déchets alimentaires et le gaspillage alimentaire. Les pertes alimentaires sont une diminution de la masse alimentaire consommable du stade de la production jusqu’à la distribution. Les déchets alimentaires sont quant à eux les produits alimentaires consommables jetés par les consommateurs, ou même par les détaillants.
Le gaspillage alimentaire correspond à la somme des pertes et des déchets alimentaires.
On remarque à présent que pour des continents riches, là où les revenus sont moyens et élevés, tels que l’Amérique ou encore l’Europe, le gaspillage se fait dans la chaîne agroalimentaire au niveau de la consommation. Cela signifie que les pays membres produisent beaucoup de déchets alimentaires. A contrario, pour les continents plus pauvres, avec des pays à faibles revenus, le gaspillage général se fait au niveau de la production, du transport et du stockage de nourriture. On est ici sur des pertes alimentaires.
A notre échelle de consommateurs, il est difficile de jouer sur le début de la chaîne agroalimentaire. Ainsi, limiter les pertes dans les pays pauvres n’est pas possible, malgré tout changement dans nos modes de vie. En revanche, notre rôle est important dans la production de gaspillage au moment de la consommation, car on est finalement en bout de la chaîne. Afin de solutionner ce problème, et donc limiter le gaspillage, il serait intéressant de chercher à comprendre, où se fait le gaspillage dans la consommation et donc, dans nos modes de vie actuels.
Le gaspillage alimentaire un problème écologique
Le gaspillage alimentaire a un impact économique, estimé à environ 900 milliards d’euros par an (Mathieu T., 2019), mais surtout écologique. En effet celui-ci ne cesse d’augmenter chaque année. Les consommateurs directs ou les entreprises de distribution ont une mauvaise connaissance de ce réel impact.
En effet, le gaspillage alimentaire est responsable du rejet de 2,7 gigatonnes de gaz à effet de serre par an dans le monde (FAO, 2014, page 34), ce qui représente environ 8% des émissions à effet de serre mondiales. En France, il a un impact par an de 15,3 millions de tonnes de CO2 (Income Consulting – AK2C, 2016, page 5). S’il était un pays, il serait à ce jour le 3ème plus grand pollueur du monde après les États-Unis et la Chine (Mathieu T., 2019).
Le gaspillage alimentaire ne représente pas seulement des déchets alimentaires, mais aussi des déchets inorganiques comme par exemple les emballages plastiques. L’incinération de ces déchets augmentent considérablement la pollution de l’air.
De plus, il faut noter que le gaspillage alimentaire n’influence pas seulement la pollution dans l’air, mais a des conséquences dans le gaspillage de l’eau. Aujourd’hui, la nourriture produite non consommée engloutit chaque année 250 km3 d’eau, ce qui représente 3 fois le lac Léman (Magdelaine C., 2014).
Pour finir, nous constatons qu’il y a aussi des conséquences sur les terres agricoles. Effectivement, cette nourriture produite mais non consommée occupe 1,4 milliards d’hectares de terres, environ 28 % des terres agricoles mondiales (Magdelaine C., 2014). Ces terres utilisées inutilement ont dû être arrosées et contiennent potentiellement des engrais ou pesticides, très mauvais pour l’environnement.
Jeter de la nourriture de temps à autre n’est pas un geste anodin pour notre planète.
Le gaspillage alimentaire en France
En France, c’est près de 10 millions de tonnes de nourriture qui sont jetées par an (Income Consulting – AK2C, 2016, page 5).
Ce même gaspillage alimentaire représente un coût annuel de 16 milliards d’euros en France (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2020).
Il est donc nécessaire de modifier nos habitudes alimentaires afin de réduire ce chiffre considérable.
Regardons maintenant la répartition de ce gaspillage alimentaire en fonction des différents acteurs.
Ce graphique nous montre que le principal gaspilleur est la production agricole avec 33% du gaspillage alimentaire total en France. La répartition des foyers dans ce gaspillage alimentaire est de 19%, les français jettent donc 1,9 millions de tonnes d’aliments par an, soit environ 28 kg par an pour chaque français (calcul de l’auteur). Cela représente 1 repas gaspillé par semaine (Boyer M. et Dumas E., 2018). Quand on sait que dans le monde de nombreuses personnes meurent de faim, ce chiffre est alarmant.
Selon le graphique de répartition, la restauration et la distribution ont l’air d’être de bons élèves. Ces bons chiffres sont une des conséquences des règles strictes imposées aux entreprises de distribution et de restauration.
Répartition des gaspillages par filière en France sur toute la chaîne alimentaire. [Calculs de l’auteur]. Source: “Pertes et gaspillages : L’état des lieux et leur gestion par étapes de la chaîne alimentaire” par INCOME consulting – AK2C [mai 2016]. Pages 40 à 120. https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/pertes-et-gaspillages- alimentaires-201605-rapport.pdf
En poussant l’analyse de la répartition des produits dans l’agriculture, nous remarquons que le gaspillage principal se fait au niveau de la production animale (laits, œufs, viandes, poissons,…) qui, à elle seule, représente presque 50 % du gaspillage dans l’agriculture. Avec des parts de gaspillage plus modérées, les céréales et les autres grandes cultures comme par exemple la culture des betteraves ou de pommes de terre, sont les 2 autres segments qui gaspillent le plus dans l’agriculture. Si on se concentre sur le gaspillage alimentaire à l’étape de la consommation, ce sont les fruits et légumes qui arrivent en tête avec en moyenne 10% des achats qui finissent dans la poubelle.
La répartition dugaspillage étant ciblée, et leurs causes n’étant pas méconnues, il serait intéressant de chercher à savoir quelles solutions ont été mises en place pour lutter contre ce fléau, quelle place occupe le gouvernement au sein de ce problème et finalement comment solutionner définitivement le gaspillage alimentaire.
Solutions pour réduire ce gaspillage
Chaque citoyen peut contribuer à la baisse des déchets alimentaires. En effet, les foyers peuvent adopter des gestes simples, comme par exemple congeler ou cuisiner les restes au lieu de les jeter. Une autre alternative serait d’acheter en plus petite quantité et de faire attention aux dates de péremption. Le compostage est une solution afin d’utiliser les déchets alimentaires.
Nous remarquons aussi qu’en France, mais également dans le monde entier, de nouvelles entreprises ont un intérêt dans la création de solutions contre le gaspillage alimentaire.
C’est le cas de l’application Too Good To Go, créée par une jeune femme pleine d’ambition : Lucie Basch. Elle a inventé un outil simple qui connecte les commerçants qui ont des invendus à leur fermeture aux citoyens du quartier. Ils ont juste à passer récupérer leur panier surprise d’invendus, payé à tout petit prix directement sur l’application.
Aujourd’hui, l’application compte plus de 10 000 commerçants et 5 000 000 d’utilisateurs, répartis dans 9 pays d’Europe. En France, 13 668 490 paniers ont été sauvés, ce qui représente environ 34 200 tonnes de CO2 économisées (Too Good To Go).
Paul, 28 ans, utilisateur régulier affirme que « cette application est une très bonne initiative, cela permet de se faire plaisir par exemple le weekend avec des petits déjeuners gourmands entre famille à petits prix ainsi que réduire le gaspillage alimentaire. » (Témoignage réalisé par les auteurs).
Une autre entreprise Phenix, souhaite aussi contribuer à la diminution du gaspillage en proposant 4 alternatives à la poubelle. La première solution est le don aux associations caritatives, afin de donner une deuxième vie aux invendus, la deuxième alternative est le don aux fermes, aux parcs animaliers pour l’alimentation animale. Autre solution développée par Phenix, une application semblable à celle de Too Good To Go permettant de mettre en relation consommateurs et commerçants. La dernière alternative est une solution simple : le compost pour les restes des déchets. Grâce à toutes ces possibilités, c’est 100 000 repas sauvés chaque jour, ceux qui représentent 50 tonnes de déchets au quotidien en Europe (Phenix).
Reste maintenant aux français de prendre leur responsabilité face au gaspillage alimentaire. Ils peuvent utiliser les applications évoquées précédemment, ou bien faire preuve de bons sens comme mieux planifier les repas au quotidien, cuisiner les restes, faire attention aux dates de péremption.
C’est également aux entreprises de distribution et de restauration de diminuer leur gaspillage alimentaire. En France, plusieurs mesures ont été prises. Un pacte entre les acteurs de la chaîne alimentaire et l’État a été signé en 2013 afin de diminuer de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025. En 2016, une loi contre le gaspillage alimentaire a été votée afin d’obliger les supermarchés de plus de 400 m2 à créer un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour faire don des invendus consommables et interdit aux distributeurs de rendre impropres à la consommation des invendus encore consommables (Boyer M. et Dumas E., 2018). La fourniture directe d’établissement, tels que les écoles par les agriculteurs, est une autre solution pouvant être mise en place, dans les régions les plus agricoles.
Nous avons eu l’occasion de voir que la production agricole et l’industrie agro-alimentaire sont des domaines où les déchets alimentaires sont rejetés en grande quantité. Pour lutter contre cela, certaines initiatives ont été mises en place, mais malheureusement pas encore recommandées par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). Pour en citer quelques-unes, on retrouve une modification des conditions d’élevage laitier. En effet, des mauvaises conditions d’élevage, un environnement insalubre ou une simple bactérie, ce sont toutes des causes qui provoquent la “maladie” qui est la mammite, et qui touchent 40 % des vaches en production (les mammites j’anticipe), rendant leur lait impropre à la consommation. Une autre solution serait de récolter les légumes au stade juvénile (petits légumes) permettant de réduire les pertes dues aux parasites. Cette même solution permet également un impact positif sur l’environnement car elle utilise moins d’eau (cycle de culture moins long et moins de surface) (Income Consulting – AK2C, 2016, page 142).
En regardant de plus près, on a remarqué qu’il y avait un lien direct entre la pollution et le gaspillage alimentaire. Effectivement, les chiffres le montrent, le gaspillage alimentaire est une des conséquences des importantes émissions de CO2 dans le monde. Ce gaspillage alimentaire est présent aussi bien dans les pays du nord, que les pays du sud, mais pas au même niveau de la chaîne alimentaire.
Tous les acteurs, que ce soit le producteur, le distributeur ou le consommateur, sont responsables de ce fléau et doivent contribuer tous ensembles à sa diminution. En espérant que toutes ces solutions ou réglementations permettront de réduire davantage le gaspillage alimentaire dans les années à venir.
Un engouement certain pour l’hydrogène s’est développé lors des deux dernières décennies, il apparaît comme une source et une forme d’énergie présentant de nombreux avantages. D’une simplicité enfantine à produire par électrolyse, il permettrait de stocker de l’énergie, de faire de la fusion nucléaire ou de faire avancer nos voitures dans le futur de manière propre.
Pourquoi nos voitures ne roulent-elles pas déjà toutes à l’hydrogène dans ce cas, qui ne s’est jamais posé la question ? La faute aux méchants lobbies du pétrole, aux chercheurs fainéants ou par peur irrationnelle de cette énergie révolutionnaire ?
Peut-être, ou plutôt, sûrement pas… C’est ce que nous allons voir dans cet article.
Quels sont les problèmes de la mobilité ?
La mobilité est indispensable au bon fonctionnement de notre monde et s’exprime sous beaucoup de formes : la voiture pour la routine, le camion pour Amazon, l’avion pour la Guadeloupe ou encore la trottinette électrique pour avoir l’air d’un jeune cadre dynamique ; le sujet est vaste.
Dans tout ce que nous apporte la mobilité moderne, il y a évidemment des côtés qui peuvent être vus comme négatifs. Ils sont nombreux et diverses.
Quels sont ces problèmes ?
Le plus connu et principal problème est l’émission de CO2, il est largement le premier responsable du réchauffement climatique.
Les voitures émettent 85% des émissions de CO2 du transport routier total (European Parliement. (2016), CO2 emissions from cars: facts and figures (infographics)).
Mais pas seulement : en plus de cela s’ajoute, les émissions de particules fines (de monoxyde de carbone mortel pour l’Homme ou de divers hydrocarbures) et de NOX qui sont aussi nocifs pour la santé humaine.
Nous ne traiterons ici que des émissions de CO2, et plus particulièrement celles relatives aux voitures, car c’est le segment qui représente la plus grosse part du secteur des transports. (Les voitures représentent 60.1% des émissions de CO2 parmi les tous les transports, toujours selon la Source 1)
La réduction des émissions de CO2 des voitures est aujourd’hui une priorité, plusieurs solutions et alternatives se profilent pour améliorer notre futur. Parmi ces solutions on entend parler de plusieurs alternatives : voyager moins, réduire les déplacements en pratiquant le télétravail, rouler avec des véhicules plus légers et notamment utiliser des voitures à hydrogène. Tout ceci dans le but de respecter les accords de Paris, ayant pour objectifs de diminuer les émissions de CO2 d’origine humaine de moitié d’ici 2050.
L’hydrogène, la fausse bonne idée
A. Production d’hydrogène et rendement d’un véhicule
Rappelons que le moteur à hydrogène n’est pas un moteur à explosion même si l’hydrogène est un gaz explosif. Il oxide l’hydrogène, ce qui génère un courant électrique permettant d’alimenter un moteur électrique, ce moteur ne rejette localement que de l’eau.
De ce point de vue c’est superbe, mais encore faut-il produire cet hydrogène, c’est là que les choses intéressantes commencent.
La manière la plus commune de produire de l’hydrogène est sûrement l’hydrolyse de l’eau. Avec une anode et une cathode plongée dans l’eau, il ne reste qu’à appliquer un courant électrique pour séparer l’hydrogène et l’oxygène qui la composent.
Rappel de la formule pour l’hydrolyse :
2 H2O => 2 H2 + O2
Cette méthode nécessite de l’électricité pour produire du dihydrogène.
Mais cette méthode n’est à l’origine que de 10% de la production de dihydrogène dans le monde.
Les 90% restants proviennent de ce que l’on appelle le reformage catalytique, je vous passe le « rappel » du fonctionnement de cette méthode, mais sa formule de réaction est la suivante :
CH4 + 2 H2O => 3 H2 + CO2
Vous avez peut-être remarqué le premier problème qui se pose : pour produire de l’hydrogène, on émet du CO2 …
On en émet globalement moins qu’avec une voiture à essence ou diesel mais est-ce que cela en fait une solution efficace ? (Cox, J. (2014), Time To Come Clean About Hydrogen Fuel Cell Vehicles.)
B. Comparaison avec un véhicule électrique
Puisqu’une image vaut mille mots, voici un comparatif du rendement énergétique global d’une voiture à hydrogène et d’une voiture électrique, à partir d’une source d’électricité.
Le rendement énergétique d’un moteur à hydrogène, peu importe la manière de le compresser, est plus de 3 fois inférieur à celui du moteur électrique.
À cela s’ajoute un problème d’infrastructure : peu importe le type de véhicule, il faut pouvoir le recharger. La France compte moins de 30 stations à hydrogène aujourd’hui (Poncin JL. (2020), 2019 : 83 nouvelles stations hydrogène dans le monde.), tandis que n’importe quel bâtiment est relié au réseau électrique et peut être un point de recharge à adapter pour une voiture électrique.
Conclusion
En somme, malgré les quelques avantages des véhicules à hydrogène (autonomie légèrement plus grande qu’un véhicule électrique, temps de recharge plus court), ils ne rivalisent pas, pour réduire les émissions de CO2, et donc remplir les Accords de Paris de manière efficace.
Le rendement énergétique issu de la production de cette ressource est largement moins bon que pour l’électrique, cet argument à lui seul permet de comprendre pourquoi ils ne feront pas le poids.
A cela s’ajoutent d’autres choses, comme la maîtrise et le développement de ces technologies ; Il se vend en 2019 autant de voitures à hydrogène qu’on vendait de voitures électriques il y a dix ans (Kane, M. (2020), Hydrogen Fuel Cell Car Sales In 2019 Improved To 7,500 Globally.)
Le coût moins élevé ainsi que le développement très inégal des infrastructures ou les problèmes de sécurité plus élevés avec le stockage de l’hydrogène.
Les limites de la mobilité électrique
Même si les voitures électriques présentent de nombreux avantages, elles possèdent un autre problème : le recyclage de leur batterie. Toutes les batteries perdent en autonomie au fur et à mesure des cycles de charge et de décharge. Une batterie de voiture est dite hors d’usage lorsqu’elle a perdu 20% de sa capacité de départ.
S’il est aisé de produire des batteries au lithium, toujours plus performantes, les recycler l’est beaucoup moins. Nombre de recherches sont faites aujourd’hui pour développer des processus de récupérations mais ils ne sont pour l’instant pas rentables. Une « solution » consiste à utiliser les batteries trop usées comme stockage stationnaire. Elles sont utilisées pour alimenter les réseaux en cas de panne, ou à rendre du courant en journée qu’on aura récupéré la nuit quand il est moins cher. Si cette technique rallonge le cycle de vie de la batterie elle ne permet pas de recycler ses matériaux à proprement parler.
Mots-clés: #Datacenter #Big Data #Centre de données #Hyperscale
Source: Geissinger M (2017)
Tout savoir sur les centres de données
Voyez ici un schéma de fonctionnement d’un datacenter (Gonguet J, 2015). L’énergie reçue est nécessaire au fonctionnement des serveurs, qui vont dégager beaucoup de chaleur en fonctionnant, et seront refroidis par des climatisations. Il est estimé que les climatisations à elles seules représentent 30 à 40% de la consommation énergétique totale d’un datacenter (Dsouza L, 2017).
Source: Gonguet J, 2015
La création des premiers centres de données dans le monde n’est pas si récente qu’on pourrait le penser, puisqu’ils sont apparus en même temps qu’internet, début des années 1990. Ils permettaient alors d’accéder à de nombreuses ressources depuis un ordinateur connecté à internet.
Ce n’est qu’en 2008 que des datacenters pouvant parfois atteindre la taille de plusieurs terrains de football et disposant de milliers de serveurs apparaissent, ce sont les « Hyperscale ». Il en existe aujourd’hui plus de 500 dans le monde ! Ils se prétendent Hyperscale lorsqu’ils sont dotés d’au moins plusieurs milliers de serveurs. Ces datacenters Hyperscale ont été créés afin de répondre premièrement aux besoins des géants Google, Amazon et Facebook avec leur quantités de données énormes dues au Big Data.
Quelle est la capacité de stockage d’un centre de données ?
Il est très difficile d’obtenir des informations sur les capacités de stockage de plus gros datacenters dans le monde. Ces chiffres sont le plus souvent tenus secrets et ils dépendent du nombre de serveurs dont ils disposent, ainsi que des capacités de chaque serveur.
A titre d’exemple, la ville de Paris s’est équipée de son propre data center en 2019, au sein du 18ème arrondissement, lui permettant ainsi une internalisation des données des citoyens parisiens, auparavant stockées par des sociétés de stockage de données.
Ce centre de données dispose d’une capacité de stockage de 2,5 pétaoctets, soit 2,5 millions de Go ! Et ce chiffre augmentera avec le temps et le nombre croissant de données à stocker (Gonguet J, 2015).
A quoi servent-ils ?
Bien qu’on en entende parler très régulièrement, il peut paraitre légitime de se demander quelles sont leurs utilités. Les centres de données sont utilisés pour stocker des grandes quantités d’informations numériques, détenues par des entreprises ou bien des particuliers. Stocker ces données dans un datacenter permet d’en garantir leur sécurité, intégrité, conservation et de ne pas se soucier de leur encombrement, puisqu’elles sont stockées loin de nous. Cela permet également d’y avoir accès depuis n’importe où dans le monde, à condition d’avoir une connexion internet.
Les centres de données sont essentiels au fonctionnement de bon nombre d’applications que nous utilisons tous les jours, telles que nos mails, réseaux sociaux, messageries instantanées mais aussi les nombreuses transactions E- commerce ou bien les jeux en ligne, sur. En bref, dès lors que vous vous rendez sur une internet pour effectuer quelconque action, il y a de fortes chances que vous accédiez à des données stockées dans un datacenters. Ce sont des «hub » de données, auxquels nous accédons quotidiennement depuis différents supports pour nos usages.
Quelle est la tendance ? Les entreprises délaissent leur serveurs privés qu’elles utilisaient auparavant pour adopter ces solutions permettant une gestion optimisée des données par des spécialistes du cloud ainsi que la possibilité d’adopter des structures Agiles.
Le graphique suivant issu d’une étude du Laboratoire National de l’Université de Berkeley sur «La consommation d’énergie des centres de calcul aux USA» (Neurones-IT, 2019) nous montre à quel point les entreprises délaisseront leur serveurs classiques pour des serveurs dits « Hyperscale », et donc externaliser leurs données.
Source: Neurones-IT, 2019
I. La controverse autour des pollutions engendrées
Le cas de l’Irlande (VoxPop Arte, 2020)
Il est évident que le développement exponentiel des datacenters ne fait pas l’unanimité : un bon nombre de personnes les considèrent comme une menace pour l’environnement et l’économie. Prenons l’exemple d’Amazon, ils ont obtenu une autorisation il y a 2 ans (2018) pour construire un datacenter d’un milliard d’euros près de Dublin. Cette nouvelle à fait réagir le peuple Irlandais, et notamment Patrick Bresnihan (chercheur en géographie). Il explique que si ce centre de données est construit à sa capacité maximale (26 hectares), il consommera 4,4% de l’électricité Irlandaise, et ne fournira que 30 emplois permanents. Il pose donc logiquement la question, dans quelle mesure les datacenters nous sont-ils bénéfiques ? Ils ne créent que peu d’emplois, utilisent beaucoup d’électricité, et dégagent beaucoup d’émissions carbones.
Cette construction d’un nouveau datacenter va nécessiter un agrandissement du réseau électrique Irlandais, qui coutera aux alentours d’un milliard d’euros. Or cet investissement lourd proviendra des consommateurs en bout de chaine, autrement dit des citoyens irlandais via les factures d’électricité. Cette infrastructure au profit d’Amazon sera donc financée à moitié par les Irlandais.
Le risque pour l’Irlande est qu’elle n’arrivera probablement pas à atteindre ses objectifs en pourcentage d’énergies renouvelables tant les demandes énergétiques des datacenters sont importantes.
Le numérique au centre des émissions carbone
La conscience écologique est plus que jamais au centre des discussions actuellement, les Hommes prenant peu à peu conscience des dégâts écologiques de la vie humaine sur Terre. La logique voudrait que nous devenions plus responsables et raisonnables au niveau de nos consommations et émissions carbone.
Cependant, nous ne cessons d’augmenter notre consommation énergétique avec l’arrivée des nouvelles technologies telles que la 5g ou les nouveaux objets connectés. Les usages du numérique représentaient déjà près de 12% de notre consommation totale d’énergie en France en 2015, et cela ne va cesser d’augmenter, +25% d’ici 2030 selon Decrypterlenergie (2020). Les datacenters sont évidemment au cœur du fonctionnement de ces technologies numériques.
Des exemples de pollutions numériques
Le Big Data : Après avoir effectué une demande d’accès aux données que Facebook détient sur moi (dans le cadre du RGPD, toute entreprise se doit de donner un droit d’accès, modification ou suppression aux données qu’elles détient sur ses utilisateurs). Plusieurs jours suivant ma demande, je reçois un dossier de… 4,5 Go, comportant les archives de toutes mes discussions privées, photos envoyées ou reçues, amis etc.
Le calcul n’est pas rassurant si on imagine la taille totale des données que détient Facebook sur ses 2,5 milliards d’utilisateurs.. Et tout cela a bien sur un impact écologique puisque ces données sont toutes stockées dans des datacenters géants, dont le fonctionnement est particulièrement énergivore.
Les mails : Cette technologie ayant presque totalement remplacé les lettres nous rend bien service dans la vie de tous les jours, mais quel est son impact écologique ? Un mail envoyé à un destinataire représente environ 10g d’émissions CO2 (Cleanfox, 2019) Un mail stocké un an dans une boite mail représente 20g d’émissions de CO2 (Welcometothejungle, 2019)
Une lettre de format classique envoyée de Nancy à Paris émet quant à elle environ 30g de CO2 via son transport (Laposte), sauf que nous envoyons aujourd’hui beaucoup plus de mails que nous n’envoyions de lettres auparavant.
Ces deux exemples montrent que la pollution numérique est omniprésente, de la part des entreprises en majorité, notamment à cause du stockage de données de ses clients, le « Big Data », mais aussi des particuliers via les usages numériques classiques. Et une fois de plus, ces services ne seraient possibles sans l’existence des datacenters, qui servent d’intermédiaire et permettent l’archivage de ces données.
Freiner le développement des datacenters signifierai également freiner le développement de ces pratiques très polluantes.
II. L’avenir des datacenters
Malgré de nombreuses polémiques dues à l’essor des datacenter, la crainte que ces systèmes nuisent à notre environnement et ne soient finalement que des sources de consommation énergétique ne profitant qu’aux grosses entreprises à nos dépends, des initiatives sont prises afin d’intégrer au mieux les datacenters dans nos sociétés.
En effet, depuis quelques années, les entreprises ayant conscience de l’impact écologique qu’ont les datacenters, mettent en places des actions, plus ou moins acclamées, visant à réduire les effets néfastes de ces serveurs géants, ou du moins optimiser leur exploitation :
Démarches sincères ou green-washing ?
En Irlande, le géant Amazon a investi dans la construction de deux parcs éoliens, le but étant de compenser l’impact de la construction de leur datacenters dans le pays. Le chercheur en Géographie Patrick Bresnihan (Voxpop Arte, 2020) doute de la sincérité du geste, qui n’est pour lui que du « Green Washing » et n’est absolument pas proportionnel à l’impact de leurs centres de données.
Implantation dans des pays froids…
Sachant que 30 à 40% de la consommation énergétique d’un centre de données est engloutie par les systèmes de refroidissement essentiels au bon fonctionnement des serveurs (Adeline M, 2018), les plus grandes entreprises mondiales installent depuis quelques années leurs nouveaux datacenters dans des pays froids (Jean-Pierre Montanay, 2020) . Cela permet d’éviter une bonne partie de cette consommation énergétique. De plus, ce refroidissement est gratuit ! C’est pourquoi certains datacenters de Google par exemple ont été installé en Finlande, Facebook en a fait de même en Suède.
Exemple à l’appui, la température moyenne annuelle en Californie (siège social de Google) est de 16°C contre 5 petits degrés en Finlande (Climate-Data), de quoi limiter grandement les dépenses en refroidissement.
…Ou exploitation de la chaleur
Dans un autre registre, plutôt que d’essayer de réduire le besoin énergétique des datacenters, certains ont trouvé un moyen d’exploiter la quantité chaleur dégagée par ces derniers. Lors de la rénovation de la piscine de Buttes-aux- Cailles à Paris, la ville a choisi une solution inédite comme moyen de chauffage de l’eau : des datacenters ! Répartis sous le bassin, ils permettent de le maintenir à 27°C en permanence. Ce système permet une économie de 45 tonnes de CO2 par an. (Anger C, 2017)
Autre exemple, à Stockholm, 30 datacenters fournissent 2% du chauffage de la ville. Leur objectif est même d’augmenter ce chiffre à 10% d’ici 2035 ! (VoxPop Arte, 2020)
L’émergence de « Green datacenters »
En addition à ces exemples, de plus en plus de « Green Datacenters » voient le jour, c’est-à-dire qu’ils sont conçus et exploités de façon à réduire leur empreinte carbone. Les plus grands n’hésitent pas à montrer l’exemple, tel que Apple, Google, Facebook, Ebay, Microsoft et bien d’autres encore. Certains de leurs datacenters fonctionnent partiellement ou totalement grâce à des énergies 100% renouvelables. Leur empreinte carbone est donc considérablement moindre. De bonnes initiatives qui nous l’espérons sont vouées à se généraliser. (Vigliarolo B, 2019)
III. Que devons-nous faire ?
On ne se rend pas forcément compte qu’aujourd’hui nos modes de vie polluent énormément, même en restant chez nous, à cause du fonctionnement intensif de tous nos outils numériques, et ce dont ils ont besoin pour fonctionner : les infrastructures de réseau, les appareils terminaux ou bien les datacenters.
La conscience environnementale se développe de plus en plus depuis quelques années, mais malheureusement pas à tous les niveaux : en effet, la plupart des citoyens savent qu’il est préférable de consommer des produits locaux plutôt que ceux provenant de pays lointains, mais peu ont conscience de l’impact écologique d’un mail, une visioconférence, le visionnage de vidéos en ligne, les jeux en ligne ou bien le téléchargement de documents par exemple, qui sont des pratiques quotidienne de la majorité de la population, que cela soit dans un cadre professionnel ou privé, nécessitant toutes le fonctionnement de datacenters à plein régime.
De plus, nous savons que le numérique représentait en 2015 près de 12% de la consommation d’énergie totale en France, dont 2% pour les datacenters (Ministère de la transition écologique et solidaire, 2018), or il n’existe que peu de sensibilisation de ces postes de consommation. Les datacenters étant la clé de voute du fonctionnement de tous nos systèmes numériques connectés, faut-il limiter leur utilisation ?
Il serait judicieux de réaliser une sensibilisation à la pollution numérique, à l’aide d’exemples concrets, montrant l’ampleur de cette consommation énergétique au quotidien. Cette sensibilisation pourrait également passer par plusieurs recommandations aux entreprises et particuliers : -Freiner les entreprises aux courses à la collecte de données sur leurs clients ou campagnes de mailing très fréquentes par exemple, qui nécessitent ensuite beaucoup de place dans les datacenters pour être stockées. -Pourquoi pas limiter le temps d’utilisation quotidien de nos nombreux outils numériques au profit d’autres activités, ou bien limiter le nombre d’interactions numériques (envoi/réception de mails, visio-conférences etc) à l’essentiel, faire du tri dans nos données sur les réseaux ou dans nos boites mails afin de limiter le stockage de données inutiles dans les datacenters.
Une chose est certaine, les datacenters sont à l’heure actuelle en pleine expansion, leur consommation énergétique ne cesse de croitre et représente actuellement plus de 1% de l’énergie totale consommée dans le monde (Sverdlik Y, 2020). Une prise de conscience est nécessaire afin de comprendre pourquoi les datacenters sont essentiels à nos modes de vie actuels, mais surtout de s’interroger sur nos habitudes de consommation, notamment dans le numérique, qui polluent énormément et dont nous nous soucions peu. Un retour à un usage limité et plus responsable du numérique semble essentiel afin de limiter notre empreinte écologique et aspirer à un avenir plus sain.
VoxPop Arte. (15/01/20), « Faut-il limiter le nombre des datacenters ? » [en ligne]. Youtube. [Vue le 15/04/20], disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=y923bPwAot0
Mots-clés: #Mondialisation #Gaz à effet de serre #Transport aérien
Source: Unsplash image by Skyler Smith (2019) Airport
A l’heure de l’éveil collectif des consciences écologiques, sommes-nous conscients de l’impact de la mondialisation sur le réchauffement climatique, Aujourd’hui combien pèse ce processus en matière de rejet atmosphérique ?
Cet article n’a pas lieu de remettre en cause l’intégralité de notre système économique actuel, ni de réaliser un procès d’intention à ce processus qui nous entoure. Il a pour but de réaliser un constat factuel sur la part d’émissions de gaz à effet de serre de la mondialisation plus précisément liée à la problématique du transport contribuant au réchauffement climatique. (Les GES sont des composants gazeux qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et contribuent ainsi à l’effet de serre : Météo-France/François Poulain 2014). L’augmentation de leur concentration dans l’atmosphère terrestre est l’un des facteurs à l’origine du réchauffement climatique. Cependant, il est légitime de la part d’un étudiant, acteur de demain, de faire une réflexion sur notre mode de consommation actuel.
Pour rappel : « La mondialisation se définit comme l’ensemble des processus (économiques, sociaux, culturels, technologiques, institutionnels) qui contribuent à la mise en relation des sociétés et des individus du monde entier. C’est un processus progressif d’intensification des échanges et des flux entre les différentes parties du monde, porté par l’essor des transports et des mobilités (populations, entreprises, etc.) : Définition by linternaute.fr(2020 )».
Dans un premier temps nous allons nous intéresser à la part de responsabilité du transport aérien, depuis les années 1960. Par la suite nous allons voir à quoi correspondent respectivement ces échanges en terme d’émissions de gaz à effet de serre. Puis nous allons réaliser un parallèle avec la crise du COVID-19 qui corrèle parfaitement mondialisation et pollution. En guise de conclusion, mon point de vue sera donné.
Le premier témoin de l’explosion des échanges dans le monde est le trafic aérien mondial puisque ce type de transport n’est sans doute pas le transport le moins polluant. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, celui lui-ci n’a cessé de s’envoler et selon les estimations cette hausse n’est pas prête de s’arrêter. Le nombre de voyageurs en 1960 était de 108 millions, alors qu’en 2018 , 4,3 milliards de passagers ont été transportés par avion selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
« Transport aérien, voyageurs transportés » Source: Banque mondiale (2018)
D’après ce graphique, nous voyons avec certitude que le nombre de voyageurs transportés par voie aérienne s’est accéléré depuis le début du 20ème siècle.
Nous pouvons poser l’hypothèse suivante : Est-ce qu’en terme de proportion, la population se déplace davantage ?
Au préalable regardons l’évolution de la population mondiale :
« évolution population mondiale » Source: Banque mondiale (2018)
L’évolution de la population semble constante et est passée de 3 milliards d’individus en 1960 à plus de 7,5 milliards en 2018.
Proportion de voyageurs en fonction du nombre d’individus (calculs de l’auteur) Source: Données banque mondiale (2018)
En terme de proportion, en 1960 seulement 4% de la population se déplaçait alors qu’en 2018 : 56% de la population se déplace par voie aérienne. Cependant il ne faut pas oublier que ce type de transport est réservé à seulement une classe sociale de la population, toutefois cela ne change en rien que proportionnellement parlant, la population se déplace davantage. Ce constat est sans équivoque, si le trafic aérien augmente, les rejets de Gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone ou la vapeur d’eau (72% de l’effet de serre total ) vont accentuer le réchauffement climatique.
Les 4,3 milliards de voyageurs se sont partagés 37 800 000 vols en 2018, un chiffre astronautique sachant que cela équivaut à 1,2 vol chaque seconde, 72 vols par minute ou encore 103 680 vols par jour. Toutefois à quoi correspond ces chiffres en terme de rejet atmosphérique.
L’impact climatique du transport aérien, c’est-à-dire la contribution de l’aviation commerciale au réchauffement climatique, résulte principalement de la combustion de kérosène dans les réacteurs d’avion. Celle-ci est responsable de l’émission de dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre qui s’accumule dans l’atmosphère et dont les émissions représentent de 3 à 4% des émissions mondiales. Il s’agit en particulier des émissions d’oxydes d’azote (NOx), qui provoquent indirectement le réchauffement du climat. L’empreinte carbone d’un trajet en avion ne se limite pas aux émissions de ses réacteurs. S’y ajoute les émissions de la production, de l’assemblage de l’appareil, de la production à distribution du kérosène. Vous l’aurez compris, l’industrie du transport aérien associé à celui du tourisme est un facteur aggravant du réchauffement climatique.
De toutes les tailles et de toutes les autonomies. Selon l’appareil et sa version, la distance peut beaucoup varier mais on peut admettre qu’un avion régional peut parcourir en moyenne 2500 km, un avion moyen-courrier 6000 km, et un avion long-courrier 13000 km. Nous allons réaliser l’hypothèse que l’ensemble des vols sont des vols régionaux. Le bilan carbone d’un avion est de 223 g CO2éq/passager-km selon L’ADEME (cette valeur varie de 223 à 680 CO2éq/passager-km selon les différents scénarios) : bilan carbone d’après fournisseurs-électricité tiré de ADEME (2018)
Les émissions de CO2 par passager-kilomètre dépendent de plusieurs paramètres :
le type d’avion et sa consommation.
son taux de remplissage et son emport de fret.
la distance parcourue. Sur un vol court, les phases de décollage et d’atterrissage sont proportionnellement plus gourmandes en carburant.
Sur l’année 2018 4,3 Milliards de voyageurs ont utilisé la voix aérienne pour un vol moyen de 2500km, cela équivaut à un bilan carbone de 2039 MtCO2éq (Calcul de l’auteur). À titre de comparaison, l’ensemble de l’industrie rejette 6228MTCO2éq (International Energy Agency, 2017).
De plus, l’impact de l’aviation est multiplié par le fait que ses émissions vont directement dans la région de la troposphère et de la stratosphère et non sur la surface terrestre. La pollution atmosphérique s’opère sur trois échelles différentes :
à l’échelle locale : La qualité de l’air dans un rayon de quelques kilomètres des aéroports est détériorée
à l’échelle régional : Ces pollutions peuvent avoir un impact à plusieurs centaines de kilomètres comme des pluies acides, dégradation de la qualité des eaux et réactions photochimiques (La pollution photochimique est donc responsable des pics d’ozone et de leurs effets néfastes sur les populations humaines, mais aussi sur les végétaux sous l’effet d’une réaction en présence d’ultra-violets, d’après futura science)
à l’échelle planétaire : réchauffement climatique et appauvrissement de la couche d’ozone causés par l’effet de serre.
L’IATA (International Air Transport Association, 2018) prévoit un trafic de 8,2 milliards de voyageurs aériens en 2037. Par conséquence, le trafic aérien et dans le même temps les rejets atmosphériques devraient continuer à accentuer le réchauffement climatique. Le trafic aérien représente 11% des émissions de CO2 liés au transport, néanmoins il n’y pas que le transports aérien qui est polluant. 80% des échanges commerciaux mondiaux sont assurées par voie maritime. « En 2018, 24 % des émissions mondiales de CO2 dues à la combustion d’énergie relève du secteur des transports. Le transport des passagers est la cause de 60 % des émissions de CO2 et le fret est responsable quant à lui de 40%. Pour s’aligner sur l’accord universel de Paris signé par 195 Etats des NU, il faudrait que les émissions du fret baissent de 45 % et celles du transport de passagers de 70 %.» (d’après planete-energies publié le 16 aout 2016| mis à jour le 30 mars 2020.) Cet accord vise à maintenir l’augmentation de la température à 2°C : ec.europa.eu Accord de paris (2015).
Source: émissions de CO2 total par secteur / Data IAE ( 2017)
Le secteur du transport représente 8040 MT d’émissions de C02 pour un total de 33 000 MT tous secteurs confondus. Ce qui nous montre les enjeux de ce secteur dans la transition énergétique.
Avec le ralentissement économique généralisé, les frontières fermées et bien évidement des confinement instaurés par un grand nombre de pays mondiaux, la crise du coronavirus COVID-19 met à terre notre système économique. Point positif de cette crise, nous pouvons voir les bénéfices écologiques du ralentissement de la production mondiale ainsi que la réduction spectaculaire du trafic aérien, routier et maritime. Le Premier bénéfice notable est la diminution de la pollution atmosphérique dans les grandes métropoles mondiales. le NO2 est un gaz généré par les activités humaines et donc celui-ci est un très bon indicateur. Ci-dessous l’exemple de la Chine cependant ce phénomène est également remarquable en Europe.
Source: La concentration de NO2 dans l’atmosphère en Chine au 1er janvier (à gauche) VS. au 25 février (à droite), image NASA (2020).
Cet article n’a pas lieu d’inciter les citoyens de ne plus se déplacer ni de ne plus acheter des marchandises via les plateformes géantes du e-commerce comme Alibaba ou Amazon puisque moi- même, je ne suis pas exempt de tout reproches. J’ai réalisé un stage à l’étranger à plus de 18,534 km de chez moi dans le but de développer mon anglais alors que je pouvais choisir une destination à empreinte carbone beaucoup plus faible. Je ne pense pas non plus regarder la provenance de l’intégralité de mes achats, cependant je pense qu’il est nécessaire pour les générations futures d’intégrer une démarche écologique et de basculer vers un changement plus ou moins brutale de nos comportements. Concernant nos transports, il sera nécessaire soit de les diminuer (à priori cela paraît très compliqué, soit de basculer vers une transition technologique et miser sur les avancées. Seulement à nous de choisir la source énergétique la plus propre et la plus éthique.
Par conséquence, faut-il privilégier la production durable au détriment de la surproduction ? Est-il nécessaire de privilégier une politique de protectionniste Européenne ou nationale pour inciter l’achat de produits locaux ? Doit-on forcément passer par des relocalisations pour acheter durable ? Pourra-t- on continuer notre mode de vie actuel. Autant de questions qui restent sans réponse, cependant une chose est certaine, sans réaction de notre part nous allons vers un scénario écologique catastrophe avec des conséquences que vous connaissez tous ( Destruction de la biodiversité, littoraux menacés avec la montée des eaux, extinctions de masses, pollutions atmosphériques etc..)
Note positive à cela, des initiatives à petite échelle sont d’ores et déjà existantes comme par exemple la PME française CARBIOS qui a fait la couverture de la prestigieuse revue scientifique « Nature » avec ces travaux sur une technologie permettant de recycler à l’infini l’un des plastiques les plus utilisés dans le monde, le plastique « BET » utilisé notamment dans la fabrication de bouteille en plastique.
Unsplash image by Skyler Smith (2019) Airport [online]. Image libre de droit Unsplash.[vu le 22 avril 2020]. Disponible sur : https://unsplash.com/s/photos/airport
Depuis maintenant quelques années, il semblerait qu’un consensus mondial se soit établi concernant la nécessité de réduire l’impact environnemental de l’activité humaine sur la planète Terre. De ce constat général, nous allons aborder une des problématiques majeures de notre société : le traitement des déchets plastiques. Cet article sera porté sur l’Europe et plus particulièrement la France. Dans un premier temps, nous allons comparer la gestion des matières plastiques en France, par rapport à certains de ses voisins européens. Enfin, nous verrons les solutions potentiellement applicables afin d’améliorer la gestion du plastique dans notre société et ainsi préserver notre planète.
Quelques notions de bases concernant le plastique et son recyclage
Cette même année, toujours d’après le même rapport annuel, l’Europe a produit 61,8 millions de tonnes de déchets plastiques, 17% du volume mondiale. En 2018, l’étude affiche une baisse de 5% par rapport à 2017. Seulement 75% de ces 62 millions de tonnes sont collectées dans les filières de recyclage européennes.
Il existe 3 types bien distincts de déchets plastiques :
Les déchets générés représentent l’ensemble des matières plastiques produites. Divisés en 2 catégories : les Thermoplastiques (recyclable mais non biodégradable) et les plastiques thermodurcissable (non recyclable et non re-modelable).
Les déchets collectés sont l’ensemble des déchets qui sont récupérés par les chaînes de ramassage.
Les déchets recyclés représentent une partie des déchets collectés. Ces derniers sont transformés afin d’être réutilisé sous d’autres formes. La chaîne de recyclage comporte 2 catégories : la chaîne de recyclage des emballages plastiques post-consommation (utilisés dans les foyers, commerces et industries), et le traitement des déchets plastiques pré-consommation (emballages notamment).
Or il s’avère que ce sujet est d’une grande complexité étant donné que la matière plastique évolue sous différentes formes : matière première, produit semi fini, produit fini, emballage, déchet, stock de déchets collectés, stock de déchets recyclés, stock de déchets non recyclables. De plus, ces matières plastiques peuvent faire l’objet au niveau de chaque pays, de flux d’importations et d’exportations, ainsi les comparaisons de données (input-output) s’avèrent très confuses. Il se trouve que je me suis très rapidement rendu compte qu’il est facile d’en arriver à comparer des éléments non comparables. Du fait, que l’ensemble des tenants et aboutissants des flux de matières plastiques est difficile à cerner. C’est pourquoi j’ai décidé de concentrer cet article sur une partie très infime d’un sujet extrêmement vaste.
Une fois collecté comment sont traités les déchets plastiques générés par l’activité humaine ?
Toujours d’après le rapport annuel de PlasticEurope (2018), dans la filière du traitement de déchets plastiques post-consommation, seulement 32% du volume total est recyclé, ainsi 42,6% est utilisé en tant que comburant pour générer de l’énergie et 24,9% du tonnage sont enfouis. Un classement européen du taux de plastique recyclé dans cette filière a été établi par PlasticEurop. La France est à la 15ème place de ce classement. De plus, la France n’est pas un pays pionner parmi les pays légiférant les enfouissements de matières plastiques comme d’autres puissances européennes telle que l’Allemagne.
Le rapport annuel de PlasticEurope (2018), montre l’évolution des différents moyens de traitements des déchets plastiques post- consommation en France, ci-contre, sur la période 2006 – 2016. En doublant ses capacités de recyclage sur la période, la France n’est pas parvenue à recycler autant de déchets plastiques que de tonnes enfouies, malgré une réduction de presque 25% du tonnage enfouis sur la même période.
Concernant le recyclage des déchets dû aux emballages plastiques (pré-consommation), la France a augmenté ses capacités de recyclage de seulement 30% en 10 ans et diminué ses capacités d’enfouissement de 20%. Malgré ces évolutions, la France enfouit toujours plus de déchets plastiques qu’elle n’en recycle.
Nous allons maintenant nous pencher sur le traitement des déchets plastiques de deux de ses voisins européens que sont le Royaume-Uni et l’Italie.
Évolutions des différentes solutions utilisées pour le traitement des déchets plastiques au Royaume-Uni sur la période 2006-2016. PlasticEurope Annual Fact (2018)
Évolutions des différentes solutions utilisées pour le traitement des déchets plastiques en Italie sur la période 2006-2016. PlasticEurope Annual Fact (2018)
Grâce à ces différentes courbes nous pouvons comparer les différents modes de traitements des déchets plastique de 3 pays européens dont la France.
Ces 3 pays ont eu un nombre de kilotonnes de plastique à traiter à peu près équivalent sur l’ensemble de la période 2006-2016. D’après ces courbes, nous pouvons dire qu’en l’espace de 10 ans, le recyclage de matières plastiques est resté en troisième et dernière position en France, derrière l’enfouissement et la reconversion énergétique. Au contraire l’Italie qui a fait évoluer le recyclage, de la troisième à la seconde position en terme de méthodes de traitement des déchets plastiques. De même, le Royaume Uni recycle maintenant davantage, qu’il n’enfouit ou reconvertit ses déchets plastique en énergie.
L’évolution de ces courbes montre donc que les investissements réalisés par la France pour réduire les enfouissements, augmenter le recyclage et favoriser la reconversion énergétique des déchets ont été inférieurs à ses voisins européens et insuffisants par rapport aux augmentations de la consommation de matières plastiques. Nous pouvons donc en conclure que la France n’a pas exercé une politique environnementale à la hauteur de ses deux voisins européens, malgré ses capacités financières, non négligeables. La France est donc réellement un mauvais élève concernant le recyclage de ses matières plastiques.
Néanmoins, j’ai lors de mes différentes recherches j’ai eu l’impression que les acteurs économiques de ce marché ne mettent pas l’ensemble des données du secteur à disposition. J’aurais notamment souhaité pouvoir avoir accès aux différentes utilisations du plastique recyclé, ainsi qu’aux données concernant la répartition de production entre les thermoplastiques et les thermodurcissables. De plus, je n’ai pas rencontré de données concernant la durée de vie moyenne d’utilisation d’une tonne de plastique. Ces éléments sont intéressants puisque chaque objet en plastique autour de nous représente un futur déchet.
Quelques solutions existantes dans le monde, dont la France pourrait s’inspirer.
Face aux enjeux environnementaux actuels de notre société, une prise de conscience est en marche. Nombreuses sont les solutions en développement pour pallier le problème des déchets plastiques. Parmi ces solutions, nous pouvons y trouver la réalisation de routes en plastique recyclé. D’après l’article de L’Usine Nouvelle « Et si, demain, les automobiles empruntaient des routes en plastique usagé ? » (02/05/2017) une société écossaise est arrivée à se demander pourquoi nous ne pourrions pas substituer un polymère par un autre en remplaçant le bitume de nos routes, parcs ou terrasses par du plastique recyclé. Cette entreprise a donc entrepris la transformation des déchets plastiques en petites billes, que l’on appelle MR6 Pellet. D’après l’article « Du plastique recyclé pour des routes plus résistantes » publié sur le site The Economist (15/092018), un partenariat entre Total, et 2 sociétés néerlandaises KWS et Wavin vise à développer les premières routes en plastiques recyclés. Ces nouvelles routes ont démontré de nombreuses propriétés intéressantes : 60% plus résistantes, 10 fois plus durable et plus économique que les routes traditionnelles. Le coût de construction d’une route en plastique recyclé est comparable au coût de construction habituelle cependant la longévité et l’efficacité de ces nouvelles routes sont décuplés. De plus, la nécessité de millions de barils de pétrole pour créer de nouvelles routes ou rénover les routes existantes représentent un autre problème environnemental majeur auquel cette solution peut répondre.
Par ailleurs, l’article « Déchets plastique : Recherche solutions désespérément » de Plastic Mag, publié en janvier 2018, recense de nombreuses autres solutions : En Colombie, les déchets plastiques sont utilisés pour construire des maisons aux personnes sans-abris. En effet, une entreprise de recyclage des déchets plastiques a mis au point une brique, composée de déchets broyés et fondus dans des moules, permettant de construire des maisons à faibles coûts. Au Panama, les déchets plastiques récoltés sur l’île sont utilisés comme matériaux isolants pour les nouvelles habitations. La première maison construite s’est avérée thermiquement très efficace, parasismiques et a uniquement nécessité 10 000 bouteilles de plastique. Enfin au Kenya, une association récolte les déchets plastiques, notamment les tongs usagées, pour construire des bateaux.
A une toute autre échelle, nous pouvons y retrouver des projets tels que l’Ocean CleanUp ou encore la collaboration entre Adidas et l’ONG Parley for Oceans :
L’Ocean CleanUp est un dispositif néerlandais de récolte des déchets plastiques dans les océans ayant pour but de réduire la superficie du huitième continent présent au Nord-Est de l’Océan Pacifique.
La firme allemande Adidas s’est mise au défi de s’impliquer face aux enjeux environnementaux en vendant des chaussures créées à partir de déchets plastiques récoltés dans les océans : bouteilles, filets de pêches, etc…
Toutes ces solutions sont à explorer et à développer afin d’améliorer capacités de recyclage des plastiques français. A l’heure actuelle, au niveau mondial, moins de 10% des plastiques produits depuis les années 50 ont été recyclés selon l’article « 5 chiffres chocs démontrent pourquoi le plastique est un fléau planétaire » publié sur le site du Figaro le 11 septembre 2018. Les déchets plastiques représentent donc une véritable urgence. Il est essentiel que nous revoyions à notre niveau, la manière dont nous consommons le plastique. Et il est urgent que les décisionnaires français et mondiaux mettent en place des mesures sans précédent afin de couper court à ce désastre environnemental qui dure maintenant depuis des dizaines d’années.
Désormais habitué à être au centre des controverses, Blackrock, l’ogre de l’asset management, vient d’être choisi comme conseiller de l’UE sur les problématiques d’intégration des critères sociaux et environnementaux dans la supervision bancaire (Financial Times, 2020). Choix surprenant, quand on sait que l’Américain investit plus de $87Mds dans les énergies fossiles. Toutefois, la compagnie dirigée par Larry Fink, comme tout l’écosystème financier des années 2010’, se revendique désormais « responsable » et « durable ». Une industrie qui serait donc en pleine mutation, mutation qui se caractériserait par l’apparition des fonds d’investissement ESG[1] et autres label ISR[2] ou Greenfin[3], tous deux créés par l’Etat Français et qui font office de « golden standard » sur le marché de la finance responsable. Toutefois, quel crédit donner à cette soudaine effervescence autour de la finance « responsable »[4] ? La dernière décennie est indéniablement celle qui aura vu exploser la somme d’actifs sous gestion (AUM) selon les principes ESG. Une prolifération justifiée par la fréquente surperformance financière des entreprises intégrant ces critères à leur modèle[5] et amplifiée par les résultats d’une étude de l’ONG Américaine Majority Action. Une étude prouvant que durant les votes aux assemblées générales des entreprises, nombre de sociétés de gestion votaient contre une grande partie des résolutions favorables au climat (The Guardian, 2019). Un résultat qui a amené nombre d’investisseurs institutionnels (qui sont les principaux clients des fonds « responsables ») à pousser ces gérants à intégrer les concepts de durabilité à leur processus d’investissement. Si bien qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des gérants d’actifs sont signataires des PRI[6] avec environ $86Tn d’actifs gérés (UNPRI, 2019).
Croissance des signataires des PRI (Principles for Responsible Investment) Source: UNPRILabel ISR & Label Greenfin – 2020 Sources : Label ISR / Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire
Toutefois, le fossé entre les gérants signataires de ces principes et ceux dont les fonds sont labellisés ISR/Greenfin demeure immense. Avec un total de €163Mds, les fonds labellisés représentent moins de 0,15% de la totalité des actifs gérés par les signataires des UNPRI.
Cette auto-proclamée « finance responsable » pourrait donc vite sonner comme un doux oxymore, comme pur greenwashing. Si le nombre de fonds ESG a augmenté de manière exponentielle, les études et autres preuves quant à la véracité de leur aspect durable et de leur impact environnemental se font rares. Nombre de fonds se présentent sous la bannière « ESG » sans en apporter aucune preuve, si ce n’est en devenant signataire de principes étant devenus les nouvelles normes de l’industrie financière.
Toutefois, il serait trop simple de blâmer ces sociétés de gestion car ce phénomène de greenwashing autour de la finance responsable vient de l’essence même de celle-ci.
Aujourd’hui, le principal ennemi de l’investissement ESG, c’est l’ESG en lui-même. Un terme dont la définition diffère entre chaque acteur :
“l’ESG signifie l’utilisation des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance pour évaluer les entreprises et les pays sur leur politique de durabilité“ (Robeco, traduit de l‘anglais)
“l’ESG est la prise en compte des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance aux côtés des facteurs financiers dans le processus de décision d’investissement. “ (MSCI, traduit de l’anglais)
“Les critères ESG […] sont des critères d’analyse qui permettent d’évaluer la prise en compte du développement durable et des enjeux de long terme dans la stratégie des entreprises. Ces critères peuvent par exemple être:
Les émissions de CO2, la consommation d’électricité, le recyclage des déchets pour le pilier E
La qualité du dialogue social, l’emploi des personnes handicapées, la formation des salariés pour le pilier S
La transparence de la rémunération des dirigeants, la lutte contre la corruption, la féminisation des conseils d’administration pour le pilier G (Le label ISR)
Si la notion de durabilité reste commune, la façon de l’évaluer ne l’est pas. En effet, seuls certains critères sont, selon les analystes de l’équipe Active Quantitative Equity (AQE) de State Street Global Advisor, applicables à l’ensemble des entreprises (empreinte carbone et émissions de ges notamment) (Option Finance, 2018). Or, comme cité précédemment, le label ISR fait état d’indicateurs ne respectant pas ce critère « d’universalité » entre les entreprises.
Un phénomène qui résulte en une non-standardisation des indicateurs d’impact ainsi que des données ESG hétérogènes et peu fiables sur les entreprises dans lesquelles investissent les gérants de fonds « durables ». Des divergences qui compliquent les comparaisons à l’échelle mondiale et bloquant la mise en place d’un système de notation représentatif de la performance ESG de chaque entreprise cotée. C’est en grande partie à cause de ces divergences que la teneur environnementale des fonds signataires des PRI est questionnable. En revanche, on pourrait se rassurer en se disant que les fonds labellisés sont gérés par des véritables puristes de l’investissement durable. Et là encore, un rapide examen des « critères d’éligibilité » à ces labels donne envie de crier au greenwashing. Et pour cause, ces critères[7] sont majoritairement qualitatifs : « la société de gestion du fonds candidat fournit une présentation décrivant la stratégie de sélection des actifs ESG… » (Label ISR) et nullement standardisés « Le fonds candidat doit avoir mis en place un mécanisme de mesure de la contribution effective de ses investissements à la transition énergétique et écologique. » (Greenfin). Un mécanisme de mesure. Reste donc à savoir lequel.
Mais tout de même, ces labels étant gérés par le gouvernement Français, un raisonnement naïf serait de se dire qu’un contrôle strict est réalisé et que leur nature durable n’est pas questionnable. Se pose dès alors la question centrale de tout investisseur « vert » lambda : quel label choisir pour diminuer l’intensité carbone de son portefeuille d’investissement tout en visant un certain degré de performance financière ?
Si le label Greenfin semble plus centré sur la problématique environnementale que le label ISR, qui lui se soucie également des thématiques sociales et de gouvernance, la comparaison reste compliquée à établir. A ce jour, peu de gérants d’actifs cumulent les deux labels différents. Toutefois, pour un investisseur souhaitant investir sur le stock market Européen[8], 3 gérants peuvent se targuer d’avoir les deux labels dans leur collection de fonds.
Mais encore une fois, une rapide comparaison de l’intensité carbone[9] des fonds proposés par ces 3 gérants vient décrédibiliser les deux labels.
HSBC Source: HSBC Factsheet. Portefeuilles arrêtés au 28/02/2020. Les données de consommation sont relatives aux entreprises présentes dans le fonds d’Investissement. L’index[10] utilisé est celui fourni par HSBC.La Banque Postale Asset Management Source: LBPAM Factsheet. Portefeuilles arrêtés au 28/02/2020. Les données de consommation sont relatives aux entreprises présentes dans le fonds d’investissement. L’index utilisé est celui fourni par LBPAM.Sycomore Asset Management Source: Sycomore AM Factsheet. Portefeuilles arrêtés au 31/03/2020. Les données de consommation sont relatives aux entreprises présentes dans le fonds d’Investissement. L’index utilisé est celui fourni par Sycomore AM.
Si les fonds labellisés tiennent leur promesse de surperformance économique (exception faite des fonds Sycomore, qui affichent des résultats post-impact de l’épidémie de covid-19 sur la zone Euro) , la promesse écologique est, elle, loin d’être tenue. Aucune tendance ne se dessine quant à la qualité énergétique d’un type de fonds. Plus surprenant encore, les fonds Greenfin sont les moins « verts » et ne publient pas systématiquement de données relatives à leur intensité carbone.
Dans certains cas de figures, ce sont mêmes les Index qui s’en sortent le mieux du point de vue écologique ! Des portefeuilles d’actions qui ne sont pourtant pas construits avec une thématique environnementale ou durable.
Quel crédit donner aux labels ?
En fin de compte, la question n’est plus « Greenfin ou ISR ? » mais plutôt de savoir si ces labels sont un réel gage de la qualité verte des portefeuilles d’investissements. Et encore, en comparant l’intensité carbone des différents portefeuilles ESG avec les principaux indices boursiers Européens, la comparaison n’est pas glorieuse pour les fonds labellisés. Si la distinction était dure à faire entre ISR et Greenfin, elle ne semble pas plus évidente lorsque l’on ajoute les stratégies d’investissement dites « classiques » à l’équation.
Intensité carbone des portefeuilles durables (Type : Actions – Zone Euro)
Sources : L’intensité carbone de chaque fonds est extraite du rapport mensuel (« factsheet ») du fonds en question. Concernant les 63 fonds actions ISR zone Euro, 29 communiquent mensuellement sur l’intensité carbone de leur portefeuille. Taux de couverture de 46%. 3/6 pour les fonds actions zone Euro Greenfin, 50% de taux de couverture. Le Stoxx Sustainable ex. AGTAFA NR et le Stoxx 600 sont des indices boursiers conçus par STOXX. MSCI Europe est un indice boursier conçu par Morgan Stanley Capital International. Calculs de l’auteur. Courbe de Gauss obtenue par la comparaison de 32 fonds et 3 Index. Moyenne intensité carbone = 171,2t CO2 / M€ CA.
Bien que la plupart des portefeuilles affichent une intensité carbone inférieure à celle de l’indice MSCI Europe, la moyenne de l’intensité carbone des 35 fonds publiant leurs données reste de 171,2t CO2/M€ CA, soit à peine 0,8% de moins que l’indice Stoxx 600, un indice qui est astreint de toute contrainte ESG ou durable dans sa construction.
De plus, seulement 34% de ces fonds font mieux que l’indice Stoxx Sustainable, un indice construit dans une optique durable et éthique (exclusion des « sin stock sectors » : alcool, armement, jeux d’argents, divertissement pour adultes,…).
Finalement, en investissant dans un fonds labellisé « vert », diminuer l’intensité carbone de ses investissements reste rare. Pire encore, cela revient – toujours en termes d’intensité carbone – à investir dans les plus grosses compagnies cotées sur les marchés boursiers. Une non-différenciation (du moins trop faible) qui pousse à affirmer une chose : il est aujourd’hui impossible de s’assurer de la qualité verte et durable d’un produit d’investissement à travers la simple labellisation de ce dernier.
Le mal est toutefois plus profond que cela. Un tour d’horizon des indicateurs d’efficacité énergétique de la finance responsable et un mapping de ses acteurs ne permet aujourd’hui de dégager ni tendance, ni impact fort. Avec moins de 50% des fonds labellisés rendant public l’intensité carbone de leurs portefeuilles labellisés, le taux de couverture reste bien trop faible pour dessiner une image représentative du marché de la finance responsable. Pleine d’ambition, cette nouvelle industrie se cherche toujours et peine à se définir. Le mouvement de l’investissement responsable étant encore à ses prémices, il est raisonnable d’espérer qu’il tend à s’affirmer dans le futur. Reste à savoir le temps que cela prendra à redéfinir cet écosystème qui est depuis toujours aux antipodes des principes durables. Néanmoins, cela passera assurément par l’harmonisation et la standardisation des évaluations ESG ainsi que par un durcissement des attentes en termes d’indicateurs de performance énergétique de ces portefeuilles « verts ».
1 Fonds intégrant les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance.
2 Investissement Socialement Responsable, par la prise en compte des critères ESG dans le processus d’investissement, label lancé en 2016.
3 Label garantissant la ‘’qualité verte des fonds’’, lancé en 2015
4 La finance responsable est une notion qui vise à concilier rentabilité financière et impact environnemental, social ou sociétal, notamment pas la prise en compte de critères extra-financiers dans le processus d’investissement.
5 Une tendance qui a été prouvée à maintes reprises, notamment en 2015 par une co-étude de la Deutsche Bank et de l’université d’Hambourg (Deutsche Bank, 2016).
6 Principes for Responsible Investment
7 Voir l’ensemble des critères ici : Critères ISR, cf. II Annexe II / Critères Greenfin
8 L’étude porte sur les fonds de type « Action », investissant dans des sociétés cotées sur les marchés Européens.
9 L’intensité est le rapport des émissions de CO2 à la production de l’entreprise. Elle est ici exprimée en T° de CO2 / M€ de CA. En d’autres termes, c’est ce que l’entreprise rejette comme CO2 pour parvenir à dégager €1M de CA.
10 Un index (ou indice) boursier est un portefeuille théorique d’actions cotées sur les marchés. Ex : le Stoxx 600 est composé de 600 des principales capitalisations boursières européennes.
Fonds étudiés dans la section « Intensité carbone des portefeuilles durables (Type : Actions – Zone Euro) » :AMUNDI ACTIONS EUROPE ISR / AVIVA INVESTORS VALEURS EUROPE / AVIVA INVESTORS ACTIONS EURO / AVIVA SMALL & MID CAPS ISR / AVIVA ACTIONS EURO ISR / AVIVA ACTION EUROPE ISR (NOURRICIER COMPTÉ MENTIONNÉ) /LABEL EUROPE ACTIONS / AXA GÉNÉRATION EUROPE ACTIONS / DNCA INVEST BEYOND INFRASTRUCTURE & TRANSITION / INDEP ACTIONS ISR BAS CARBONE / LBPAM ACTIONS ENTREPRISES / LBPAM ISR ACTIONS FOCUS EUROPE / LBPAM ISR ACTIONS EUROPE 50 / LBPAM ISR STRATEGIE PEA 1 / LBPAM ISR STRATEGIE PEA 2 / ECHIQUIER MAJOR SRI GROWTH EUROPE / ECHIQUIER POSITIVE IMPACT EUROPE / ECHIQUIER ALPHA MAJOR ISR / ECHIQUIER AGENOR SRI MID CAP EUROPE / LYXOR MSCI EMU ESG TREND LEADERS UCITS ETF / LYXOR MSCI EUROPE ESG LEADERS UCITS ETF / MIROVA EUROPE SUSTAINABLE EQUITY FUND / MIROVA ACTIONS EUROPE / INSERTION EMPLOIS DYNAMIQUE / MIROVA EMPLOI FRANCE / MIROVA EUROPE ENVIRONMENTAL EQUITY FUND / NN EUROPEAN SUSTAINABLE EQUITY / ODDO BHF AVENIR EUROPE / ODDO BHF ALGO ETHICAL LEADERS / HSBC RIF-Europe Equity Green Transition / LBPAM ISR ACTIONS ENVIRONNEMENT / MIROVA EUROPE ENVIRONMENTAL EQUITY FUND
Factsheet utilisées : Février 2020. Les factsheet étant mises à jour chaque mois, les données relatives aux performances carbones des portefeuilles sont sujettes à évolution.
Ministère de la Transition écologique et Solidaire. (2020). Le label Greenfin [en ligne]. Ministère de la Transition écologique et solidaire. [Consultée le 16 Avril 2020]. Disponible ici : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/label-greenfin
A l’instar du métro boulot dodo un autre enchainement, peu revendiqué mais pourtant bien réel, pourrait s’apparenter à supermarché-cuisine-décharge. Peu de français manquerait le rendez-vous hebdomadaire (ou bihebdomadaire selon les collectivités ou maire) du passage du camion collecteur de déchets. Pourtant les déchets ménagers et assimilés, souvent pointés du doigt ne sont qu’une part minimale des ordures produites à l’échelle nationale.
Selon l’ADEME, Agence de la Transition Écologique, on qualifie de déchet ménager tous les déchets produits par les ménages, dans la vie quotidienne. Le terme « assimilés », quant à lui, englobe les déchets des petits commerçants et restaurateurs résultant de leurs activités professionnelles. Cela regroupe les déchets non recyclables ou pas encore recyclés, les déchets recyclables secs (journaux, papier, carton) ou les recyclable dits humides, organiques (déchets alimentaires) mais aussi les encombrants et les déchets verts.
Aussi d’après l’ADEME en 2016, en moyenne nous avons produit 4,6 tonnes de déchets par habitant. Seulement 568kg de ce chiffre sont associés à des déchets ménagers, contre 700kg de déchets produits par les entreprises et 3400kg de déchets produits par les entreprises du domaine de la construction. Bien que peu ragoûtant pour la plupart des Français, ce sujet est pourtant un levier indispensable dans la transition vers un modèle économique circulaire [1]. De ce fait, le traitement des déchets a un impact environnemental et énergétique indéniable à prendre en compte dans une prise de conscience collective pour un avenir plus propre.
Dès lors, il serait opportun de se pencher un instant sur la place de la France au sein de l’Union européenne quant à sa production de déchets, plutôt bon ou mauvais élève ? De ce fait, il est intéressant aussi d’évaluer les directives du gouvernement pour analyser les disparités au sein même du territoire français métropolitain.
Les disparités dans l’Union européenne
Le traitement et la réduction des déchets étant des problématiques mondiales, l’Union européenne (ici l’UE des 28 car les données utilisées datent de 2016 et prend en compte le Royaume-Uni) suit des actions et des principes communs afin d’assurer une homogénéité dans les dispositions prises par les États membres. D’après le site Toute l’Europe (2019) on compte par ailleurs la directive cadre sur les déchets de 2008 et actualisée en 2018 avec comme philosophie globale : une collecte séparée des déchets biodégradables ou recyclage à la source dès 2024, 60% de recyclage des déchets municipaux et 70% des déchets d’emballage pour 2025 ou encore atteindre 65% de recyclage des déchets municipaux
Pourtant, de fortes disparités peuvent être perçues entre les pays, ces différences peuvent être expliquées par une différence significative de PIB (Produit intérieur brut) par habitant. Le PIB par habitant se calcule en divisant la valeur du PIB par le nombre d’habitants d’un pays. Alors que le PIB sert souvent d’indicateur de l’activité économique d’un pays, le PIB par habitant reflète plutôt le niveau de vie des habitants et donc le niveau de développement du pays.
En comparant de façon simultanée le PIB par habitant en SPA [2] avec la production de déchets par habitant des États de l’Union européenne en 2016, on ne remarque aucune corrélation frappante. En effet on ne peut malheureusement pas court-circuiter le raisonnement en pensant que plus un pays est riche, plus ses habitants vont consommer et donc plus produire de déchets.
Cependant ce graphique nous apporte quelques éléments intéressants, d’une part la France se situe dans la moyenne en termes de production de déchets par habitant (4,8 tonnes par français contre 4,9 tonnes par européen en moyenne). D’autre part, on remarque des pics qui mettent clairement en lumière des pays comme le Luxembourg, la Finlande ou encore l’Estonie. Avons-nous trouvé les populations les plus mauvaises élèves de l’UE ?
Pour pousser plus l’analyse, il est possible de mettre en avant la part de déchets ménagers et assimilés dans la production totale de déchets d’un pays
Ce deuxième graphique vient bouleverser les premières constatations mises en évidence précédemment. Si l’on se penche sur les trois pays (Luxembourg, Finlande et Estonie) on remarque qu’ils détiennent pourtant l’une des plus basses parts de déchets ménagers et assimilés dans leur production totale de déchets, respectivement 6,3%, 1,5% et 1,8%. Autrement dit, les ménages luxembourgeois ne sont responsables qu’à hauteur de 1,8% de ce pic gigantesque.
Comme mentionné plus tôt, la plupart des déchets produits dans un pays proviennent de l’activité industrielle et plus particulièrement celle du domaine de la construction.
La preuve est qu’il est bien complexe de porter un avis tranché sur un sujet où tant de variables rentrent en jeu. Par exemple, la masse de déchets ménagers par habitant au Luxembourg est biaisée par le fait qu’un nombre conséquent de frontaliers rentrent chaque jour dans le pays (et par conséquent consomment) sans pour autant être comptés comme résidents du pays. Dans une autre mesure, même si on décompte moins de déchets à Chypre que dans d’autres pays, l’impact environnemental n’est pas comparable entre un pays qui incinère ou met en décharge 80% de ces déchets et un pays comme l’Allemagne qui recycle 47% de ces déchets ménagers par exemple.
Bien que la mondialisation lisse les habitudes de vies des habitants des différentes nations, leur comportement quant à eux face au traitement des déchets montrent de forte disparité.
La France, qui est étroitement proche de la moyenne européenne, serait un pays intéressant à analyser pour comprendre ce qu’il s’y passe à l’intérieur de ses frontières.
Les Français sont-ils tous logés à la même enseigne ?
Dans sa transition vers une revalorisation plus écologique de ses déchets, la France métropolitaine n’opère pas un changement drastique et radical pour ses habitants mais opte pour des changements, par étape, aux échelles des collectivités territoriales. Ainsi, selon où les français habitent, ils doivent payer une taxe ou une redevance pour le traitement de leurs déchets par exemple.
La TEOM (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) est à payer par le propriétaire d’une propriété d’un logement, calculée comme la taxe foncière c’est-à-dire en fonction la moitié de la valeur locative cadastrale [3] de la propriété selon le site officiel du gouvernement, en 2020. Alors que la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM) est à payer uniquement si vous utilisez le service d’enlèvement des ordures ménagères. La redevance est calculée en fonction de l’importance du service rendu (volume des ordures et déchets enlevés notamment ou par le nombre de levée par mois) selon le site du gouvernement.
En 2016, d’après RTL Info (2016), 4,5 millions de français, soit 6,7% des français, dans 190 collectivités, payent en fonction de leurs déchets, ce qui a fait baisser de près de 40% la proportion de déchets ménagers et à inciter les Français à recycler (levée gratuite des sacs).
Dans une autre mesure, la France propose près de 1800 déchetteries [4] accessibles pour le dépôt des déchets volumineux, payantes ou avec un système d’un nombre ou d’un poids autorisé par ménage. Cependant on ne dénombre pas moins de 580 déchetteries sauvages signalisées en France qui sont des dépôts clandestins de déchets réalisés par des particuliers ou des entreprises, sans autorisation communale, et sans autorisation préfectorale. Il ne semble pas invraisemblable de penser qu’il existe une corrélation possible face à ces comportements. C’est pourquoi la carte de la France ci-dessous est une superposition de deux cartes : celle du nombre de déchetteries par département et la tendance de la localisation des déchetteries sauvages.
Selon les données de Franceinfo et l’Ademe consultés le 12/04/2020 et les calculs de l’auteur
On remarque dès lors qu’une disparité entre les habitants des différents départements est perceptible. Trois zones de « non-droit » se détachent de cette illustration : la région Ile de France, le Var et le Nord. Bien que dans le Nord et le Var le nombre de déchetteries est l’un des plus élevés en France, dans le Var leur gestion chaotique est pointée du doigt et pourrait expliquer ce nombre accru de dépôt sauvage. En effet, Dans l’ouest du Var, seulement quatre déchetteries acceptent d’accueillir les matériaux de chantier.
Dans le Nord, c’est le comportement des riverains qui est mis en cause en voulant faire des économies. En périphérie de Paris est dénombrée une forte quantité de dépôts sauvages, dû à la difficulté de trouver une déchetterie et quand cela est possible, les prix restent plus élevés que dans le reste du pays, selon Ecodrop (2020).
En somme, d’un pays ou d’un département à un autre, les ressources et directives mis en place pour la valorisation des déchets ménagers ne sont pas égales et les habitants peinent à changer leur habitudes (par mépris ou par manque d’argent).
Avant de jeter la pierre aux ménages il faut prendre conscience qu’améliorer la prise en charge des déchets ménagers c’est avant tout un travail en amont de la chaîne de production, en utilisant des matières premières facilement recyclables et en évaluant la pertinence des emballages avec l’engagement des entreprises, bien sûr. La poubelle « noire » serait moins rapidement remplie si les français n’étaient pas contraints d’acheter des aliments sur-emballés. Le dentifrice protégé dans son tube n’a vraisemblablement pas besoin d’une boite en carton et encore moins d’un film plastique sur le dessus. Bien sûr il en va d’un effort commun de privilégier les contenants réutilisables au détriment de sachet plastique dans la vie quotidienne ce qui demande parfois un peu plus d’organisation.
[1] L’économie circulaire désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets.
[2] Standard de pouvoir d’achat, unité de mesure facilitant les comparaisons internationales
[3] Loyer annuel que la propriété pourrait produire si elle était louée.
[4] Lieu aménagé pour recueillir et traiter les déchets.
Depuis l’apparition d’un nouveau virus : le Covid-19, provenant de Chine, ayant contaminé environ 187 pays du monde et causant des innombrables décès, c’est au tour de la France de se protéger et l’ensemble du pays doit s’adapter au quotidien. Pour faire face à cette crise sanitaire qui s’abat sur nous et le monde entier, des mesures sont prises par notre chef de l’Etat qui n’a pas hésité à insister sur l’état d’urgence puisqu’il a prononcé ces mots « Nous sommes en guerre » lors de son allocution aux français du 16 mars 2020.
Le Covid-19 est un sujet à suivre de près, il n’est pas à prendre à légère. Les chiffres évoluent considérablement chaque jour. L’état des lieux au 28/03/2020 (par ESRI France) montre l’état déjà dramatique ci-après :
Figure 1 résultats en temps réel sur ESRI France, 28 mars 2020
Mais quand est-ce que ces chiffres vont arrêter de grimper ? (BFMTV, les gestes à effectuer, 2020). Par conséquent, nos habitudes de vie et consommation ont été bousculées.
Alimentation : Touche pas à mes réserves !
Une vague de panique est apparue dès les premiers jours où la menace de contamination fut évoquée. Les français n’ont pas hésité une seule seconde et nombreux sont ceux à s’être rués
dans les magasins de grandes distributions, les épiceries, les petits marchands… Un comportement semblable à un hamster voire celui d’une fourmi.
Il semblerait que faire des provisions est la meilleure solution comme l’explique l’article d’actu.fr. La photo ci-contre représente la situation actuelle de divers commerces : ici le rayon de pâtes est dévalisé, ce qui est de même pour le papier WC, le riz ou encore le lait et bien d’autres…Pourquoi laisser la panique nous envahir et guider nos actes de cette manière ? Où est la conscience et la prise de recul sur la crise que nous vivons ?
Pour donner suite à ces comportements aberrants et égoïstes, Bruno Le Maire a fait une annonce pour rassurer et informer les concitoyens français « il n’y aura pas de pénurie » :
Figure 3 Post sur le compte Twitter de Bruno Le Maire le 15 mars 2020
Industrie et Emplois : entre nécessité et autorisation de droit de retrait
Tous les centres de soins ainsi que l’ensemble du peuple français augmentent leurs demande en protection sanitaires : masques, gel désinfectant, gants…
Pour répondre au besoin intensif de production des solutions antiseptiques, un grand nombre d’entreprises se sont mobilisées : en stoppant leurs activités principales, en utilisant et transformant leurs chaînes de production, en réalisant des dons d’alcool qui étaient réservés à la production d’alcool comme par exemple les entreprises Chartreuse (10 000L), Pernod-Ricard (70 000 L) ou encore la Maison Drouin (100L) d’après les articles de Ouest-France ou bien encore France3régions. Certaines entreprises mettent à disposition les flacons vides comme Uriage (environ 400).
Concernant le besoin en masques FFP2, le Ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, a validé lors de la conférence de presse du 21 mars 2020, qu’une commande d’approvisionnement de 250 millions masques avait été réalisée, mais réhaussée à la hauteur d’1 milliard de masques ces derniers jours.
On peut également observer un engouement de la part de couturières qui réalisent des masques maisons (en suivant un mode de fabrication ainsi que des tissus précis : il y a un patron à disposition) ou encore des sociétés offrant aux hôpitaux leurs outils de travail (masques, blouses, sur chaussures, gants…) non utilisés à la suite de la fermeture de l’établissement.
On peut applaudir le geste de Décathlon concernant l’arrêt de la vente de ses masques de plongé souligné par actu17.fr, reconnus comme équivalent des masques FFP2, et fait un don de 30000 unités aux hôpitaux. Aussi, ce virus a un impact important pour l’économie, pour le travail de nombreux d’entre-nous mais le Président E. Macron tient à soutenir celle-ci.
Des alternatives sont donc disponibles tel que le télétravail mais parfois non-adéquat pour l’activité de l’entreprise, si le secteur n’est pas essentiel au bon fonctionnement du pays, l’entreprise ainsi que ses employés, sont contraints depuis le 17 mars 2020 – 12h de rester confinés chez eux.
Education : la limite étroite confinement/vacances dans les esprits
On compte plus de 12 millions d’élèves confondus qui se retrouvent à devoir réviser, apprendre depuis chez eux. Et c’est d’autant plus de professeurs qui réfléchissent à des solutions pour continuer d’enseigner, d’évaluer, de conseiller au mieux leurs élèves afin de transmettre les savoirs et techniques nécessaires.
Pour les études du supérieur, les questions s’axent autour du déroulement des examens et de la validation des crédits ECTs, l’obtention du diplôme. Les méthodes d’apprentissage ne sont pas forcément inconnues ou nouvelles pour une grande partie. Exemple : à l’ESTA (Ecole Supérieure des Technologies et des Affaires à Belfort) certains professeurs utilisaient déjà le e-learning ou les cours distanciels. Désormais c’est l’ensemble des professeurs qui utilisent ces moyens (Zoom, Microsoft Teams, Moodle, Discord…). Comme on peut le voir sur les annonces (figures 4 et 5) publiées sur le compte de LinkedIn de l’école ESTA School, tout le monde « joue le jeu » :
Figure 4 Post de l’Esta sur son compte LinkedIn, mars 2020Figure 5 Post LinkedIn de l’ESTA, mars 2020
Cependant, pour les plus petits, la mise en place et l’adaptation des cours à distance est une étape plus complexe et délicate.
En effet, dans la psychologie de l’enfant (de maternelle à primaire voire plus), le cadre scolaire influe l’apprentissage : bâtiments, enseignants, autres élèves, tableaux… Cet ensemble d’outils permet à l’élève d’être conscient qu’il est là pour apprendre, évoluer, acquérir des connaissances et être évalué. En restant à la maison, il est plus difficile pour l’enfant de voir les choses de la sorte, c’est plutôt l’idée des vacances car tout est modifié : la maîtresse devient la mère ou le père (un rôle difficile à assumer et la limite devient floue), les tentations sont nombreuses (Tv, jeux vidéo, téléphones, nourriture…).
C’est pourquoi les recherches de supports d’aides au corps enseignants sont renforcées par le gouvernement et l’on peut voir le développement de cours en ligne sur une plateforme développée par le CNED : « Ma classe à la maison ». Ce site donne l’opportunité aux élèves du pays (12 millions environ, de la grande section à la terminale), support de France Télévisions qui depuis lundi 23 mars propose sur ses chaînes des cours ou bien encore la plateforme intranet propre à chaque école.
Déplacement : Quand rester chez soi devient une forte recommandation : la santé n’est pas un jeu, restez chez vous !
Au vu du danger auquel nous sommes exposés, la décision du confinement a été prise par le Président de la République et annoncée à la population, le lundi 16 mars 20h, applicable à partir du mardi 17 mars midi. Des règles strictes sont à suivre (être en possession de l’attestation de dérogation de déplacement complétée, pas de sport à plus d’1km de son lieu de résidence, 1m de distance entre chaque personne, gestes barrières…) mais les citoyens français bien connus pour ne pas être très respectueux des « Rules of the Game » ont du mal à s’y faire et même un barbecue entre amis peut coûter très cher (France Monde, 2020).
Par conséquent, une amende est remise à toutes personnes ne respectant pas les ordres (35 € le premier jour pour ne pas bousculer tout le monde et laisser le temps de se rendre à son lieu de confinement, puis est passée à 135€.) Certains ont récidivé plus d’une fois et les autorités ont donc établit une seconde valeur de l’amende, fixée à 200€, où toutes les informations sont à retrouver sur le site du gourvenement.fr.
Nos déplacements désormais restreints, les secteurs de transports ont été impactés également (Le monde, 2020 et L’étudiant, 2020): Le nombre de train a été diminué (7% des trains longue distance en circulation sur l’ensemble du territoire (42 trains par jour contre 700 habituellement) et les vols ont été supprimés voire reportés pour la plupart des compagnies étant donné que la majorité des pays touchés ont décidé de fermer leurs frontières. Ainsi les entreprises doivent revoir leurs logistique et peuvent s’aider par exemple du site www.e-tlf.com .
Afin d’aider les services médicaux, des trains ainsi que des avions ont subit des transformations médicales afin de pouvoir transférer les malades dans des hôpitaux pouvant accueillir des patients et ainsi éviter le risque de saturation. (Le parisien, Coronavirus : les évacuations de malades se multiplient, 2020).
Environnement : la nature nous remercie
L’environnement était au cœur des conversations ces derniers temps. Démarches RSE dans les entreprises, pubs à la TV, messages sur internet, prise de conscience de la population, journées de sensibilisation…Bref, notre planète criait à l’aide.
Prendre conscience du danger qu’encourt le monde de demain n’est pas encore ancré dans les esprits de tous, malgré les changements climatiques, les catastrophes naturelles répétées (..). Toutefois, ce virus imposant à limiter nos déplacements, adapter notre consommation, à être plus vigilant sur notre santé, montre visiblement des aspects favorables à l’environnement.
Le confinement favorise donc la baisse significative des émissions de dioxyde puisque la majorité des grandes villes ont leurs rues vidées de leurs voitures et de leurs passants, les usines fermées quand c’est possible et de nombreux vols annulés (fermeture des frontières de l’UE et espace Schengen pour 30 jours depuis le mardi 17 mars 2020). Sciences et avenir expose dans son article des vues aériennes montrant l’impact positif du virus sur la planète.
Aussi, depuis le confinement une baisse en consommation d’électricité est observée et atteint «15% inférieure en moyenne au niveau habituellement constaté au mois de mars. Cette baisse est principalement due à la baisse de l’activité économique : fermeture des commerces non essentiels (restaurants, cinémas, magasins …) et ralentissement de l’activité dans le secteur industriel » atteste RTE. Dans la difficulté on apprend à se surpasser, à se connaître, à se serrer les coudes…Prenons-nous conscience du monde dans lequel nous vivons ? Des personnes qui nous entourent ?
« La France unie, c’est notre meilleur atout dans la période troublée par le Covid-19 (Coronavirus) que nous traversons. Nous tiendrons. Tous ensemble. » Emmanuel Macron, 12 mars 2020, gouvernement.fr
Dans un monde où les avancées technologiques prennent beaucoup d’espace dans notre vie sociale et que le chacun pour soi gagne du terrain, nous pouvons malgré tout voir des élans de solidarité et de sociabilité dans cette période difficile que nous traversons.
Le soutien au corps hospitalier au travers de messages, de chansons dont des artistes ( Jean-Jacques Goldman, Matthieu Chedid, Calogero, ou bien encore des groupes connus des réseaux sociaux comme G7N), des applaudissements aux fenêtres à 20h tous les soirs dans toute la France. Des communes, restaurants, petits commerçants, des familles et mêmes des clubs sportifs multiplient les dons de repas (Figures 6 et 7).
Figure 6 Post Facebook de l’US Vizille Rugby, le 22 mars 2020, acte de soutien.Figure 7 Post Facebook de Nadège Lefebvre, Présidente du Conseil départemental de l’Oise, le 10 mars 2020, solidarité et non gaspillage
D’autres formes de supports d’aides aux soignants voient le jour : par la création d’associations pour trouver des personnes pour garder leurs enfants, des écoles qui ouvrent et sont réservées à leurs enfants, pour faciliter leurs déplacements aller/retour dus à la fatigue (navettes gratuites, taxis…), logements proches de leurs lieux d’intervention afin de réduire le temps de fatigue (hôtels, propriétaires qui laissent à disposition leurs logements notamment ceux de Airbnb…).
Enfin, sans oublier les actes solidaires entre citoyens avec le développement des apéros en Visio, l’assistance aux personnes âgées en allant faire leur courses, assistance aux voisins, appels récurrents dans les familles…
En résumé
Certes, il est délicat de voir ses jours réduits à passer ses journées chez soi, être éloigné de ses proches, devoir tout calculer chaque jour. Il faut prendre sur soi et se dire que ce n’est qu’un passage. Agissons maintenant, ayons conscience du danger, protégeons-nous et favorisons la réduction des nombres de contaminés, de décès, de facteurs de risques.
S’il vous plaît, restez chez vous et soyez conscients, nous pouvons le faire et ensemble nous vaincrons.
Bruno Le Maire, BLM [@BrunoLeMaire]., (2020).[ La sécurité d’approvisionnement des Français en produits alimentaires et en produits de première nécessité est aujourd’hui garantie et continuera de l’être dans les semaines à venir. Il n’y aura pas de pénurie. ] [Twitter]. 15 mars 2020. Disponible ici : [https://twitter.com/BrunoLeMaire/status/1239171685418401792 ]
Lefebvre N. Présidente du Conseil départemental de l’Oise., (2020).[Dons nourriture].[Facebook],10 mars 2020, Disponible ici : https://www.facebook.com/NadegeLefebvre60/