Réchauffement climatique : peut-on rester sous l’objectif de 2°C ?

Par Lisa Charpentier & Léa Grandveaux, étudiantes ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #Réchauffement climatique #COP21 #Émission carbone #Gaz à effet de serre

Le réchauffement climatique est le terme désignant le phénomène d’augmentation des températures moyennes océaniques et atmosphériques venant des émissions de gaz à effet de serre excessives. Il est observé depuis le début du XXe siècle. C’est à partir des années 90 que les Etats commencent réellement à s’intéresser au réchauffement climatique et les enjeux liés. Lors de l’année 1992, c’est plus de 178 pays qui se rencontrent à Rio de Janeiro pour la conférence de l’ONU sur l’environnement et le développement, cette réunion a lieu tous les 10 ans. C’est lors de cette conférence que les Etats présents signeront alors la déclaration de Rio de Janeiro, c’est la première fois qu’on parle d’une convention sur le climat apparaît. Cette convention met en lumière la nécessité de diminuer les émissions de gaz à effet de serre afin de minimiser l’impact humain sur le changement climatique. Trois ans plus tard apparaît la première conférence des parties, plus souvent appelé COP à Berlin en 1995. Cette conférence aura alors pour but de fixer, pour chaque pays ou régions, des objectifs chiffrés en matière d’émissions de gaz à effet de serre et des réductions nécessaires à effectuer. Ces engagements sont effectués à travers des mesures politiques et des législations. Le protocole de Kyoto est un accord international. Son but : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le protocole voulait réduire d’environ 5% les émissions de différents gaz à effet de serre entre les années 2008 à 2012 par rapport à 1990. Le bilan est mitigé car certes certains pays ont “joué le jeu”, mais d’autres ont au contraire grandement augmenté leurs émissions. C’est 20 ans plus tard avec la COP21 et l’échec du protocole de Kyoto que l’objectif des 2°C est fixé. L’accord de Paris explique que la communauté internationale fera tout son possible pour contenir le réchauffement climatique et le limite à une hausse maximale de 2°C. Cet objectif est-il réellement réalisable ? Réussira-t-on à rester sous l’objectif des 2°C au vu des contraintes sociétales, c’est la question que nous nous sommes posés tout au long de cette revue.

Figure 1 : Frise chronologique des négociations climatiques.
Source : CDC Climat Recherche, 2014

Dans ce schéma, on peut trouver toutes les dates importantes concernant le climat. Il y a notamment la signature de 37 états industrialisés du protocole de Kyoto en 1997. Il manque seulement la signature de l’accord de Paris datant de 2016. Cet accord couvre l’avant 2020.

L’objectif de rester sous la barre des 2°C, quasiment inaccessible.

Après la conférence de Copenhague qui a eu lieu en 2009 et la COP21 de Paris en 2015 les états se sont fixés un objectif majeur : contrôler l’augmentation de la température moyenne de la surface de la terre en dessous de 2 °C (Aykut, Dahan, 2011). Les spécialistes ont affirmé que si la barre des 2°C était dépassée alors le monde connaîtrait un dérèglement climatique sans précédent (Le Hir, Garric, 2015). Bien que certains pays aient travaillé dur pour réduire les émissions de dioxyde de carbone, avec l’exemple de la France, un des 19 pays du G20 avec la plus grande réduction des émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB. L’intensité carbone des 19 pays et de l’Union européenne a chuté de 2,7% en 2014 par rapport à l’année précédente il s’agirait alors de la meilleure performance depuis 2000 (Latribune, 2015). Ensuite, après la COP 21, certains pays étaient encore impliqués comme l’Allemagne qui s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 80% à 95% d’ici 2050 (Franceinfo, 2016) ou encore la Chine et l’Inde qui essaient de faire des efforts en réduisant leur gaz à effet de serre. Malheureusement et malgré les efforts de certains pays, ce n’est pas suffisant. En effet un rapport réalisé et publié en novembre 2019 par plusieurs organismes de recherche, sous l’appui du programme des nations unis pour l’environnement (PNUE) montre que l’objectif de rester sous la barre des 2°C est inaccessible sauf si tous les pays fournissent des efforts considérables (Revol, 2019). Ce rapport (Emissions Gap Report 2019) montre en outre une étude basée sur les prévisions d’émissions de CO2 dans une dizaine de pays clé, dont la Russie, les Etats-Unis, l’Indonésie ou encore l’Inde. En 2030, selon les prévisions de ces pays, on produira 39 gigatonnes de CO2, soit 13 gigatonnes de trop pour atteindre l’objectif minimal (2 degrés) et 21 gigatonnes pour l’objectif maximal (1,5 degrés) (Revol, 2019).

Figure 2 : Taux moyens de croissance par an des principales causes des émissions mondiales de CO2 (gauche de la ligne pointillée) et composants des émissions de gaz à effet de serre (droite de la ligne pointillée) dans les pays faisant partis ou non de l’OCDE[1].
Source : PNUE, 2019

Les émissions de gaz à effet de serre ont haussé de 1,5 % tous les ans durant la dernière décennie et il n’y a eu qu’une courte amélioration entre 2014 et 2016. Les émissions de CO2 qui proviennent des combustibles fossiles, de la consommation énergétique et de l’industrie, sont responsables d’une bonne partie du total des émissions de GES[1]. Elles ont augmenté de 2 % en 2018, environnement alors le niveau record de 37,5 Gt-CO2 annuel (Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Programme des Nations Unies pour l’environnement, Nairobi).

La figure 2 montre en détails des taux moyens de croissance par an de l’activité économique. Elle montre ainsi la consommation d’énergie primaire, la consommation énergétique par rapport au PIB, les émissions de CO2 et des émissions de GES, toutes provenances associées, dans les pays membres et non membres de l’OCDE. On peut déjà voir que les pays faisant partie de cette organisation consomment moins d’énergie en fonction de leurs activités, ce qui prouve que les pays non membres peuvent faire évoluer leurs progrès dans la réduction des émissions, même si ceux-ci sont des pays en développements avec une forte industrialisation et urbanisation de leurs économies. Cela n’empêchera pas d’atteindre leurs objectifs de croissance.

Cinq points majeurs qui permettrait de rester sous la barre des 2°C.

La bataille du climat n’est pas encore perdue bien qu’elle soit mal engagée. Si les pays signataire de l’accord de Paris respectent leur engagement l’objectif de rester sous la barre des 2°C ne sera pas atteint, on atteindra une hausse comprise entre 3°C et 3,2°C (Le Hir, 2017). Malgré ce bilan alarmant des solutions sont mises en place. A eux seuls, la promotion des filières solaires et éoliennes, l’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement de modes de transports plus verts, ou encore l’arrêt de la déforestation et le reboisement permettrait de réduire les émissions annuelles de 22 Gt. Voici ci-dessous cinq points majeurs qui permettraient de rester sous la barre des 2°C : Développer des énergies renouvelables pour le marché de l’électrique : La maturité du marché des énergies renouvelables a énormément évolué ces 10 dernières années. On observe tout d’abord une réduction des coûts des principales technologies renouvelables. En effet, les technologies des énergies renouvelables sont devenues plus accessible en termes de prix.

Figure 3 : Réduction des coûts des principales technologies renouvelables au cours de la dernière décennie.
Source : PNUE, 2019

On peut voir que l’énergie géothermique, l’énergie hydraulique ou encore l’éolien terrestre sont sensiblement dans la même fourchette que les coûts des combustibles fossiles. La transition énergétique vers des énergies à émission zéro est donc possible et ces réductions de coûts peuvent permettre aux industries de changer.

Diminuer le taux de charbon afin de décarboniser rapidement les systèmes énergétiques : De plus en plus d’acteur du secteur de l’énergie tel que ENGIE, ont décidé de stopper leur centrale à charbon.  En février 2019, ENGIE annonçait même la sortie définitive de leurs activités dans le charbon. Actuellement, les 4 dernières centrales à charbon de France produisent 1,18 % de la consommation française d’électricité, mais elles génèrent aussi environ 10 millions de tonnes de CO2, ce qui représente près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique (Ministère de la transition écologique et solidaire, 2020), leur fermeture est prévu d’ici 2022. Dans beaucoup de pays industrialisés comme les Etats-Unis ou encore les pays européens les centrales à charbon sont en voie de fermeture. Excepté le cas de l’Allemagne, en effet en 2011, les dirigeants ont voté pour une sortie totale de l’énergie nucléaire, ce qui a provoqué l’augmentation des centrales à charbon. De plus les énergies renouvelables n’étant pour le moment pas encore assez efficace, ils ont été obligés de se tourner vers le charbon. Depuis peu l’Allemagne vient d’adopter un calendrier prévu en 2038 afin de sortir également du charbon, cette sortie se fera de manière progressive.

Se tourner vers des transports plus verts : en effet la part des transports représente environ 24% des émissions mondiales de CO2. Mettre en place des transports plus propres pourrait être une solution intéressante. Beaucoup de constructeur automobile ont d’ailleurs essayé de créer des véhicules zéro émission. On peut citer par exemple le constructeur TESLA, qui propose une voiture 100% électrique. On peut également parler des premiers bus à hydrogène en France par exemple, ces transports en commun rouleront alors à l’aide d’une énergie propre (Capital, 2019). Des solutions sont donc mises en place et réfléchi afin de faire baisser la part des émissions carbone dans les transports. Réduire l’impact carbone des industries à haute intensité énergétique : beaucoup d’entreprises telles que Total, BP ou encore Royal Dutch Shell font partie des entreprises ayant émis le plus de CO2. Réduire leurs émissions permettrait une considérable avancée dans l’objectif de rester sous la barre des 2°C. Certaines entreprises se sont engagées en faveur d’une réduction de leurs émissions. Dix entreprises telles que Coca-Cola Entreprises, Dell, Enel, General Mills, Kellogg’s, NRG Energy, Procter & Gamble, Sony et Thalys ont déjà vu leurs objectifs de réduction d’émissions approuvés. Au total, ces 10 entreprises devraient réduire leurs émissions de 799 millions de tonnes de CO2 jusqu’à ce que leurs objectifs arrivent à échéance, ce qui équivaut environ à 1,86 milliards de barils de pétrole non brûlé. Ces entreprises ont également pris des engagements ambitieux en faveur de la réduction de leurs émissions indirectes à travers leurs chaînes de valeur (WWF, 2015).

Figure 4 : Le Top 20 des compagnies ayant participé à 35% des émissions carbone et méthane depuis 1965
Source : The Guardian, 2019

On peut voir sur ce graphique la part d’émission de carbone et de méthane des 20 entreprises les plus polluantes de la planète. Parmi ces compagnies on retrouve Total en 17ème position et sur le podium on retrouve Saudi Aramco avec 59,26 milliards de tonnes de CO2 émis depuis 1965. Au total ces compagnies ont émis environ 480 milliards de tonnes de CO2 depuis 1965. Ces 20 entreprises représentent à elles seuls 35% des émissions de méthane et de carbone dans le monde. Si elles continuent d’augmenter leurs émissions par exemple de 2% par an, elles atteindront 869 milliards de tonnes de CO2 en 2050. Si elles font le choix de réduire leur émission de 50% par rapport à aujourd’hui d’ici 2050, elles n’émettront que 240,10 milliards de tonnes de CO2. Les industries sont un enjeu majeur de la lutte contre le réchauffement climatique. Comme nous avons pu le voir ces entreprises doivent faire des efforts en réduisant leurs émissions de méthane et de carbone.

Mettre en place des solutions pour ne pas créer d’avantages d’émissions tout en améliorant l’accès à l’énergie : en effet aujourd’hui les états doivent faire leur maximum pour ne pas créer d’avantages d’émissions et se concentrer sur leur transition énergétique. Afin de rester sous la barre des 2°C il faut à tout prix éviter les émissions futures tout en continuant à développer l’accès à l’énergie.

La bataille pour réussir cet objectif est mal engagée

Ce que nous avons pu tirer de nos recherches, c’est que l’objectif de rester sous la barre des 2° degré est possible. De nombreuses solutions peuvent être mis en place comme nous l’avons vu précédemment. En effet, les États honorent leur engagement en réduisant leurs émissions, beaucoup d’entreprises se sont également engagées dans cette voie. Malheureusement, la bataille semble mal engagée, en dépit des efforts de chacun des problèmes d’ordre politique ou encore économique subsistent. Tout d’abord le retrait des Etats-Unis dans l’accord de Paris : rappelons que les Etats-Unis sont à ce jour le premier émetteur historique de gaz à effet de serre et premier producteur de pétrole et de gaz. La Chine quant à elle reste le premier émetteur de carbone dans le monde, ce pays reste actuellement très dépendant des énergies fossiles. La Chine est également la première investisseuse planétaire dans les énergies renouvelables, mais est-ce que cela permettra de rester sous l’objectif ? On estime que d’ici 2050, la population mondiale passera à 9,7 milliards. Il faudra alors fournir à 9,7 milliards de personnes de l’électricité. Est-ce que les énergies renouvelables seront suffisantes pour autant d’humains. Au vu de cette explosion démographique, l’objectif de rester sous la barre des 2 °C sera-t-il toujours réalisable ? A l’heure actuelle nous pensons que cet objectif des 2 degrés n’est pas atteignable mais il n’est pas trop tard et il est utile de continuer les efforts et de les intensifier pour réussir ce challenge pour 2100 comme annoncé à la COP21.

Références

Aykut, S.C., Dahan, A., (2011). Le régime climatique avant et après Copenhague : sciences, politiques et l’objectif des deux degrés. Natures Sciences Sociétés [online]. 19, 144-157. [Vu le 3 mai]. Disponible à cette adresse : doi : 10.1051/nss/2011144

Capital., (2019). Des bus à hydrogène entrent en exploitation en France [online]. Capital. [vu le 12 septembre ]. Disponible à cette adresse : https://www.capital.fr/entreprises-marches/les-premiers-bus-a-hydrogene-entrent-en-service-en-france-1349950

Codatu., (2014). COP21 À PARIS : UNE ÉTAPE CRUCIALE DANS LES NÉGOCIATIONS CLIMATIQUES [online]. Codatu. [Vu le 8 octobre]. Disponible à cette adresse :

Europe 1,. (2019). Quelles sont les 20 entreprises les plus polluantes du monde ? [online]. Europe 1 [ Vu le 10 octobre ]. Disponible à cette adresse : https://www.europe1.fr/societe/qui-sont-les-vingt-entreprises-les-plus-polluantes-du-monde-3924669

Francetvinfo., (2016). COP21 : quels sont les pays qui s’impliquent vraiment ? [online]. Francetvinfo. [Vu le 6  mai]. Disponible à cette adresse : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop21-quels-sont-les-pays-qui-s-impliquent-vraiment_1713879.html

Latribune., (2015). Gaz à effet de serre : quel pays a fait le plus d’efforts pour réduire ses émissions ? [online]. Latribune. [Vu le 4 mai]. Disponible à cette adresse : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/cop21-quel-pays-a-le-plus-reduit-ses-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-512794.html

Latribune., (2020). L’Allemagne lance sa sortie du charbon [online]. Latribune [Vu le 16 janvier]. Disponible à cette adresse : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/l-allemagne-lance-sa-sortie-du-charbon-837346.html

Le Hir, Garric., (2015). Le réchauffement climatique en 10 questions [online]. Lemonde. [Vu le 3 mai]. Disponible à cette adresse: https://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/11/27/le-rechauffement-climatique-en-10-questions_4819175_4527432.html

Le Hir., (2017). Réchauffement climatique : la bataille des 2 °C est presque perdue [online]. Lemonde. [Vu le 7 mai]. Disponible à cette adresse : https://www.lemonde.fr/climat/article/2017/10/31/rechauffement-climatique-la-bataille-des-2-c-est-presque-perdue_5208255_1652612.html

Lematin.ch., (2019). CLASSEMENT LES 20 ENTREPRISES LES PLUS POLLUANTES DE LA PLANÈTE [online]. Lematin.ch [Vu le 10 octobre]. Disponible à cette adresse : https://www.lematin.ch/monde/Les-20-entreprises-les-plus-polluantes-de-la-planete/story/23349571

Lepoint., (2019). Réchauffement climatique : l’objectif des 2 degrés déjà inatteignable [online]. Lepoint. [Vu le 5 mai]. Disponible à cette adresse: https://www.lepoint.fr/economie/accord-de-paris-climat-l-objectif-des-2-degres-deja-inatteignable-21-11-2019-2348858_28.php#

Ministère de la transition écologique et solidaire., (2020). La fermeture des centrales à charbon aura lieu d’ici 2022. Ministère de la transition écologique et solidaire. [Vu le 16 janvier]. Disponible à cette adresse : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/fermeture-des-centrales-charbon-aura-lieu-dici-2022

PNUE., (2019). Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions – résumé analytique [online]. Nairobi : ONU. [Vu le 3 mai]. Disponible à cette adresse : https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/30798/EGR19ESFR.pdf?sequence=15

The Guardian., (2019). Revealed: the 20 firms behind a third of all carbon emissions [online]. The Guardian [Vu le 9 octobre]. Disponible à cette adresse: https://www.theguardian.com/environment/2019/oct/09/revealed-20-firms-third-carbon-emissions

WWF., (2015). 114 entreprises s’engagent à aligner leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur l’objectif de 2°C [online]. WWF. [Vu le 8 décembre]. Disponible à cette adresse :https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/114-entreprises-sengagent-a-aligner-leurs-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-ges-sur-lobjectif-de

Le 7ème continent: un monstre de plastique

Par Clément Baudin & Edouard Muller, étudiants ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #le7econtinent #pollutiondesoceans #gpgp

D’où vient le 7e continent : l’histoire du plastique

Durant l’histoire notre utilisation du plastique a fortement changé, les premières sources d’une utilisation de plastique nous proviennent du 15ème siècle avant J.C. A cette époque, ce sont les Égyptiens qui sont en lumière avec une utilisation de colle à base de gélatine d’os. Elle était notamment utilisée dans la construction du mobilier (Le Monteil 2012).

C’est 3000 ans plus tard, lorsque Christophe Colomb trouve L’Inde sur le continent Américain, que l’utilisation de plastique naturel commence à émerger. C’est à partir du 20e siècle que le plastique naturel laisse place au plastique synthétique en grande production, dus notamment aux besoins de la première guerre et Deuxième guerre mondiale.

Figure 1 : Graphique issu du journal Les Echos sur la production de plastique depuis 1950
Source : Les Echos (mars 2020)

Le choc pétrolier de 1973 transforme aussi le plastique, qui était jusqu’alors considéré comme matière de substitution jetable et bas de gamme. Ce dernier devient alors souvent un matériel sophistiqué et de haute technicité.

De nos jours le plastique est un matériel de plus en plus utilisé. Il est plus léger et a résistance égale que l’acier ou l’aluminium et insensibles à la corrosion, ils remplacent les métaux dans beaucoup de produits, sa performance les rend indispensables au quotidien et dans tous les domaines : santé, bâtiment, automobile, aérospatiale, emballage, décoration, bureautique, sport…

La production mondiale de plastiques augmente chaque année de + 2,9 % en 2012, cependant, non seulement sa fabrication est néfaste pour l’environnement, mais l’on parle trop peu de son après utilisation. La prise de conscience des enjeux environnementaux se développe peu à peu mais reste encore insuffisante (Le Monteil 2012).

Figure 2 : Graphique issu du journal Les Echos sur la consommation de plastique en France
Source : Les Echos (mars 2020)

Les recherches actuelles sur le 7e continent

Le monde produit suffisamment de plastiques chaque année pour construire 50 pyramides de Khéops soit environ 130 000 000 de mètre cube de plastiques, cela représente 350 millions de tonnes de plastique. La plupart de ces plastiques finissent dans les décharges mais environ 8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans chaque année et se rassemblent grâce au courant dans des vortex de déchets (ou Garbage Patch) (Nature 2018).

Figure 3 : Graphique issu du journal Les Echos sur l’estimation de plastique dans les océans
Source : Les Echos (mars 2020)

La plus grande se trouve dans l’océan Pacifique entre l’Asie et l’Amérique du Nord et est même appelé “the great pacific garbage patch”.Il y a plus de 1.8 trillions de déchets individuels c’est plus de 10 fois le nombre d’étoiles dans la galaxie et représente 80 000 tonnes de déchets. La moitié de ses déchets sont des filles et filets de pêche venant de la pêche intensive et l’autre moitié sont principalement des plastiques dures comme des bouteilles et des films plastiques. Ce 7ème continent n’est pas un amas regroupé de plastique en plein milieu de l’océan mais est réparti sur une surface qui correspond à celle de la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Hollande et la Suisse combinée, soit environ 1 400 000 km² (Futura-Science 2018).

Ses impacts sur l’environnement et sur notre santé

Selon une étude publiée par Scientifique report (https://www.nature.com/articles/s41598-018-22939-w), les estimations de détritus plastiques dans les océans sont 4 à 16 fois supérieurs que celles calculées lors de précédentes études, grâce à méthodes ne mesure plus fiables. En réalité, les détritus se situent justes sous la surface de l’eau et sont translucides, ce qui qualifie ces zones de “mer de plastique”, et les rend difficilement photographiables (Scientific Report 2018).

Des recherches scientifiques ont montré que ces déchets plastiques issus de notre consommation “se dégradent extrêmement lentement et présentent une menace potentielle pour les écosystèmes marins ainsi que pour la santé humaine”.

La menace la plus directe pour la faune animale est la mort par asphyxie des prédateurs : oiseaux de mer, tortues, mammifères marins qui peuvent confondre des détritus comme des sacs plastiques et des proies. La menace plus indirecte et moins connue est l’intoxication. En effet, malgré une durée de dégradation élevée, les déchets plastiques se dissolvent en microparticules sous l’action des rayonnements solaires, par oxydation et par “abrasion de l’eau de mer” (érosion par les vagues, le charriage des courants). Ces microparticules mesures moins de 5 mm soient la taille d’un microplancton (Scientific Report 2018).

Le premier danger pour faune animale est l’absorption de ces microparticules de plastique. Le deuxième danger est que ces microparticules agissent comme des fixateurs de toxines qui viennent s’accrocher à ces microparticules, par exemple des métaux lourds. L’ingestion de ces microparticules chargées en toxines peut engendrer des conséquences sur la santé de la flore animale, et se répercuter sur notre santé lors de la consommation de produits marins. Faits inquiétants, selon une étude nous ingérons par an l’équivalent d’un cintre en plastique, tout en sachant que d’ici 2050, 99% des animaux marins auront ingérés des particules de plastique. L’ingestion ou l’inhalation de produits toxiques et microparticules de plastique à forte dose a pour conséquence connue sur la santé : cancer, neurotoxicité, trouble du développement chez les enfants (neurologique et développementale) et lésions sur le système respiratoire et reproducteur (Ciel 2019).

Figure 4 : Illustration montrant les dangers du plastique dans les océans
Source : Illustration réalisée par nos soins (mai 2020)

Les mesures prises dans le monde

La zone du GPGP représente une importante superficie de l’océan Pacifique, mais n’est en réalité que peu fréquenté par la navigation. Se situant dans les eaux internationales, aucun pays n’est contraint à participer à sa dépollution. C’est une des raisons possibles au fait qu’il n’y ait quasi-aucune action publique mise en place pour la gestion des macrodéchets en pleine mer.

Bien que peu d’actions sont mises en place pour la pollution des mers, des États et des entreprises dans le monde ont néanmoins pris conscience de leur impact écologique. On peut noter qu’aux États-Unis la ville de Seattle a décidé de bannir les pailles en 2018. Depuis plusieurs autres grandes villes américaines ont suivi l’exemple de Seattle, de même pour des compagnies aériennes américaines ainsi que les marques McDonald’s et Starbucks qui souhaitent arrêter totalement la distribution de paille en plastique d’ici 2021. Le chili et l’Inde se sont eux aussi engagés à bannir les sacs et les produits plastiquent à usage unique d’ici 2022 (Global Citizen 2018) Plus récemment en mai 2019, 186 pays de l’ONU ont décrété un accord afin de lutter activement pour la réduction des plastiques dans l’océan et une meilleure gestion des déchets plastiques. Cet accord exceptionnel n’a cependant pas été signé par plusieurs pays, dont les États-Unis, qui en 2018 consommaient jusqu’à 390 millions de pailles en plastique par jour. On peut voir que des actions sont mises en place à travers le monde, mais ses actions restent isolées et encore trop peu nombreuses. L’accord de l’ONU en 2019 est un pas en avant vers une meilleure gestion de notre plastique, mais il reste à voir si les états tiendront leurs objectifs (Global Citizen 2019).

Figure 5 : Graphique issu du journal Les Echos sur l’utilisation du plastique depuis 1950
Source : Les Echos (mars 2020)

Face à cette situation : des solutions existent-elles ?

Comme évoqué précédemment, peu d’actions sont mises en place par les états pour la dépollution des mers, car aucune législation les y oblige en eau internationale. Cependant une ONG néerlandaise a créé “L’Océan Cleanup”, une sorte d’énorme ramasse-ordures des mers, de sorte à aller nettoyer les vortex pollués par les plastiques. Le premier à prit la mer en 2018 depuis San Francisco pour se diriger vers le GPGP. Il est prévu que l’ONG déploie une soixantaine de ces navires, qui aurait pour impact de nettoyer des déchets plastiques 50%s des océans en cinq ans.

Que pouvons-nous faire à notre à notre échelle ?

On entend souvent “Si je fais un effort t pas ça qui va changer le monde !” Après cet article vous pourrez dire aux conducteurs de SUV et autres buveurs d’eau en bouteille que ce genre de réflexion ne fait rien bouger…

Nous pouvons faire des efforts et c’est justement grâce à ces efforts que les industriels vendant ces produits changeront de mentalité et évoluons donc, par exemple, sur le mode d’emballage. Prenons un exemple simple d’un plat que tout le monde connaît : les spaghettis Carbonara.

Figure 6 : Photo de spaghetti carbonara
Source : un très bon cuisinier (mai 2020)

Liste des ingrédients :

  • Pâtes
  • Lardons
  • Fromage râpé
  • Crème (pour nos amis Italiens, nous n’avons pas choisi la vraie recette à base d’œuf, mais la bonne recette à base de crème fraîche)

Pour les pâtes : il existe depuis peu la possibilité d’acheter en vrac, c’est-à-dire, sans emballage. Si vous n’êtes friand de ce genre de chose et que vous souhaitez acheter des pâtes emballées, privilégiez les emballages cartons (type Barilla) plutôt que les sachets plastiques. La dernière solution (et de loin la meilleure est la moins cher) faites vos pâtes vous-même !

Pour les lardons : abandonnez l’emballage plastique, qui au final n’est remplis qu’à ⅓ de lardons et à ⅔ de vides et privilégiez de la poitrine de porc à découper vous-même. Certes c’est plus cher, mais beaucoup plus savoureux et tellement meilleur pour la planète.

Pour le fromage : stop au parmesan, gruyère et autres comtés préparé, vous valez mieux que ça ! Achetez plutôt le fromage chez votre fromager et râpez-le-vous mêmes, Vous ferez d’une pierre 2 coups, pour la planète et pour le sourire de votre fromager qui emballe dans du papier.

Pour la crème : cela reste le plus compliqué, si votre fromager en vend, c’est le moment de le faire sourire une deuxième fois, sinon privilégier les emballages 100 % carton ou 100% plastiques recyclable.

Il y a des solutions à tout et ce ne sont pas forcément plus chers Il suffit de le vouloir.

Références

7 grandes victoires dans la lutte contre le plastique en 2018 https://www.globalcitizen.org/fr/content/wins-fight-against-plastic/ (Global Citizen 2018)

Accord historique à l’ONU : 186 pays se sont mis d’accord sur une réglementation pour lutter contre la pollution plastique https://www.globalcitizen.org/fr/content/united-nations-plastic-waste/ (Global Citizen 2019)

Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic (Scientific Report), 2018, https://www.nature.com/articles/s41598-018-22939-w (Nature 2018)

Le plastique en débat http://lemonteil.free.fr/dp/file/lesplastiquesendebat_lemonteil.pdf (Le Monteil 2012)

Le plastique en 10 graphiques https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/la-crise-du-plastique-en-dix-graphiques-1181798 (Les Echos 2020)

Plastique et santé : les coûts cachés d’une planète plastique https://www.ciel.org/wp-content/uploads/2019/03/Plastic-Health-French.pdf (Ciel 2019)

Un continent de plastique bien plus grand que prévu https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-continent-plastique-bien-plus-grand-prevu-70644/ (Futura-Science 2018)

En quoi le pergélisol est-il impacté par l’activité humaine?

Par Lucie Peyrache & Maëlys Piat, étudiant ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #pergélisol #permafrost #changement climatique #crise environnementale #activités humaines

Dans un monde en perpétuelle évolution, l’humanité a dû apprendre à constamment s’adapter et à trouver de nouvelles solutions à des défis toujours plus complexes. Par tous les moyens, l’Homme cherche à garder un contrôle sur son environnement, rendu presque impossible en raison des multiples dégâts occasionnés avec le temps. On pourrait citer par exemple le déluge du Saugenay en 1996 (Bleau 2002) ou la tempête de verglas au Canada en janvier 1998 (Bednarz 2017), pour démontrer que, dans la société moderne, efficacité et productivité priment sur la protection du climat. Par ailleurs, l’industrialisation des entreprises, l’agriculture intensive ou encore l’augmentation des transports perturbent la variabilité naturelle du climat et la fragilise grandement, ce qui engendre de nombreuses conséquences, comme par exemple la fonte du pergélisol (ou permafrost en anglais).

Qu’est-ce que le pergélisol ?

De plus en plus, nous entendons parler du pergélisol, terme utilisé pour décrire les sous-sols gelés en permanence dans les régions alpines, arctiques et antarctiques. Ce qui intéresse et inquiète les scientifiques sont les modifications de ses formations, de son épaisseur et de sa disparition, qui s’expliquent notamment par le changement climatique. Un réseau mondial de scientifiques s’est alors développé pour étudier le pergélisol, principalement en tant qu’indicateur du réchauffement climatique en s’appuyant sur des mesures de températures, des sondages et des suivis satellitaires selon le site Actu-Environnement (©2003). Alors qu’est-ce que les chercheurs ont-ils trouvé au fil du temps ? Tout d’abord, ils ont pu découper le profil thermique du pergélisol en trois catégories distinctes, comme démontrées sur le schéma ci-dessous (ADAPT 2014).

Figure 1 : Structure du permafrost
Source : ADAPT (2014)

En premier lieu, on peut repérer la couche de surface (“Active Layer” sur la Figure 1). Cette couche supérieure ne dépasse pas les 0°C en été et dégèle régulièrement, ce qui en fait une couche active qui varie selon les saisons. Son épaisseur varie entre quelques dizaines de centimètres dans les terrains arctiques et jusqu’à 7 mètres dans les terrains alpins. En deuxième lieu, on peut repérer la deuxième couche, celle qui ne dégèle jamais, et qui constitue, au sens strict du terme, le pergélisol. L’épaisseur de cette couche (représentée dans la Figure 1 par le nom “Permafrost”) peut varier entre quelques mètres et 30 mètres en fonction de sa localisation. Par ailleurs cette couche ne subit généralement pas les variations annuelles de température de l’air. En dessous de cette couche de pergélisol se trouve le sol non-gelé (“Unfrozen ground”) (Schoeneich & Fabre 2018).

Comme précédemment expliqué, le pergélisol est un indicateur clé pour évaluer le réchauffement climatique, principalement à cause de sa sensibilité aux changements de température. Selon les prédictions du Centre National pour la Recherche Atmosphérique (NCAR), la quantité de pergélisol mondial pourrait diminuer de 50 % d’ici 2050, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que 10 % en 2100 (Novethic 2013). Il est difficile de s’en rendre compte, mais cela représenterait un rejet de plus de 160 milliards de tonnes de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, avec principalement du protoxyde d’azote N2O et du dioxyde de carbone CO2. Cela représenterait une véritable catastrophe environnementale.

Certes ce profil thermique ne pose aucun souci en théorie, mais il commence à poser problème lorsqu’il se met à dégeler. Ces épisodes de dégels, souvent engendrés par l’augmentation de la température terrestre, entraînent non seulement une modification de la couche active qui se traduit par des modifications de la végétation ainsi que des mouvements importants du sol, mais ils présentent aussi un risque pour l’évolution du climat. En outre, selon la prédiction des scientifiques, le pergélisol contient le plus gros réservoir de dioxyde de carbone continental de la planète, plus gros encore que les réservoirs de pétrole, de gaz et de charbon. De plus, selon l’article publié sur le site Novethic (2013), ces sous-sols renferment aussi d’importantes quantités de matières organiques, en partie composées de méthane, un gaz au pouvoir de réchauffement du climat 25 fois supérieur au CO2 (selon le GIEC). Les sous-sols qui se situent en Russie, par exemple, inquiètent de plus en plus les chercheurs, certains estimant qu’ils pourraient constituer à terme une véritable bombe climatique en raison du méthane enfoui dans ses profondeurs. En prenant un autre exemple, le Canada est un des pays les plus concernés avec plus de 40% de son sol recouvert par du pergélisol. La fonte de ce dernier donne régulièrement lieu à de nombreux affaissements de terrain, engendrant des “lacs” que l’on nomme “lac thermokarstiques”, véritables écosystèmes aquatiques très émetteurs de méthane (Actu-Environnement 2018).

Cependant, les surémissions de gaz à effet de serre ne sont pas les seules catastrophes qui sont engendrées par la fonte du pergélisol. En plus de ce cataclysme environnemental, le permafrost abrite de nombreux virus et bactéries de toutes sortes, comme des “virus géants”. Des recherches effectuées durant les 10 dernières années ont démontré l’existence de plusieurs de ces “virus géants”, dont certains datent de plus de 30 000 ans (comme le Mollivirus Sibericum). Le dégel du pergélisol représente alors aussi une véritable menace sanitaire, comme l’explique l’article de Loumé (2020).

Les activités humaines ont-elles un impact sur l’environnement ?

Selon le site Planète Viable écrit par Lefèvre (2013), les activités telles que le prélèvement des ressources, la fabrication de biens, le transport des biens et des personnes, l’agriculture et l’élevage, l’urbanisation, et la production et consommation d’énergie, peuvent être considérées comme ce que l’on nomme des “activités humaines”. Ce sont elles qui sont à l’origine des problèmes environnementaux que nous connaissons aujourd’hui, et qui ont un impact sur la planète ainsi que sur les êtres humains. Par ailleurs, ces impacts sont régulièrement aggravés par d’autres facteurs dits “culturels”. On pourrait citer le comportement social, la croissance de la richesse de certaines populations, les failles de la gouvernance, la croissance démographique et l’innovation technologique (complexification des technologies existantes). Ces impacts environnementaux se manifestent généralement sous la forme de pollution, mais aussi d’épuisement des ressources et de destruction des habitats.

Toutefois, ces impacts ne sont pas indépendants, puisqu’ils génèrent d’autres impacts (par exemple, la pollution contribue à la détérioration des habitats ce qui engendre souvent leur destruction). Les activités humaines ont 3 conséquences directes qui sont à l’origine des crises environnementales. Ces dernières ont des effets locaux autant que globaux et sont regroupées sous le terme de “crise environnementale globale”. Nous pouvons voir sur le schéma ci-dessous (Lefèvre 2013) les liens entre les facteurs culturels aggravants, les activités humaines, leurs impacts directs, la crise environnementale qui en découle et donc ses conséquences sur l’être humain.

Figure 2 : Impact des activités humaines sur l’environnement
Source : Lefèvre (2013)

On peut donc voir sur la Figure 2 que la plupart des crises environnementales sont connectées, ce qui engendre un problème bien plus complexe. Les activités humaines ont également un impact sur l’environnement, ce qui entraîne de nombreuses conséquences, comme l’explique l’article de Lefèvre (2013). Nous pourrions par exemple citer la désertification de nombreuses zones sèches dans le monde (La Rédaction de Futura Planète 2019), la déforestation de nombreuses plantations (FAO 2016), la dégradation de plus en plus flagrante des océans (Messal 2018), la raréfaction de l’ozone stratosphérique (Lefèvre 2013), l’altération de cycles biogéochimiques, l’érosion de diversité biologique (La Rédaction 2019), le réchauffement planétaire, la hausse des océans (Service de la donnée et des études statistiques SDES 2019) ou encore la diminution de la qualité des sols (Molga 2016). Cette liste est bien évidemment non-exhaustive car il existe une multitude d’autres impacts environnementaux, bien plus que nous ne pouvons citer.

Les effets des activités humaines ne font qu’augmenter et leur ampleur ne fait que croître. Il est donc nécessaire d’amorcer des changements sociétaux de grande envergure au plus vite avant que tout cela échappe à tout contrôle.

En quoi impactent-elles le pergélisol ?

Les activités humaines ne sont généralement pas favorables à la protection de l’environnement puisqu’elles l’impactent de façon directe. Parmi les diverses conséquences environnementales listées précédemment, le réchauffement climatique en est une grave, car, par définition, il impacte la température de l’air. Cela n’a l’air de rien, mais nous savons que le pergélisol est très sensible aux changements de température, et que sa fonte est en général causée par ce facteur. Selon Streletskiy et al. (2015), depuis les années 80, l’Arctique voit sa température augmenter deux fois plus que le rythme mondial. Selon Romanovsky et al. (2010), on dénote aussi que les températures du pergélisol en Russie ont augmenté de 0.5 à 2°C entre 1970 et 2009, et les scientifiques prédisent même une augmentation de 20 degrés jusqu’à 2090 (voir Figure 3). Par ailleurs, ces hausses de température interviennent encore plus dans les zones d’activités humaines. Ces changements de température de l’air comme de l’épaisseur de la neige ont grandement influencé sur la dégradation et la fonte du pergélisol (Streletskiy et al. 2015).

Figure 3 : Changement projeté de températures hivernales entre 1985 et 2090
Source : Bourque (2000)

Par nos recherches et selon l’article de Boyer (2019), nous avons pu découvrir en 2019 que suite à la fonte du pergélisol en Arctique, les émissions de protoxyde d’azote avaient atteint en un mois le niveau qui était initialement prévu en un an. Mais ce n’est pas tout. En effet, les chercheurs ont aussi évalué la stabilité du carbone piégé dans les pergélisols des régions polaires comme en Alaska ou en Sibérie et ont pu établir de nombreuses données, comme le fait que ces sols pourraient libérer, au cours des 300 prochaines années cumulées, jusqu’à 10 fois la quantité de gaz carbonique injectée dans l’atmosphère par les activités humaines en 2016 (Boyer 2019).

Pour ce qui est des prévisions, les scientifiques supposent que d’ici 40 à 60 ans, le pergélisol en Arctique deviendra une véritable source permanente de CO2. De plus, au fur mesure que celui-ci fond, il pourrait relâcher jusqu’à 1.700 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère (en plus des émissions de méthane) ce qui représente deux fois plus de dioxyde de carbone que n’en contient actuellement l’atmosphère terrestre (Boyer 2019). Pour essayer de réduire et de pallier ces prédictions catastrophiques, l’humanité se doit de s’adapter. Nous pourrions donc développer des exemples concrets mis en place pour éviter la fonte du pergélisol. Prenons des exemples qui se sont passés au Canada depuis les années 2000. D’après l’article de Harris (2010), le pergélisol représente près de 50% de la surface du Canada et il est nécessaire pour les habitants de s’adapter à l’environnement pour éviter toutes conséquences graves comme des affaissements de terrain ou des rejets de méthane ou de CO2. Par conséquent, de nombreuses solutions ont été mises en place, comme la création de “couches isolantes” sur les routes ou les aéroports pour éviter le réchauffement du sol, ou la construction d’habitations sur des piliers pour laisser suffisamment d’air entre le sol et les bâtiments pour éviter de réchauffer le sol (et donc le pergélisol) (Harris 2010).

Conclusion

Par cette étude nous avons pu voir que le pergélisol était en partie impacté par les activités humaines. Cependant et selon les prédictions des chercheurs et scientifiques, cela peut engendrer des conséquences néfastes pour l’avenir. Comme l’avertit Thomas Gasser, chercheur à l’IIASA : “Il existe le danger que, plus nous allions de l’avant, plus nous risquions de déclencher des phénomènes que nous ne comprenons pas” (Gasser 2018). Alors, nous pourrions nous demander s’il n’existe pas de solutions pour pallier ces risques aujourd’hui, afin d’assurer le monde de demain.

Afin de ralentir ou d’éliminer l’avancée des changements climatiques, nous pourrions penser, par exemple d’après Bourque (2000), à la réduction des émissions de gaz à effet de serre directement à la source. Malgré que certaines mesures telles que le protocole de Kyoto aient été mises en place, elles ne font que “retarder” les changements climatiques de plusieurs années (seulement de 15 à 20 ans). Bien qu’un certain nombre soit déjà en vigueur, sont-elles réellement suffisantes pour pallier cette avancée et si non, quelles nouvelles mesures l’Homme pourrait-il mettre en place ?

Références

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Fast-Fashion : Et si la planète changeait de look aussi vite que nous?

Par Élise Hildenbrand & Félix Koegler, étudiants ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #Fast-Fashion #Industrie textile #Surconsommation #Pollution

Une consommation à l’image du PIB

Dans une société où la consommation ne fait qu’augmenter, l’industrie du textile fait partie intégrante des excès de cette consommation (Le Monde 2020). En France, la consommation des ménages suit étroitement la tendance du PIB par habitant en croissance (Figure 1). Effectivement, cela semble logique car si les personnes ont plus de ressources, elles peuvent naturellement satisfaire plus de besoins, ce qui se traduit par une augmentation de la consommation.

Consommation des ménages par rapport au PIB par habitant en France
Sources : Banque Mondiale (2019) ; INSEE (2018) [Réalisé par les auteurs]

L’industrie textile profite pleinement de cette société de consommation. A l’instar des Fast-Food, les géants du vêtement suivent un nouveau business model : la Fast-Fashion (Le Monde 2020).

La Fast-Fashion : des quantités accrues et renouvelées très rapidement

Le terme Fast-Fashion tend à décrire un renouvellement très rapide des vêtements et des styles proposés à la vente (Brooks 2015).

Si on remonte quelques années en avant, en 1980, l’industrie textile était basée sur une production de masse à bas coût de vêtements standardisés. La société semblait porter moins d’importance à la mode qu’aujourd’hui. L’apparition de vêtements plus stylés a eu pour conséquence une baisse de la demande pour les biens dits standards.

Ainsi, la mode a été considérée comme quelque chose de volatile ou a minima cyclique. Les industriels se sont donc adaptés en créant l’existence de saisons dans leur gamme de vêtements (Bhardwaj & Fairhurst 2010).

Par la suite, les acteurs du marché ont eu la volonté de répondre toujours plus rapidement aux nouvelles modes. Cela a donc créé une expansion du nombre de saisons proposé par année. Nous sommes alors passés de deux saisons par an à six voir même huit. Pire, ZARA (dont le cas sera détaillé par la suite) propose 12 000 vêtements différents par an (Solène Martin 2017).

Cette volonté de créer des saisons a donc eu pour conséquence un glissement de la logique de production de masse vers des productions de lots beaucoup plus réduits.

Si, à première vue, produire en petite quantité n’est pas ce qui semble être le plus rentable, cela apporte tout de même plusieurs avantages. Premièrement, ces petites quantités permettent aux géants du Fast-Fashion de ne pas réellement se soucier d’éventuelles erreurs d’appréciation des tendances. Par ailleurs, et côté client cette fois-ci, ces quantités très limitées procurent une sensation d’exclusivité, ne faisant alors que renforcer l’envie d’acheter – continuellement – des habits que seul un petit nombre de personnes pourra acquérir (LinkedIn 2018).

De plus, et grâce à la mondialisation, la production de petites séries et à bas coûts est devenue possible. Les géants du prêt à porter font alors produire les vêtements dans des pays où la main d’œuvre n’est pas chère (Le Monde 2020).

Par ailleurs, le développement du digital et des ventes en ligne ne fait qu’accélérer le processus. Par exemple, entre 2000 et 2014, la vente d’habits a doublé ; passant de 50 à 100 milliards d’unités vendues dans le monde (Ellen MacArthur Foundation 2017). Il est intéressant de noter que, comme pour la consommation générale, cette augmentation du nombre de vêtements consommés par personne n’est pas sans rapport avec l’augmentation du PIB par habitant. Par exemple, aux Etats-Unis, nous pouvons voir que la consommation d’habits suit la tendance du PIB par habitant (Figure 2).

Consommation annuelle moyenne de vêtements par Nord-Américain (USA) comparée au PIB par habitant
Sources : Banque Mondiale (2019) ; The Atlas (2018) [Réalisé par les auteurs]

La Fast-Fashion est incarnée par la célèbre marque Zara. En effet, c’est l’une des pionnières en la matière et elle fait figure d’exemple pour toutes les enseignes de Fast-Fashion.

L’histoire de Zara commence en 1963, lorsque que Amancio Ortega, le fondateur de l’enseigne ouvre son entreprise « Confecciones Goa ». Il a alors pour but de révolutionner le monde de la mode en proposant des vêtements tendances et à bas coût. Pour baisser le prix, il cherche à réduire les intermédiaires et internalise sa production.

La première boutique « Zara » ouvre en 1975 à La Corogne en Espagne. Au vu de son succès, dès 1988 la marque s’installe au Portugal puis à New-York l’année d’après (Entreprendre 2017). Aujourd’hui, Zara possède 2 131 boutiques dans le monde et fait partie du groupe Inditex, leader du marché qui ne comptabilise pas moins de 7 490 boutiques dans le monde au total (Statista 2019).

Zara propose des vêtements qui s’inspirent des grandes marques de luxe à des prix abordables. De plus les collections sont renouvelées très fréquemment. Ainsi, contrairement à des marques classiques qui renouvellent leurs collections deux à quatre fois par an, Zara renouvelle 40% de sa collection chaque semaine ! Cela est favorisé par une très bonne structure logistique (Entreprendre 2017). Aujourd’hui, le groupe Inditex possède un chiffre d’affaires de plus de 26,15 milliards d’euros (Boursorama 2020).

L’industrie textile : 10 000 litres d’eau et une fois et demie le tour de la Terre pour la production d’un jean, six fois la quantité de déchets plastiques du 7ème continent

Comme évoqué dans la partie précédente, la Fast-Fashion augmente la consommation de vêtements. Il n’est pas sans rappeler qu’en moins de deux décennies (2000-2014), le nombre de vêtements vendus a été multiplié par deux (Le Monde 2020). Mais, quels sont les impacts de cette industrie sur l’environnement ? Avant d’aller plus loin, il semble intéressant de suivre le chemin d’un jean entre sa production jusqu’à son achat.

La Fast-Fashion utilise la mondialisation à outrance, ainsi un vêtement parcourt le monde entier lors de sa production. L’impact écologique de la Fast-Fashion peut être illustré avec l’exemple d’un vêtement standard de notre garde-robe : le jean. Il s’en vend 2,3 milliards dans le monde tous les ans, et 92,5 millions en France (Planétoscope 2013). Cependant, un jean est un vêtement dont la production représente un impact environnemental très fort. Le trajet d’un jean depuis sa production jusqu’à son arrivée dans les rayons des grandes enseignes de mode illustre cet impact. Une ville chinoise a fait de la toile de jean sa spécialité : Xintang. Un jean vendu dans le monde sur trois provient de cette ville, ce qui lui vaut le surnom de « capitale du jean » (Brut 2019, Courrier International 2011). Finalement, comme nous pouvons le voir sur les documents ci-après (Figures 3 et 4), pour être créé, le jean parcourt le monde. Lorsqu’il arrive dans les boutiques, le jean a déjà parcouru plus de 63000 km soit une fois et demie le tour de la terre. Il a par ailleurs aussi utilisé plus de 10 000 litres d’eau et de nombreux produits toxiques (Brut 2019, Ça m’intéresse 2020, Ademe 2019).

Parcours de la fabrication d’un jean
Source : Brut (2019) [Réalisé par les auteurs]
Le trajet d’un jean : une fois et demie le tour de la Terre
Sources : Ademe (2018), Brut (2019), Courrier International (2011), Je consomme responsable (2013), Statista (2019) [Réalisé par les auteurs]

De plus, l’industrie textile est très polluante. Comme nous pouvons le voir sur le graphique ci-dessous, 70% des vêtements sont fabriqués à partir de polyester, un dérivé du pétrole. C’est d’ailleurs depuis l’arrivée de la Fast-Fashion dans les années 2000 que la part de vêtements fabriqués à base de Polyester a explosé (Figure 5).

Parts de l’utilisation des matériaux textiles
Source : Greenpeace (2016)

En plus de provenir d’une ressource fossile limitée, cette matière provoque également la pollution des eaux. Effectivement, cette matière relâche des microfibres plastiques à chaque lavage. On estime à 500 000 tonnes la masse de ces microfibres plastiques relâchées dans les océans chaque année (Ademe 2018, 2019).

Cela représente plus de 6 fois la quantité de déchets plastiques formant le 7ème continent. Nous qui étions déjà stupéfaits de savoir qu’un continent de plastique, trois fois plus grand que la France flottait dans les eaux du pacifique… Pour ce qui est des autres matières, les impacts sont moindres mais significatifs tout de même. Le coton, représentant 25% de la production de fibre textile, implique l’utilisation de pesticides durant sa culture. Cette utilisation ne représente pas moins de 16% des pesticides utilisés à l’échelle mondiale. De plus, l’utilisation d’engrais est aussi nécessaire et représente 4% de l’utilisation mondiale. Ces produits nocifs s’infiltrent ensuite dans les nappes phréatiques favorisant alors la prolifération d’algues au détriment d’autres espèces marines (Ademe 2019, CTB 2011).

Les autres matières de type viscose ou lyocell nécessitent aussi l’utilisation de produits chimiques très toxiques. On notera l’utilisation d’hydroxyde de sodium, d’acide sulfurique et surtout de disulfure de carbone. Ces substances pouvant causer de graves maladies (Ademe 2019).

En outre les matières premières, la teinture des fibres est aussi très polluante. L’utilisation de plusieurs substances toxiques pour teindre les vêtements engendre, lors du lavage de ces derniers, pas moins de 20% de la pollution des eaux mondiales. Elle pollue aussi beaucoup les rivières des villes produisant la toile de jean, ce qui représente un risque sanitaire indéniable pour la population (Ademe 2019).

Pour couronner le tout, la pollution de l’air est aussi présente. Effectivement, entre la fabrication, les transports et la logistique ainsi que l’usage des vêtements (nettoyage, séchage, fer à repasser etc.), l’industrie textile émet entre 2 et 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre par an (Ellen MacArthur Foundation 2017, Ademe 2018, Greenpeace 2016).

Néanmoins, l’industrie de textile ne fait pas que polluer ; elle consomme aussi plusieurs ressources.

Premièrement, toutes les substances chimiques utilisées impliquaient en 2015 l’utilisation de 98 millions de tonnes de pétrole. En effet, la production de fibres textiles ainsi que sa coloration et ses finitions sont très gourmandes en pétrole. De même, les engrais utilisés pour la culture de coton sont synthétisés à partir de dérivés de pétrole (Ellen MacArthur Foundation 2017).

Par ailleurs, la fabrication de vêtements consomme beaucoup d’eau. Rien que pour fabriquer un tee-shirt il faut compter 2700 litres d’eau. Encore pire, un jean nécessite entre 7000 et 11 000 litres d’eau. Ainsi, l’industrie du textile consomme 4% de l’eau potable disponible sur terre. Une fois dans nos dressings, ces vêtements sont encore grands consommateurs d’eau ; il faut les laver. C’est ainsi que les foyers français ne consomment pas moins de 14 000L d’eau par an pour laver leurs vêtements. Cela représente environ 12% de l’eau consommée par le foyer en un an (Ademe 2018,2019).

De plus, l’utilisation de l’électricité est aussi à prendre en compte. Effectivement, il semble logique que la consommation d’électricité ait un lien étroit avec la production.

Même si la consommation électrique engendrée par la production de la Fast-Fashion est difficile à définir, nous pouvons tout de même noter que 5% de la note d’électricité des foyers français sont consacrés uniquement au fonctionnement de la machine à laver (Total Direct Energie 2019). Du côté éthique, une fois encore l’industrie du textile est responsable de plusieurs problèmes. La santé des personnes est la première touchée par cette industrie. Effectivement, les agents chimiques utilisés pour produire, colorer ou même encore vieillir (car oui, on veut acheter des vêtement neufs, mais pas trop), sont, pour beaucoup d’entre eux, nocifs pour la santé (Ademe 2018).

Par ailleurs, et comme vu précédemment, la consommation mondiale a doublé en moins de 15 ans. Cependant, la capacité de production des infrastructures n’a pas forcément pu suivre le même chemin. Ainsi cela oblige certains travailleurs à être surexploités et mène à des accidents industriels fréquents. Par exemple au Bangladesh, 579 personnes sont mortes dans des incendies d’usine entre 2009 et 2013 (Ademe 2018).

On peut aussi parler des animaux qui ne sont pas laissés pour compte. L’utilisation de matière animale pour la confection de vêtements ne représente qu’une petite partie de la production, néanmoins les animaux vivent souvent dans des conditions difficiles. Par exemple, l’Australie élève des moutons de manière intensive. Cela en fait le premier producteur de laine au monde (Ademe 2018). Par ailleurs, les vêtements se consomment de plus en plus vite. Même si en Europe cela reste stable, le nombre de fois qu’un vêtement est porté avant de finir à la poubelle dans le monde diminue au fil du temps (Ellen MacArthur Foundation 2017).

Nombre de fois moyen qu’un vêtement est porté avant d’être jeté (en incluant la réutilisation)
Source : Ellen MacArthur Foundation 2017

Ainsi, 73% des vêtements finissent à la poubelle même si certains d’entre eux sont encore utilisables. Les habits encore utilisables jetés représentent une perte d’environ 460 milliards de dollars par an (Ellen MacArthur Foundation 2017).

Et demain ? Que fait-on ?

Finalement, après avoir découvert tous ces éléments, une question se pose : Et si la planète s’habillait de façon plus responsable ?

Bien que nous ayons déjà plus ou moins entendu parlé du sujet, nous ne nous attendions pas à de telles révélations. En effet, en tant qu’étudiants, il est fréquent pour nous de nous fournir dans les grandes enseignes telles que H&M et Zara. Cette réflexion nous a ouvert les yeux et nous montre que le changement vers un mode de vie plus responsable pour l’environnement ne se réduit pas au fait de faire attention à notre consommation énergétique ou à nos modes de transport. Heureusement, face à cette industrie très polluante, plusieurs solutions sont possibles. Premièrement, un programme « détox » a été mis en place par Greenpeace afin de dénoncer l’usage de produits chimiques nocifs par les producteurs de vêtements ainsi que la pollution des cours d’eau qu’il engendre. Grâce à cela, 80 enseignes ont signé une charte en 2011 s’engageant à réduire leur impact environnemental, parmi elles figurent par exemple Inditex (Zara), H&M, C&A (Greenpeace 2018). Par ailleurs, de plus en plus de solutions pour réutiliser ou recycler les vêtements existent. On peut citer par exemple l’application Vinted qui permet aux utilisateurs d’acheter et revendre des vêtements d’occasion (Vinted 2020).

Références

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Le poids des habitudes de consommation de la ressource électrique au sein des foyers et des entreprises

Par Matthieu Baris & Marine Ferreres, étudiants ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #Habitudes, #énergie électrique, #consommation, #économie d’énergie

D’après le ministère de la Transition Écologique et Solidaire (France 2019), le résidentiel représente 37% de la consommation finale d’électricité, devant le tertiaire (32%) et l’industrie (27%). Ces valeurs comparées à d’autres pays caractéristiques dans l’Union Européenne donnent une dimension plus vivante de la consommation d’électricité en France. L’étude compare la France à l’Allemagne – étant son voisin et quelque peu semblable -, à la Finlande – ayant un climat plus polaire – et à l’Espagne – ayant un climat proche mais tout de même plus chaud. En se référant à la Figure 1, ces différences de températures influent sensiblement sur la consommation de chacun de ces pays. En France l’augmentation de la consommation est estimée à 2400 MW/°C, bien plus que nos voisins européens. Cette augmentation montre l’importance des températures dans la consommation électrique des français (Fournisseurs-électricité.com 2020).

Consommation d’électricité – kWh/personne
Source : Perspective monde (2020)

Depuis les années 1960, la consommation d’électricité n’a cessé de croître. Il est irréfutable que l’industrialisation, l’utilisation croissante du chauffage électrique ainsi que l’arrivée des appareils numériques, plus particulièrement encore leur développement et leur adoption quasi unanime y sont pour quelque chose. Il est vrai que les réglementations énergivores ont évoluées permettant de réduire la consommation ainsi que l’impact environnemental qui leur sont liées. Toutefois, les durées d’utilisation de ces appareils se sont radicalement amplifiées impactant directement la consommation électrique. Lorsque la consommation d’électricité est évoquée à la population, un lien est directement établi avec la notion d’argent, de facture, de budget. Cependant, la consommation électrique c’est avant toute chose une question d’émission de gaz à effet de serre. Depuis 2010, la consommation électrique est relativement stable en France. L’efficacité énergétique des équipements, suivant des lois bien établies, conforte cette stabilisation. Deux grandeurs sont considérées lorsque la consommation électrique est abordée : la consommation brute et la consommation corrigée des aléas météorologiques (en excluant le secteur de l’énergie). La consommation brute est corrigée afin d’observer les évolutions structurelles, d’une année à l’autre, de manière plus tangible. En effet, la consommation électrique est une grandeur sensible à la température. En hiver avec l’utilisation de chauffages électriques, la consommation est d’autant plus forte et à contrario en été c’est la climatisation qui en est la cause. Du point de vue de l’Europe, la France est le pays le plus thermosensible.

Consommation électrique française du secteur résidentiel – Moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de références pour une période type de juillet à juin
Source :  RTE (2019)
Consommation électrique française des secteurs tertiaire, agricole et des transports – Moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de références pour une période type de juillet à juin
Source :  RTE (2019)

Cet article tend à démontrer que les habitudes de vie représentent une part importante à ne pas négliger et au contraire à prendre en main pour réduire notre empreinte carbone.

L’impact des habitudes d’économie d’énergie (comportement de l’individu pour économiser de l’énergie) par rapport à d’autres méthodes plus complexes (ex : bâtiments basse consommation)

D’après l’étude de Zahirah Mokhtar Azizi et al. (2019), l’industrie liée à la construction est amenée à croître de 3,6% par an entre 2018 et 2022. Le développement de nouveaux bâtiments va fatalement créer de nouvelles demandes en énergie.

Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 20% des émissions en France, c’est donc une grande opportunité de réduire l’empreinte énergétique du pays via des changements d’habitudes de consommation. Cependant, le manque d’investissement financier vis-à-vis de ces bâtiments rend la tâche plus dure, il faut en effet de grandes qualités managériales et de leadership pour convaincre les différents occupants d’adopter des habitudes d’économie d’énergie sans résultats financiers directs.

Plusieurs acteurs du secteur ont opté pour une approche différente en construisant des bâtiments spécialement conçus pour l’efficience énergétique. Cependant, cette stratégie comporte deux inconvénients majeurs :

  • Le coût de production de tels bâtiments est très élevé
  • Les bâtiments équipés de technologies d’économie d’énergie sont constamment sous performés de l’ordre de 30 à 100% vis-à-vis de la cible initiale à cause des habitudes de consommations énergétiques des occupants.  

On considère que 21 % d’économie d’énergie peuvent être réalisés en changeant les habitudes des occupants, sans coûts additionnels.

Économies budgétaires réalisées grâce à la construction de bâtiments écologiques
Source : Degrigny (2008)

Une fois ces chiffres établis, il est nécessaire de comprendre comment se forme ces habitudes.

Les habitudes d’économies d’énergie peuvent être rangées dans deux catégories : réduire sa consommation d’énergies en changeant ses activités quotidiennes et investir dans des technologies efficientes énergétiquement. Uniquement la première catégorie sera traitée.

Le défi est de remplacer les anciennes habitudes par de nouvelles. Une méthode commune pour y arriver est d’introduire des leaders de l’énergie qui appliquent des récompenses, des pénalités et des échanges sur l’usage de l’énergie. L’utilisation de leaders permet de modifier le comportement des normes sociales. Elle s’est avérée efficace pour réduire la consommation d’énergie. De plus, les incitations basées sur des récompenses financières se sont montrées efficaces même après la fin du système de récompense.

Depuis la réglementation thermique de l’année 2012, la part de chauffage électrique à effet Joule est divisé par trois dans le résidentiel neuf par rapport à 2008. Cela est de nature à modérer la thermo-sensibilité dans le futur. Cependant, les logements neufs ne représentant qu’une très faible partie du parc de logements (environ 1%), cette évolution ne peut être visible qu’à long terme (RTE, 2016). Il est également à considérer que le chauffage est le 1er poste de dépense de ménages en matière d’énergie.

Depuis 1992, les équipements nécessitant la ressource électrique sont classés avec des étiquettes énergétiques en suivant une échelle de A+++ à D ou G. Ce classement est exigé par la loi européenne 92/75/CEE. Cette étiquette base ses notes selon différents critères : les performances énergétiques, l’impact environnemental, la capacité à consommer de l’eau, à émettre des gaz à effet de serre, etc. Pour donner un ordre de grandeur, les appareils appartenant à la classe A+++ sont 20 à 50% plus performants d’un point de vue énergétique que ceux de la classe A+ (Fournisseurs-électricité.com 2019). L’arrivée de ces étiquettes a permis à la population d’avoir un repère énergétique lors de leurs choix d’achats.

Le principe d’étiquetage énergétique est aussi appliqué aux habitations depuis 2006. A l’étiquette énergie s’ajoute l’étiquette climat qui évalue la quantité de gaz à effet de serre émise, ceci afin d’avoir une évaluation globale de la performance énergétique de l’habitat.

Pour changer le comportement des occupants il est d’abord essentiel de comprendre les motivations qui animent les sujets.

Comment se construit une habitude en général et quelles sont les méthodes pour les changer ?

En 1960, Maxwell Maltz, chirurgien plastique, a publié une citation ainsi que d’autres réflexions concernant le changement de comportement. Après avoir étudié les comportements de son entourage, il en était venu à déclarer que : “Tous ces phénomènes observés chez la plupart des gens semblent indiquer que l’on a besoin d’au minimum 21 jours pour faire disparaître une vieille image mentale et en créer une nouvelle » (Clear 2016). Cependant en 2009, la chercheuse Philippa Lally réfute cette théorie et rétorque qu’un nouveau comportement prendrait en moyenne 66 jours pour être automatique. En effet, la période peut varier selon plusieurs facteurs : le comportement, la personne mais aussi les circonstances (Clear 2016).

Une habitude se créée à la suite d’une boucle – processus en 3 parties. La première partie est le déclencheur, la deuxième est la routine et enfin la dernière est la récompense. Les habitudes sont souvent formées sans intention consciente, The Power of Habit, Charles Duhigg (Clear 2016). Des chercheurs ont trouvé qu’une grande partie des comportements humains sont dictés par les habitudes, la part des habitudes dans le comportement humain est estimée à 40%.

Différentes méthodes existantes pour changer une habitude vont désormais être présentées. Une étude menée par Staddon et al. (2016) définit plusieurs manières d’influer sur le changement de comportement dans les pratiques d’économie d’énergie. Neuf types de stratégies d’intervention ont été élaborées, dont l’éducation, la persuasion, l’incitation, la restructuration de l’environnement, la modélisation, l’habilitation, la coercition, la formation et la restriction. Ces neuf stratégies se basent sur la roue du changement de comportement (Behaviour Change Wheel -BCW) créée par Susan Michie, Lou Atkins et Robert West.

Behaviour Change Wheel -BCW
Source :  Staddon et al. (2016)

Cet outil permet d’identifier les sources d’un comportement et de déterminer les méthodes adéquates ainsi que la politique à mettre en œuvre pour influencer et changer ces comportements. Suite à cette analyse, trois méthodes sont ressorties plus efficaces que les autres vis-à-vis de l’économie d’énergie en entreprise à savoir l’habilitation, la restructuration de l’environnement et la modélisation.

La restructuration environnementale est définie comme l’application de changements au contexte dans lequel le comportement se produit, soit par des altérations physiques, soit par des réformes sociales au sein de l’organisation. Parmi les exemples de restructuration environnementale, on peut citer la modernisation des bâtiments grâce à des technologies à haut rendement énergétique et à l’automatisation, la fourniture d’un retour d’information sur la consommation d’énergie et l’installation de panneaux et d’affiches. Des études utilisant la restructuration environnementale comme stratégie d’intervention ont démontré des économies d’énergie réalisées de l’ordre de 20 à 50 %. Si l’environnement est pro environnemental, le sujet développera inconsciemment des comportements pro-environnementaux. La restructuration environnementale permet aussi de montrer les objectifs énergétiques de l’organisation qui met ce système en place et ainsi motiver les occupants du bâtiment à agir.

La modélisation est le fait d’utiliser un modèle ou une comparaison sociale pour influencer le sujet. La présence d’un collègue modèle ou le fait de mettre les sujets en compétition permet de créer un point de référence, encourageant les comportements d’économie d’énergie. L’utilisation de la modélisation sur le long terme permet la facilitation d’apprentissage par imitation jusqu’à ce que le comportement devienne une norme acceptée. L’habilitation vise à créer des possibilités de comportements économes en énergie en augmentant les moyens et en supprimant les obstacles sur le lieu de travail. Cette stratégie consiste à donner plus de responsabilité et de contrôle aux sujets via la mise en place par exemple d’un tableau de bord électronique pour le contrôle à distance des appareils. Avec un plus grand contrôle sur leur consommation, les sujets sont plus responsables et attentifs à leurs dépenses. Cependant, cette méthode risque de donner lieu à des abus d’énergie en raison de l’ignorance et de la méconnaissance des occupants. Il convient donc de l’utiliser en parallèle à de la formation.

Méthodes d’économie d’énergie en entreprise  
Source : Staddon et al. (2016)

Maintenant que les méthodes permettant de changer d’habitudes sont plus claires, nous pouvons nous intéresser aux différents comportements à adopter et leurs impacts.

Quelles habitudes sont bonnes à prendre et quels sont leurs impacts?

Depuis 2016, la France assiste à une baisse de la consommation des foyers. Deux facteurs permettent d’expliquer cette baisse de consommation d’énergie électrique dans les foyers en 2019 : les températures ont été plus douces et la tendance de la croissance économique et démographique est à la baisse. Parmi les plus grands consommateurs on retrouve les familles et/ou habitants de maisons avec un équipement en appareils électroménagers puissants (Fournisseurs-électricité.com 2020).

Consommation d’électricité par foyer en France
Calculs des auteurs : La base des calculs provient de la consommation électrique totale française. Ensuite nous avons calculé, à l’aide de la part du résidentiel, la consommation totale des foyers. En se basant ensuite sur le nombre de sites éligibles, nous avons calculé, encore une fois grâce à la part du résidentiel, le nombre réel de foyers desservis. Puis nous avons divisé la consommation totale du résidentiel par le nombre de foyers desservis et présenter les calculs en kWh/foyer français.
Sources : CRE (2016., 2017., 2018., 2019., 2020)

La Figure 8 indique le mix énergétique de la production d’électricité en France et met en avant les émissions de CO2 par foyer en 2019. L’électricité produite par le gaz représentant un pourcentage assez faible de 7,20%, a le taux de rejet en carbone le plus élevé (159,81 kg de CO2). A contrario, l’électricité produite avec le nucléaire représentant le pourcentage le plus élevé avec 70,60%, émet en quantité plus faible (38,38 kg de CO2) que le gaz si nous faisions le ratio. En effet si chacune de ces filières produisait l’intégralité de l’électricité nous aurions un rejet en CO2 de 54,36 kg pour le nucléaire contre 2219,58 kg pour le gaz.

Mix énergétique de la production d’électricité en France – pour un foyer en 2019
Calculs des auteurs : Nous avons tout d’abord cherché le pourcentage des différentes sources de production électrique en France pour ensuite pondérer la consommation moyenne d’un foyer. Avec ces pondérations nous avons pu les multiplier aux rejets carbones de chaque source de production et enfin trouver les émissions totales de CO2 en kg/foyer.
Sources : RTE (2019), GIEC (2018) et Picbleu (2020)

La Figure 9 quant à elle, expose le mix énergétique ainsi que le total de rejet de CO2 ramené à un foyer français en 2019. Nous soulevons sur la Figure 9 qu’un foyer rejette en moyenne 252,73 kg de CO2 par an. Ce qui représente 8 513 859,2 t pour l’ensemble du secteur résidentiel.

Mix énergétique électrique en France et Rejet en CO2 en kg par foyer en 2019
 Calculs des auteurs : Même raisonnement que pour la Figure 8
Sources : RTE (2019), GIEC (2018) et Picbleu (2020)  

Pour mieux comprendre d’où provient la consommation électrique d’un foyer en 2019 consultons la Figure 10 ci-dessous :

Répartition des usages de l’électricité par les ménages (en moyenne en France)
Source : Ademe (2019)

La suite de l’étude sera exposée en ordre décroissant de la part des usages de l’électricité par les ménages représentée ci-dessus:

1. Chauffage

Le chauffage et l’eau chaude représentent près de 75% des dépenses d’énergie d’un foyer et 40,4% de sa consommation électrique. Pour influer sur la consommation d’électricité, il est pertinent d’avoir un logement avec une bonne isolation thermique, ce qui empêchera les déperditions thermiques. Cependant il y a également des comportements et habitudes à adopter pour renforcer ces changements comme :

  • L’entretien des équipements,
  • Privilégier la bouilloire plutôt que les casseroles pour faire bouillir de l’eau,
  • Et la favorisation des douches aux bains (Fournisseurs-électricité.com 2020).

Pour réduire la facture et également l’empreinte carbone, il est recommandé d’appliquer des températures spécifiques dans chaque pièce de la maison : 19° dans les pièces à vivre, entre 16 et 18° pour la chambre à coucher d’un adulte, 18° pour celle d’un enfant et 21 à 22° pour la salle de bain.

Important :  1 degré de moins représente une baisse de 7% de la consommation annuelle (L’énergie tout compris.fr 2015). 

2. Froid et lavage

Le froid et lavage représentent en 2019 18,5% des usages de l’électricité d’un foyer. Ainsi, les habitudes à adopter pour le froid et le lavage sont les suivantes:

  • Décongeler les aliments dans le réfrigérateur : le froid émis par les aliments congelés rafraichira les autres produits présents dans le réfrigérateur, ce qui entraînera une baisse de la consommation d’électricité de l’appareil.
  • Dégivrer le congélateur : quand le givre atteint 3mm d’épaisseur, l’appareil peut augmenter sa consommation d’électricité de 30%.
  • Si la vaisselle n’est pas très sale, il est intéressant de faire tourner le lave-vaisselle sur le programme éco permettant de réduire la consommation d’électricité de 25% grâce à un lavage avec une eau moins chaude.
  • Lancer le lave-vaisselle et la machine à laver uniquement lorsqu’ils sont pleins. Si la quantité de vaisselle n’est pas suffisante, faire tourner les appareils en demi-charge permet de ne laver la vaisselle que d’un étage – de même pour la machine à laver.
  • Le pré-lavage pour la machine à laver n’est pas nécessaire pour un linge n’étant pas excessivement sale (sans taches incrustées : herbe, vin, etc.).
  • Privilégier des lavages à basses températures. Un lavage à 30°C consomme 3 fois moins d’énergie qu’un lavage à 90°C et un lavage à froid consomme 2 fois moins qu’un lavage à 40°C.
  • Préférer les modèles de sèches linge à évacuation à ceux à condensation, qui consomment 10 à 20% plus.

La consommation annuelle moyenne d’un ménage pour les usages domestiques est estimée à 4530 kWh en 2019. Cette consommation serait divisée par deux pour un ménage qui ne compterait que des équipements performants (classe A+++).

3. Multimédia

Concernant les appareils multimédias, le mot d’ordre est de bannir le mode veille, c’est-à-dire éteindre la prise complète ou débrancher l’appareil. Il s’agit également d’éteindre les appareils laissés allumés inutilement, ceux qui ne sont pas utilisés. En effet, laisser en veille les appareils multimédias impact inconsciemment la consommation énergétique. Notons que :

  • Les téléviseurs à écran LCD consomment moins d’énergie que ceux à écran plasma.
  • Les ordinateurs portables nécessitent entre 50 et 80% d’énergie en moins que les postes fixes.
  • Les imprimantes à jet d’encre nécessitent entre 5 et 10 W pour fonctionner contre 200 à 300 W pour les imprimantes laser.

Voici ce que représente les appareils restant en mode veille :

Impact des appareils laissés en veille
Calculs des auteurs : Le graphique dont nous nous sommes inspirés mettait en avant le prix de chaque appareil laissé en veille. Toutefois, nous tenions à mettre en avant la consommation de ces appareils en kWh ainsi que le rejet en CO2 en kg. De ce fait, nous nous sommes basés sur le prix journalier moyen de l’année 2019, à savoir 39,45€/MWh pour déduire dans un premier temps la consommation. Pour trouver le rejet en CO2 nous avons suivi le même raisonnement que pour les Figures 8 et 9 qui est de pondérer la consommation en fonction des différentes sources de production d’électricité. Avec ces pondérations nous avons pu les multiplier aux rejets carbones de chaque source de production et enfin trouver les émissions totales de CO2 en kg/foyer.
Source : RTE (2019) et Fournisseurs-electricite.com (2020)

Le mode veille de la télévision représente entre 5 et 15€/ an ce qui équivaut entre 7,07 et 21,21kg de CO2 rejetés. Évidemment d’autres appareils tels que les chargeurs de téléphone portable, les ordinateurs, les appareils-photo, tout appareil nécessitant une recharge en fait constituent eux aussi un coût et une empreinte carbone supplémentaire.

4. Cuisson

            Des gestes qui paraissent anodins permettent également, côté cuisson, d’alléger la consommation électrique :

  • Cuisson des légumes à la cocotte-minute permet une économie de 60% par rapport aux casseroles
  • Pour la cuisson des aliments privilégier les plaques à induction si besoin de choisir entre induction, électrique ou vitrocéramique. Chauffant plus rapidement, elles offrent une économie d’électricité d’environ 50% par rapport aux plaques classiques et de 30% par rapport aux surfaces vitrocéramiques. Utiliser les plaques de cuisson adaptées à la taille de l’ustensile de cuisine et penser à couvrir les casseroles pour mieux garder la chaleur permet également de consommer moins.
  • Pour réchauffer les plats le four micro-ondes consomme moins qu’un four classique. Cependant un four à chaleur tournante permet de cuire plusieurs plats en même temps donc un four combiné (four + micro-ondes) peut réduire la consommation d’électricité de 66 à 75%.

Astuce : une plaque électrique ainsi qu’un four continuent de chauffer après avoir été éteints. De ce fait, il est judicieux d’exploiter cette chaleur en éteignant l’appareil quelques minutes avant la fin de la cuisson permettant ainsi d’économiser de l’énergie.

5. Éclairage

Les ampoules à incandescence ou halogènes consomment jusqu’à 80% d’énergie en plus par rapport aux ampoules basse consommation (LED, fluocompacte). Afin de mieux choisir son éclairage voici quelques repères à connaître :

  • Ampoules basse consommations sont restreintes au niveau de leur nombre de commutations (on-off). Elles sont à éviter dans les couloirs ou sanitaires car la lumière est souvent allumé-éteinte avec une plus grande fréquence.
  • Les interrupteurs variateurs d’intensité LED permettant de choisir l’intensité lumineuse souhaitée dans la pièce. L’intensité peut varier entre 60 et 500W. Cette solution peut s’avérer intéressante pour les chambres à coucher ou le salon.
  • Les ampoules basses consommations sont recyclables contrairement à leurs ancêtres, les ampoules à incandescence ou halogènes (L’énergie tout compris.fr 2017).

Quelques habitudes simples peuvent être adoptées pour réduire sa consommation :

  • Profiter le plus possible de l’éclairage naturel peut faire gagner jusqu’à 1h d’éclairage quotidiennement.
  • Adopter les ampoules LED et éviter les ampoules à incandescence.       
    A titre d’exemple, une modification de l’éclairage résidentiel a été observé avec l’arrivée des LED. On estime à 300 MW environ la baisse entre 2010 et 2015 de la consommation à la pointe de 19h (RTE 2015). 

Choisir la bonne intensité pour les ampoules : 15 à 20W par m² pour les pièces à vivre, 10 à 15W par m² pour les pièces de passage et chambres.

Les habitudes de consommation électrique bonnes à prendre
Fait par les auteurs
Source : Ademe (2019,) Fournisseurs-électricité.com (2020), L’énergie tout compris.fr (2015)

Bon nombre de ces habitudes peuvent également être adoptées, qui plus est, sont vivement recommandées au sein du secteur tertiaire.

Conclusion

L’économie d’énergie est un vaste sujet qu’il est possible d’aborder de multiples manières. Il est en effet possible de sauvegarder de l’énergie grâce à la technologie mais ces efforts seront vains sans un changement d’habitudes de l’utilisateur. L’enjeu majeur est de sensibiliser la population durablement en facilitant les comportements de sauvegardes d’énergies via les méthodes décrites précédemment.

Pour réaliser cette prise de conscience, il peut être intéressant d’investir dans des moyens de suivis de consommation lisibles. Donner les clefs de compréhension aux utilisateurs à l’instar des étiquettes d’efficiences énergétiques sur certains produits. On peut aussi imaginer la poursuite et l’amélioration des aides de l’état pour des aménagements économiques en énergie (Il existe déjà des aides pour l’isolation, pourquoi pas pour les toitures).

Références

Ademe., (2019). Réduire sa facture d’électricité Édition Juin 2019 [en ligne]. France : Ademe. [09 Mai 2020]. Disponible via : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-reduire-facture-electricite.pdf

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CRE., (2017). Observatoire des marchés de détail de l’électricité et du gaz naturel du 4e trimestre 2016 [en ligne]. France : CRE. [Consulté le 09 Mai 2020]. Disponible via:     https://www.cre.fr/Documents/Presse/Communiques-de-presse/la-cre-publie-son-observatoire-des-marches-de-detail-de-l-electricite-et-du-gaz-naturel-du-4e-trimestre-2016

CRE., (2018). Le fonctionnement des marchés de détail français de l’électricité et du gaz naturel – Rapport 2016-2017 [en ligne]. France : CRE. [Consulté le 09 Mai 2020]. Disponible via:  https://www.cre.fr/Documents/Publications/Rapports-thematiques/Marches-de-detail-de-l-electricite-et-du-gaz-2016-2017

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Démographie: quels sont les enjeux de la surpopulation ?

Par Mélissa Gillot & Perrine Mornand, étudiantes ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #Démographie #Surpopulation #Environnement

De nos jours, la population ne cesse d’augmenter avec aujourd’hui plus de 7.78 milliards d’habitants (UN.org 2020). Le nombre de naissances toujours supérieur au nombre de morts montre que la tendance mondiale ne va pas changer d’ici peu. Or, la planète possède un nombre limité de ressources et la surpopulation peut avoir de nombreux impacts sur celles-ci. Certains territoires comme la Chine ou l’Inde possèdent une surpopulation bien supérieure à d’autres territoires et ont déjà dû réfléchir à des solutions pour la réguler afin d’éviter certains problèmes inévitables si la population ne cesse d’augmenter. Préserver notre environnement, notre planète, et les futures générations sont maintenant au cœur des discussions et il est nécessaire de trouver des solutions face à la surpopulation pour les années à venir.

Ne plus avoir d’enfant serait-ce l’acte le plus écolo à l’heure actuelle ?

Evolution de la population mondiale
Source : Ined.fr (2017)

Pourquoi connaissons-nous une surpopulation ? Quelles sont les causes de ce phénomène ?

Plusieurs causes sont responsables de ce phénomène de surpopulation en 2020. La diminution du taux de mortalité est une des premières causes. En effet, à l’heure actuelle (2020) d’après l’Institut nationale des études démographiques (INED), le monde aurait un taux de natalité de 18% contre un taux de mortalité de 7.6%. Cela provoque des complications dans la régulation de la démographie mondiale.

Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis
Source : Insee, statistiques de l’état civil et estimations (2018)

En se basant sur le cas de la France, comme si dessus, les courbes montrent que la tendance du solde naturel diminue ainsi que les naissances. Or, ce graphique s’applique pour le cas de la France et non au reste du monde. Il est en revanche pertinent de noter que malgré une diminution des courbes, les natalités restent bien supérieures aux taux de mortalité ce qui est le cas, de beaucoup de pays dans le monde. L’enjeux serait alors d’avoir un solde naturel entre les naissances et les décès le plus faible possible pour une régularisation démographique parfaite.

Concernant la diminution du taux de mortalité, la révolution industrielle agroalimentaire est une des raisons qui y contribue. En effet, depuis son arrivée au début des années 1900 dans les pays développés et en cours de développement, plus de familles ont accès à la nourriture. Nourrir la population en grande quantité est devenue possible. Les décès pour cause de famines diminuent de plus en plus grâce à la mondialisation ainsi que les organisations mondiales, qui ont pour objectifs d’éradiquer la faim comme la Food and Agriculture Organisation. (Fao.org 2020) Les progrès technologiques dans la médecine sont également une raison du taux de mortalité de 7.6%. L’accès à la médecine est devenu plus facile. Pour la France, la création de la sécurité sociale en 1945 a révolutionné ce secteur et son accessibilité. Les progrès sur les vaccins permettent aussi cette baisse du taux de mortalité. Le Tétanos par exemple, ce vaccin est devenu obligatoire en 1940. Avant cette date, plus 50% des cas étaient mortels. Mais de 1946 à 2015, grâce à cette exigence, la courbe de cas du tétanos a diminuée de 97%, comme le montre bien Le Monde en 2017 dans l’article : « comment les vaccins ont durablement fait reculer les maladies ».

Nombre de cas de tétanos entre 1946 et 2015
Source : Santé Publique France, Le Monde

L’augmentation constante de natalité est la deuxième plus grande cause majeure de la surpopulation. Cela a commencé à l’après-guerre avec le babyboom.  Ce phénomène est un pic de natalité constaté dans les pays participants à la première et seconde guerre mondiale. (INED, 2007)

Naissances de 1900 à 2015 en France
Source : Insee, statistiques de l’état civil

Sur le graphique si dessus, les deux pics de babyboom pour la France en 1920 et 1945. Les enfants issus de cette génération (les babyboomers) auront eux aussi des enfants, et ainsi de suite, ce problème s’étale donc de générations en générations. La population ne peut être alors qu’en constante évolution.

Les inégalités sociales, à l’échelle mondiale, ont également leur part de responsabilité. Les pays sous-développés ou en voie de développement n’ont pas toujours accès à la connaissance des contraceptions. En raison de leur sous-développement, les familles ont souvent besoin de main d’œuvre pour vivre et mettent au monde beaucoup d’enfants. Les familles de pays pauvres sont fréquemment nombreuses.

Les progrès technologiques sont également acteurs de la hausse des naissances. La médecine fait dorénavant face à des problématiques d’infertilité. Des parents ayant des difficultés à procréer se voient maintenant de plus en plus avoir la chance de donner vie grâce à de multiples solutions médicales.

Le manque de sensibilisation du surpeuplement dans les pays développés ou en voie de développement est une cause qui est également à prendre en compte. La population mondiale n’a pas forcément connaissance de ce phénomène qui perturbe ou est amené à perturber notre monde.

Quels sont les effets et les problèmes que causent la surpopulation ?

Le premier effet majeur causé par la surpopulation est l’épuisement des ressources naturelles. Ce phénomène est au cœur de nombreuses problématiques et cherche à être résolu de toutes les manières possibles. Une des causes de l’épuisement, est, bien évidement la consommation. Qui consomme ? Les humains. Avec le développement de l’industrie, de la surconsommation, des pays de plus en plus développés, nous allons être amenés à consommer de plus en plus de ressources. Si nous ajoutons à cela le facteur que notre démographie mondiale est amenée elle aussi à croitre nous pouvons facilement imaginer l’épuisement total [des ressources] dans les années à venir. En 2019, la date du dépassement annuel des ressources naturelles que la Terre peut nous fournir était le 29 juillet alors qu’en 1998, la date du dépassement avait lieu le 30 septembre. (WWF.fr 2020) Les forêts sont abattues, la faune sauvage est chassée de manière imprudente, l’élevage de masse se développe avec un nombre d’animaux tués chaque année en hausse et toutes autres ressources naturelles consommées de manière trop importante. Selon l’ONG Envol vert, l’empreinte forêt (surface de forêt détruite pour une production de biens) de chaque Français par sa consommation est « de 350m2 de forêt détruite par an. A l’échelle de la population française, ce sont 2,4 millions d’hectares de forêts détruits par an, l’équivalent d’un territoire grand comme la Bretagne. ». D’après la Food and Agriculture Organisation, « L’abattage des animaux pour fournir de la viande représente plus de 1090 animaux par seconde soit 60 milliards d’animaux tués chaque année représentant 280 millions de tonnes (vs. 44 millions en 1950) ». Selon l’Atlas des Futurs du monde, édition Laffont de Alexandre Nicolas, si nous continuons à consommer tel que nous le faisons actuellement, 2.5 planètes seront nécessaires pour répondre à nos besoins en 2050.

Combien de planète Terre faudrait-il si la population mondiale vivait comme les habitants en…Source : WWF.fr

Le deuxième effet néfaste de la surpopulation est la dégradation de l’environnement. De façon apocalyptique nous pourrions dire qu’avec la surexploitation du charbon, du pétrole, du gaz naturel ainsi que l’augmentation du nombre de véhicules et du nombre d’industries, des effets graves et négatifs ont impacté la qualité de l’air et de notre environnement. Cela créé des émissions importantes de CO2, le réchauffement de la planète, la fonte des glaces, le changement des schémas climatiques, l’élévation du niveau de la mer et tout cela lié à la pollution. Avec une démographie amenée à être de 9 milliards d’habitants en 2050, nous fonçons droit vers ces phénomènes monstrueux pour la population et notre planète Terre. A savoir que la pollution de l’air fait en moyenne 3 millions de morts par an dont 2/3 sont des enfants de moins de 5 ans d’après l’encyclopédie du développement durable. (2020) Souhaitons-nous laisser aux générations à venir une Terre polluée par notre responsabilité ?

Un troisième effet dû à la surpopulation peut avoir lieu : les conflits et guerres. Comme nous l’avons décrit précédemment le manque de ressources est amené à se faire sentir et les conflits pour le partage des ressources va s’accroitre. Les pays en voie de développement seront les premiers touchés car pour se développer ils auront besoin de ressources. Des guerres éclateront ainsi que la pauvreté et la famine pourraient être amenées à arriver. Nous [la population] ne souhaitons pas que d’autres guerres éclatent, cela engendre beaucoup de pertes, des répercussions sur l’économie, et surtout nous ne voulons plus d’autres babybooms !! Un quatrième effet serait l’économie et l’augmentation du chômage qui sont également des facteurs à prendre en compte. Plus la population est élevée, plus le coût de la vie sera élevé. En effet, l’offre et la demande ne cessent de grandir notamment pour des produits de nécessité tel que nourriture, eau, logement et la santé. Nous pourrions vite connaitre une situation semblable à celle de Dublin, où une crise du logement se produit actuellement. Les logements sont à des prix excessifs et de qualité moindre pour très peu de surface (alternativesocialiste.org 2019). Cela signifie que les gens doivent payer plus cher pour survivre et nourrir leur famille.

Les risques de la surpopulation
Source : Auteurs de cet article

Quelles solutions seraient à envisager ? Quelles sont les options ? Que préconise-t-on ?

L’éducation est une des premières solutions bénéfiques à la surpopulation. Ce sont eux, les enfants, adolescents, jeunes adultes les prochains à avoir des enfants et ce sont eux qu’il faut sensibiliser. Il est nécessaire de mettre en lumière des politiques reflétant le changement social notamment par rapport aux anciennes générations. Celles-ci, les nouvelles générations, comprendront par elles-mêmes la nécessité d’avoir un ou deux enfants tout au plus sans en avoir le devoir. Il est important de sensibiliser sans imposer, la nature humaine aime par instinct aller au contraire de ce qu’on lui impose, sensibiliser et responsabiliser favorise l’acquiescement envers ce problème de surpeuplement.

Une deuxième solution serait de sensibiliser les gens au planning familial et de les informer des conséquences graves de la surpopulation afin de contribuer à freiner la croissance démographique. Il faut communiquer sur les méthodes contraceptives disponibles pour éviter toute grossesse non désirée et ouvrir le dialogue sur l’avortement et la stérilisation volontaire.

Une troisième solution peut être envisagée, les avantages fiscaux ou concessions. Celle-ci ne serait peut-être pas la meilleure d’une façon éthique mais l’être humain est plus enclin à l’argent et il est presque certains que cette solution soit celle qui fournisse le plus de résultats positifs. Les gouvernements de divers pays peuvent être amenés à mettre en place diverses politiques d’exonération fiscale pour réduire la surpopulation. L’une d’entre elles pourrait consister à exonérer une partie de l’impôt sur le revenu ou à réduire les taux d’imposition pour les couples qui ont un ou deux enfants. Nous avons pu voir la politique de l’enfant unique en Chine et nous pouvons voir également via l’article délivré par Le Point Chine : après l’enfant unique, les deux enfants obligatoires ? que, pour des raisons économiques, cela ne peut s’effectuer à long terme. Afin de réussir cette stratégie il serait nécessaire d’effectuer cela de manière moins stricte et réduire la population petit à petit pour ne pas voir son économie s’écrouler.

Notre conclusion

Pour conclure, la surpopulation est un phénomène non négligeable à résoudre pour que nous puissions vivre de manière correcte dans les années à venir. Celle-ci est encore trop peu évoquée que ce soit à l’école, dans les réunions des plus grands chefs d’état, dans les campagnes de sensibilisation au réchauffement climatique, dans les organisations écologiques, en résumé tout ce qui touche au bien de notre planète.

Ce sujet est très intéressant, mais également très compliqué. Le problème de la surpopulation touche de très près les droits de l’homme et du citoyen et des valeurs humaines. Qui sommes-nous pour interdire à un couple de fonder une famille ? D’avoir le nombre d’enfants qu’ils rêvent ? Et de pénaliser ou juger s’il(s) ou/et elle(s) en (des enfants) ont « trop » ? Ces décisions sont très sensibles. Des concessions seront quasiment inévitables.

A l’heure actuelle, sensibiliser et responsabiliser de façon massive seraient les meilleures choses à effectuer. Il ne s’agit pas de propagande « contre les naissances », mais de diffuser le message comme quoi la terre est en surpeuplement et les risques que cela engendre. La population a atteint un certain niveau de consommation et si cela ne réduit pas dans les années à venir la Terre manquera. L’environnement, le climat, les forêts, se dégraderont aux dépens de ses habitants à cause de notre démographie (trop) importante. Tout cela n’est que prévention.

Grâce à des campagnes de prévention contre la surconsommation de viande, il est forcé de constater de plus en plus de gens réduisent ou suppriment cet aliment de leur quotidien. Or, aucune loi n’est en vigueur sur l’arrêt de consommation de viande et pourtant les chiffres et les faits sont là. (D’après LeFigaro.fr augmentation de 24% du marché végétarien en 2019). Les gens se sentent responsables et se contraignent eux même pour le bien de l’animal, de la planète et de l’environnement.   Suivons ce modèle de campagne et peut être que la population se responsabilisera, sans avoir à toucher aux droits, aux choix et aux valeurs de l’individu nous pourrions obtenir quelques résultats.

Références

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AFP (2018) Chine : après l’enfant unique, les deux enfants obligatoires ? [17/08/2018] LePoint.fr [06 mai 2020] Disponible sur https://www.lepoint.fr/monde/chine-apres-l-enfant-unique-les-deux-enfants-obligatoires-17-08-2018-2244129_24.php

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Quel est le réel impact des smartphones ?

Par Caroline Basset & Rose-Léa Vampa, étudiantes ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #smartphones #recyclage #obsolescence esthétique #impact environnemental

Les TIC1 ont pris une place dominante dans notre vie et l’utilisation de ceux-ci a radicalement changé notre façon de travailler et même de communiquer depuis plusieurs décennies. L’appareil qui a su s’imposer et se démarquer au fil des années est le smartphone, avec l’apparition du premier iPhone en 2007. Aujourd’hui, avec plus de 13 milliards de smartphones vendus dans le monde depuis 2007, les smartphones font clairement partie de nos vies. Nous sommes de plus en plus connectés et chaque année de nouveaux smartphones sortent toujours plus révolutionnaires que les précédents. Vous êtes-vous déjà posés la question de quels sont les impacts environnementaux causés par les smartphones ? Que deviennent-ils en fin de vie ? Sont-ils recyclés ? Nous pointons généralement du doigt les industries pétrolières ou le transport en les désignant comme les plus gros générateurs de CO2, mais les nouvelles technologies ont aussi leur part de responsabilité. Selon une étude publiée dans le Journal of Cleaner Production (2018), les TIC représentaient 1,5% de la production de gaz à effet de serre mondiale. L’industrie des TIC devrait également représenter 14% de la production de CO2 mondial d’ici 2040. Cette étude a été réalisée selon les données recueillies depuis 2007 avec l’apparition des smartphones notamment de l’iPhone.  Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons voir que le nombre de smartphones vendus chaque année depuis 2007 est croissant, néanmoins avec une légère baisse en 2019. Nous pouvons notifier qu’en 2019 plus de 1,5 milliard de smartphones ont été vendus, soit plus d’1 personne sur 7 s’est procuré un smartphone en 2019.

Nombre de smartphones vendus aux utilisateurs finaux dans le monde entre 2007 et 2019 (et prévisionnelle 2020).
Source : Statista (2020)

En 2000, les personnes gardaient en moyenne leur téléphone 4 ans. Selon Statista (2017), en 2013, les utilisateurs de smartphone changeaient en moyenne tous les 18 mois d’appareils. Selon la même étude Statista, depuis 2016 en France, le délai avant de se procurer un nouveau smartphone est de 20,6 mois. Les smartphones sont donc renouvelés moins régulièrement. Ce ralentissement des ventes est causé par l’augmentation d’un seul paramètre : le prix. En effet, aujourd’hui les prix des smartphones peuvent dépasser le millier d’euros. L’un des facteurs de ses changements précipités de smartphones est causé par l’obsolescence esthétique.

Cette obsolescence est différente de l’obsolescence programmée car cette dernière n’est pas liée directement à une pratique technique ou technologique. L’obsolescence esthétique est reliée à la psychologie de l’acheteur. Elle est donc subjective, il est ardu de la démasquer et de la mesurer, lutter contre semble donc difficile. Les consommateurs veulent changer de biens avant même que ceux-ci soient hors d’usage. En effet, cette obsolescence est amplifiée par les tendances, les nouveautés… Notre inconscient se persuade qu’il a besoin de ces dernières nouveautés. Cette obsolescence esthétique est flagrante pour les smartphones notamment. Les utilisateurs sont toujours sollicités pour changer d’appareil, avec le nombre de nouveaux smartphones qui sortent chaque année, lorsque nous sommes engagés chez un opérateur, celui-ci nous propose des prix intéressants pour renouveler notre engagement, lors de promotions etc…  

Ainsi, selon l’ADEME (2017), 88% des Français changent de smartphone alors qu’il est encore en fonctionnement. Toujours selon les chiffres de l’ADEME (2017), seulement 15% des téléphones sont collectés pour être recyclés et qu’au moins 30 millions d’appareils sont dans les tiroirs et seraient encore en état de fonctionnement.

Pour se rendre compte de l’impact de ces changements précipités de smartphones et de l’impact des smartphones en général sur l’environnement, le graphique ci-dessous permet d’illustrer les émissions de CO2 qui ont été généré pour la création de l’ensemble des smartphones vendus chaque année. Ces chiffres ont été trouvé grâce aux données récoltées sur Wikipédia (2020) concernant le smartphone le plus vendu chaque année depuis 2007 ainsi qu’aux rapports environnementaux publiés par Apple lors de la sortie de chaque nouvel iPhone. En effet, seul Apple publie les émissions de gaz à effet de serre que produit chaque iPhone dans les “Environmental Report” (APPLE) qui sont publiés après chaque sortie. Les valeurs pour chaque iPhone comprennent la fabrication, le transport, l’utilisation et la fin de vie du smartphone (par unité).

Emissions de gaz à effet de serre des smartphones vendus aux utilisateurs finaux dans le monde entre 2007 et 2019 (et prévisionnelle 2020).
Sources : Statista (2020), Wikipédia (2020), Apple.

Ce graphique prend en compte seulement la vente de smartphone et pas l’ensemble des téléphones mobiles. Comme nous pouvons voir l’année 2014 a été marquée par un pic de consommation causé par l’émission de gaz à effet de serre de l’iPhone 6 (sortie en 2014) avec 95 kg de CO2 produit pour un seul smartphone. Une augmentation de 68% d’émission de CO2 avec l’iPhone 5S sorti un an auparavant qui lui consommait 65 kg de CO2. Néanmoins l’année suivante, Apple a notamment décidé d’adopter l’aluminium à faible teneur en carbone (APPLE) pour la conception de l’iPhone 6S. De ce fait, selon la marque pour la conception de l’iPhone 6S, il y a production de 54 kg de CO2. Soit une diminution de près de 57%.

En 2018, les émissions de gaz à effet de serre des smartphones sont de 96,5.109 kg de CO2. Pour se rendre compte de ce chiffre, cela représente 1/6 des émissions de CO2 du Canada. Le Canada était le 11ème plus gros émetteurs de CO2 avec 550.109 kg de CO2 cette année-là (Statista).

Dans la même étude publiée dans le Journal of Cleaner Production (2018), sur 24 mois, 80 à 95% des émissions de CO2 sont dus à sa fabrication. De ce fait acheter un smartphone neuf produit autant de CO2 que d’utiliser et de recharger un smartphone pendant 10 ans.  

L’impact environnemental des smartphones est majoritairement dû à l’extraction des terres rares. Nous pouvons par exemple voir que l’exploitation des mines détruit des écosystèmes, conduit également à la pollution de l’eau, de l’air mais aussi des sols. Les activités métallurgiques et électroniques sont aussi des activités qui consomment beaucoup d’énergies. La fabrication d’un smartphone est aussi discutable aux niveaux social et éthique. En effet, les travailleurs œuvrent dans des conditions désastreuses. L’extraction de certains minerais comme l’étain, tantale, tungstène et or (aussi appelé “minerais de sang”) conduisent à des conflits liés aux contrôles des mines aux frais des populations locales. C’est pourquoi la question du recyclage est très importante pour les années futures. Les smartphones tout particulièrement, car ils sont quasiment absents des collectes de DEEE2.

D’après Jechange.fr (2018), 1,5 milliard de smartphones ont été vendus en 2017. Ces chiffres exorbitants ne sont pas à prendre à la légère car les smartphones sont des objets dévastateurs pour l’environnement que ce soit lors de leur production, au cours de leur vie et jusqu’à leur destruction.

Au sujet de la pollution pendant l’utilisation du smartphone, elle touche surtout à l’énergie consommée lors de la recharge de la batterie du téléphone par le biais de l’électricité, à nouveau une énergie non renouvelable.

La dernière étape de vie d’un smartphone est sa destruction. Des éléments précieux tels que le plomb, le mercure, l’or, le cuivre, le nickel et l’argent s’évacuent dans le sol, l’air et l’eau…

Nous allons donc étudier dans la suite de notre réflexion les sujets liés à la réduction de l’impact des composants électroniques sur notre environnement via le recyclage par exemple. Notamment du recyclage des déchets émis par les appareils électroniques en général puis nous ferons un zoom sur les smartphones qui constituent notre sujet principal.

Selon le site economie.gouv.fr (2020), la collecte des DEEE doit suivre les phases essentielles du tri, du traitement sélectif et de la valorisation des déchets.  La collecte doit être prise en charge par l’entreprise elle-même ou déléguée à des éco-organismes agréés.

Les équipements concernés sont les objets alimentés par des courants électriques ou des champs magnétiques.

D’après legifrance.gouv.fr (2014), les DEEE sont encadrés par des mentions législatives importantes se référant au code de l’environnement.

L’Union Européenne s’assure que les producteurs respectent les démarches liées à l’usage limité des substances dites dangereuses et la destruction des DEEE.

La directive DEEE a été remise à niveau en août 2012 afin de revoir les objectifs en termes de collecte et pour « renforcer la lutte contre le trafic de déchets ».

Le décret qui s’ensuit, impose que les fournisseurs d’équipements électriques et électroniques ayant un espace de vente de plus de 400 m2 reprennent de façon gratuite et sans contrepartie d’achat les équipements usagés ou cassés.

En 2018, d’après l’ADEME (2019), 939 millions d’équipements électriques et électroniques ont été mis sur le marché dont 5481 déclarés au registre. Au sujet de la collecte, 796 414 tonnes ont été collectées, ce qui représente une augmentation de 6% par rapport à l’année 2017. Les éco-organismes agréés à la collecte de ce type de déchets sont au nombre de 4 et sont les suivants : Ecologic, ESR, PV cycle et Screlec. Enfin, 814 385 tonnes de déchets ont été traités, cela représente une augmentation de 10% par rapport à 2017 pour un taux de valorisation de 83%, en baisse par rapport au taux de valorisation 2017 qui était de 90%.

Nous avons appris qu’il y avait des mesures déjà en place pour le recyclage des DEEE, mais qu’advient-il vraiment de nos smartphones ?

Pour comprendre ce processus nous allons prendre l’exemple d’une entreprise donnant une seconde vie à nos smartphones. D’après le site internet 01net.com (2017), la PME française Morphosis située au Havre extraie et affine les métaux rares des composants de nos smartphones et travaille en partenariat avec Orange. Depuis les années 2000, Orange dans une démarche RSE active s’est déjà impliquée dans le recyclage de plus de 10 millions de smartphones au niveau mondial.

L’entreprise se focalise sur le verre et l’électronique. L’inventaire est la première action réalisée pour garder une traçabilité grâce à leur poids. Ensuite, la dalle sous les écrans est testée pour savoir si elle est toujours fonctionnelle, si c’est le cas un écran neuf y est placé et elle pourra à nouveau être utilisée. Ensuite, les différents composants des cartes électroniques sont séparés afin de récupérer les métaux précieux comme l’or, l’argent et le cuivre.  Ces cartes électroniques passent par différentes phases comme la fusion, la pyrolyse, les traitements chimiques et électrochimiques, différents bains de solutions et l’électrolyse. Une fois les métaux extraits, ils sont testés et approuvés uniquement si leur pureté est supérieure à 99.9% pour ensuite avoir une seconde vie auprès des marques de smartphone, batterie ou dans l’industrie solaire. Malgré les efforts de certaines entreprises, le recyclage en particulier des “minerais de sang” : étain, tantale, or et tungstène, présents dans les smartphones sont très contraignants d’un point de vue éthique et environnemental. D’après lemonde.fr (2016), sur les 25 millions de téléphones mis sur le marché français chaque année, seulement 15% sont collectés. Pourtant, ils représentent une réelle valeur : une tonne de carte électronique contient 200g d’or ! De plus, d’après unsighted.co (2018), le tantale contenu dans les smartphones s’élève à 9 kg par tonne de cartes électroniques. Seulement 1% de son extraction globale est recyclée alors qu’il s’agit d’un métal indispensable pour l’industrie au vu de ses propriétés super conductrices, résistance aux températures et à la corrosion. En mai 2017, l’UE a mis en place des mentions législatives encadrant le commerce de l’or, le tungstène, l’étain et le tantale qui prendront effet en 2021 pour assurer leur traçabilité. En France, certaines entreprises comme celle présentée plus haut se mobilisent pour recycler les cartes électroniques et limiter les dégâts. En effet, d’après l’ADEME (2017), les rejets toxiques de ces composants polluent notre air, nos eaux et nos sols en permanence.

Impact désastreux des smartphones
Source : ADEME (2017)

Les TIC, les équipements électroniques et en particularité les smartphones sont devenus des objets à part entière de nos vies. En quête perpétuelle de nouvelles fonctionnalités, nouveaux designs, ils se retrouvent rapidement remplacés par leur successeur plus récent. Depuis quelques années, cette effervescence autour des smartphones en particulier, a créé un réel besoin de trouver des solutions afin de recycler les anciens modèles. Des lois comme le décret lié aux DEEE ont été mis en place et des entreprises se spécialisent dans la récupération des différents matériaux avec l’objectif de leur donner une seconde vie. Mais malheureusement, cela n’est pas une généralité, de nombreux smartphones encore en état de marche dorment au fond de nos tiroirs ou sont jetés dans des poubelles non dédiées aux composants électroniques et polluent notre eau et nos sols, ce qui fait des smartphones un désastre vis-à-vis de l’écologie. Et vous, que faites-vous de vos appareils électroniques usagés ?

1 Technologies de l’information et de la communication

2 Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques

Références

ADEME., (2020). Equipements électriques et électroniques : les chiffres-clés 2018 [En ligne]. ADEME. [Consulté le 6 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.ademe.fr/equipements-electriques-electroniques-chiffres-cles-2018

ADEME., (2017). Les impacts du smartphone. [En ligne]. ADEME. [Consulté le 7 mai 2020]. Disponible depuis : https://presse.ademe.fr/wp-content/uploads/2017/09/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf

Apple., (2016). Environmental Responsibility Report 2016 [En ligne]. Apple. [Consulté le 7 mai 2020]. Disponible depuis : https://images.apple.com/euro/environment/d/generic/pdf/Apple_Environmental_Responsibility_Report_2016.pdf

Apple., (2009). iPhone 3G Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/archive/2009/iPhone-3G-Environmental-Report.pdf 

Apple., (2009). iPhone 3GS Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/archive/2009/iPhone_3GS-Environmental-Report.pdf

Apple., (2010). iPhone 4 Product Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/archive/2010/iPhone_4_Product_Environmental_Report.pdf

Apple., (2011). iPhone 4S Product Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://images.apple.com/environment/reports/docs/iPhone4S_Product_Environmental_Report_2011.pdf

Apple., (2011). iPhone 5 Product Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://images.apple.com/environment/reports/docs/iPhone5_product_environmental_report_sept2012.pdf 

Apple., (2013). iPhone 5S Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/archive/2013/iPhone5s_PER_sept2013.pdf

Apple., (2014). iPhone 6 Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://images.apple.com/environment/pdf/products/archive/2014/iPhone6_PER_sept2014.pdf

Apple., (2015). iPhone 6S Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/iphone/iPhone6s_PER_sept2015.pdf

Apple., (2016). iPhone 7 Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://images.apple.com/environment/pdf/products/iphone/iPhone_7_PER_sept2016.pdf

Apple., (2017). iPhone 8 Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/iphone/iPhone_8_PER_sept2017.pdf 

Apple., (2018). iPhone XR Environmental Report [En ligne]. Apple. [Consulté le 1 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.apple.com/environment/pdf/products/iphone/iPhone_XR_PER_sept2018.pdf

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BELKHIR, L. et al., (2018). Assessing ICT global emissions footprint: Trends to 2040 & recommendations. Journal of Cleaner Production [En ligne]. 177 (2018), 448-463. [7 mai 2020]. Disponible depuis : https://www.electronicsilentspring.com/wp-content/uploads/2015/02/ICT-Global-Emissions-Footprint-Online-version.pdf

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Comment les habitudes de consommations évoluent-elles avec des changements de vie radicaux tel qu’un confinement?

Par Blaise Adinolfi & Théo Billaud, étudiants ESTA Belfort, 06/2020

Mots-clés: #Confinement #Economie #Consommation #Comportement #e-commerce 

Comment est-ce que la fermeture des commerces a-t-elle changé dans nos vies? Génère-t- elle un vrai manque, une frustration? Ou au contraire nous fit-elle prendre conscience de l’inutilité de certains achats? Peut-on imaginer que ce confinement va engendrer un véritable changement de comportement?

Mais quelles sont les habitudes de consommation alimentaire des Français ?

Comme tous les pays industrialisés, la France a de nombreuses habitudes alimentaires. Les changements au cours des 50 dernières années ont largement dépassé ceux des siècles précédents.
On peut expliquer ces nombreux changements par plusieurs facteurs :

  • Modifications du mode de vie
  • Conditions socio-économiques
  • Progrès technologiques
  • Changement des mœurs des consommateurs
  • Changements sociologiques

De nos jours, la mécanisation industriel, agricole ou bien domestique a permis aux Français de réduire grandement leurs dépenses énergétiques par rapport aux derniers siècles. En effet, de nombreuses machines ont été créées dans plusieurs secteurs (usines, chantier, déplacement, atelier…) ce qui a pour but de décharger les Français de toutes dépenses physique « superflu ». Du point de vue du travail domestique, il existe la machine à laver, le lave-vaisselle etc… qui allège la dépense énergétique au sein des foyers. En parlant d’un besoin plus primaire, les Français n’ont quasiment plus besoin de lutter contre le froid notamment grâce au chauffage. Toutes ces choses entraînent une nette diminution des dépenses énergétiques et cela se ressent directement dans leur alimentation, en réduisant leurs apports énergétiques. Concernant les conditions socio-économiques, les données du site « France-Inflation » ainsi que celles du blog « Wan2bee » ont été comparé afin d’analyser l’évolution du prix des aliments vis-à-vis des salaires sur le dernier siècle :

Document Excel regroupant et analysant les données de « Wan2Bee » et « France- Inflation »

En effet, la douzaine d’œufs a augmenté dix fois moins que les salaires, de même pour le litre de lait qui a augmenté trois fois moins que les salaires. Les Français ont donc un meilleur accès à une alimentation variée, un français moyen pourra s’offrir, de nos jours, beaucoup plus d’aliments que durant le siècle dernier. De nombreux progrès technologiques ont permis de changer les habitudes alimentaires en proposant plus d’aliments en un temps plus restreint. En prenant pour exemple la production d’œufs qui est passé de 130 œufs pour une seule poule en 1920 à 250 œufs par poule de nos jours. Le poulet en lui-même peut être commerçable en 8 semaines contrairement au 5 mois auparavant. De plus, les nouvelles technologies dans ce domaine comme les techniques de surgélation, stérilisation à haute température… ont permis d’améliorer la durée de conservation mais aussi de proposer ce genre de produits à n’importe quel moment de l’année. Les mœurs des Français ayant changé au fil des siècles, surtout lors du XXIème siècle, les goûts des consommateurs ont changé mais aussi l’image symbolique que possède chaque aliment. En prenant pour exemple le pain, autrefois c’était l’aliment de base, aussi bien religieusement que couramment. Nous conservons encore de nos jours certaines expressions de ce temps passé « Gagner son pain » ; « Avoir du pain sur la planche » … En prenant les expressions courantes, on remarque que les habitudes alimentaires ont changé car on ne dit plus « gagner son pain » mais « gagner son bifteck ». Ce changement d’expressions, qui peut paraître anodin, reflète la différence d’habitudes alimentaires. On remarque que les changements sociologiques impact les habitudes de consommations alimentaires. En prenant pour simple exemple le développement du travail des femmes lors du XXIème siècle. En effet, la société d’aujourd’hui emploie de plus en plus de femme, ainsi l’image « traditionnel » de la femme des siècles précédents qui était de préparer à manger n’existe plus. Donc, les foyers laissent place à un mode de consommation plus élevé. Suite à l’impact de tous ses facteurs, nous pouvons affirmer que les habitudes de consommations ont drastiquement changées depuis le XXIème siècle. L’offre est croissante, afin d’y répondre, les producteurs n’hésitent pas à utiliser les nouvelles technologies. Le monde est toujours en constante évolution, cependant la crise sanitaire que nous vivons en ce moment a totalement chamboulé ses habitudes de consommation. En effet, l’annonce du Président la République Emmanuel Macron le 12 Mars a provoqué une vague de panique à l’approche du confinement. Les Français ont alors procédé à des achats de premier nécessité. « Il y a eu beaucoup plus d’achats, des achats de précaution de la part des Français qui ont peur de la pénurie, qui ont peur de manquer, qui sortent moins souvent, donc achètent des produits secs qui se conservent, remplissent les placards de produits qui peuvent durer longtemps, il y a moins de fromages, moins de viande » Christiane Lambert – Présidente de la FNSEA

Comme l’évoque la Présidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), la principale inquiétude des Français est la pénurie alimentaire et cela se ressent dans les chiffres hebdomadaires des Supermarchés : Le graphique ci-contre représentant l’évolution des ventes des produits de grandes surfaces et des produits frais en libre-service est frappant. En effet, les mots de la Présidente de la FNSEA sont justifiés, les chiffres sur la semaine du 15 Mars 2020 (semaine du début du confinement) sont deux fois plus élevés dans chaque type de commerce.

Graphique extrait du site « LSA »
URL : https://www.lsa-conso.fr/coronavirus-les-ventes-alimentaires-ont-explose-sur-la-semaine-du-9-au-15-mars,343365

L’augmentation des Drives est totalement justifiée, dans la mesure ou étant donné que les entreprises proposant les Drives (Leclerc, Auchan etc…) ont introduit une livraison à domicile dans leur offre. Les clients y voient donc une alternative aux courses tout en limitant au maximum les contacts externes et ainsi éviter la contamination. Depuis le confinement, les Drives sont en hausse de 150%.

Comment le e-commerce et la consommation liée a-t-elle évoluée?

Alors, achète-t-on plus sur Internet ? Ce que nous savons déjà, c’est que le trafic Internet a augmenté de 70% depuis le début du confinement. Dans le même temps, l’utilisation des réseaux sociaux a également augmenté de 61%. Une surconsommation de la bande passante qui pourrait laisser penser que les français consomment davantage sur les sites e-commerce. Est-ce réellement le cas ?

Que se passe-t-il pour les consommateurs ?

Premièrement, il est important de savoir qu’environ 82% des Français sont actuellement en télétravail. Cependant les sites de e-commerce n’enregistrent pas de ventes plus importantes que d’habitudes. Au contraire, environ 76% (ondage réalisé par Nathalie LAINE au sein de FEVA) d’entre eux notent plutôt une récession des ventes. Alors que se passe-t-il ? Après avoir sondé plusieurs personnes, on remarque de beaucoup de personnes (82%) sont pessimistes voire inquiet quant à la future santé économique générale que nous trouverons suite à cette crise sanitaire.  On note également une grande majorité des personnes qui se disent être revenu plus à l’essentiel dans leurs besoins. Une tendance constatée, vérifiée et qui sera expliquée par la suite.

Remarquons de façon générale la baisse d’un échelon sur la pyramide de Maslow (Pyramide des besoins). En effet, on retrouve dans les achats principaux les secteurs de la santé, de l’alimentation ou même professionnel alors que les secteurs dits « loisirs » tels que le tourisme, les évènements ou même du prêt-à-porter sont en baisse forte.

Notons également la divergence des différences secteurs par rapport au besoin venant du client. En effet, on remarque que les secteurs n’ayant pas besoin d’une rencontre physique afin de conclure une vente est en vogue.

Graphique extrait du site internet « Statista »
URL : https://fr.statista.com/infographie/21306/impact-du-confinement-sur-les-achats-en-ligne-e-commerce-par-secteur-dans-le-monde/

Cependant, on remarque nous pouvons remarquer que certains secteurs subissent également une baisse du trafic et du nombre de clic. Nous pouvons interpréter cela comment l’amélioration de la précision du besoin du consommateur. En effet, on remarque pour certains secteurs des taux de conversion plus grand ou même des vitesses d’achat beaucoup plus rapide. Ce qui nous emmène également à dire que les besoins de consommations ainsi que les habitudes sont en train de changer.

Des résultats de vente et de développement bien différents selon les entreprises

Comme expliqué par les nouvelles méthodes de consommation, le e-commerce ne semble pas profiter des changements sociaux. Cependant, on remarque de fortes disparités en fonction des secteurs d’activités. Mais cette consommation peut avoir un effet néfaste sur la santé du e-commerce et de l’économie en général. En effet, on remarque d’après plusieurs études qu’il y a également des disparités entre les tailles des entreprises. Pour être plus clair, on note que les grandes distributions et les grandes entreprises ressentent moins la baisse des ventes que les petits sites de e-commerce. L’utilisation répétée de Marketplace peut en être un des facteurs principaux. Cela peut donc facilement envisager une catastrophe étant donné que « le décès » de ces petits acteurs ne permettront plus d’équilibrer la balance face aux grandes industries. Pour finir, on remarque une augmentation générale de la fréquentation des sites de e-commerce pour la totalité des acteurs. Cependant, on note également une forte baisse du taux de conversion pour l’achat. On peut donc se poser librement la question de la cause. Est-elle réellement due à une période difficile financièrement ou bien les habitudes et les façons de consommer sont-elles différentes et donc ne correspondent plus à l’offre actuelle ?

En conclusion, on remarque donc un réel changement de la consommation des habitants pendant lors d’un changement radical de vie (ici le confinement). Ce changement est un changement notable et représente un des changements les plus radicaux de ce siècle et surement le plus radical de la consommation en e-commerce depuis son utilisation. Il faut et il faudra bien sûr un réel changement dans l’offre proposée par les entreprises afin de répondre au plus vite à ces nouvelles méthodes de consommations.

Références

SiècleDigital (2020). Comment évolue le e-commerce en France avec le Covid-19 [online]. SiècleDigital [Vu le 3 Mai 2020], https://siecledigital.fr/2020/04/03/quelle-evolution-pour-le-e-commerce-en-france-avec-le-covid-19/

Statista (2020). L’impact du confinement sur les achats en ligne [online]. Statista [Vu le 3 Mai 2020], https://fr.statista.com/infographie/21306/impact-du-confinement-sur-les-achats-en-ligne-e-commerce-par-secteur-dans-le-monde/

CoMarketing (2020). L’impact du coronavirus sur l’e-commerce [online]. CoMarketing [Vu le 07 Mai 2020], https://comarketing-news.fr/limpact-du-coronavirus-sur-le-commerce-18-milliard-de-visites-de-sites-web-analysees/

ZDNet (2020). Le e-commerce progresse quatre fois plus vite que les magasins physiques depuis le confinement [online]. ZDNet [Vu le 3 Mai 2020], https://www.zdnet.fr/actualites/le-e-commerce-progresse-quatre-fois-plus-vite-que-les-magasins-physiques-depuis-le-confinement-39900819.htm

Solidarites-sante.Gouv (2019). L’évolution de l’alimentation en France [online]. Solidarites-sante.Gouv [Vu le 30 Avril 2020], https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/conso.pdf

LesEchos [2020]. Coronavirus : la débâcle des ventes de produits alimentaires frais [online]. LesEchos [Vu le 30 Avril 2020], https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/coronavirus-la-debacle-des-ventes-de-produits-alimentaires-frais-1188429

LaTribune (2020). Coronavirus : les Français ont complétement changé leur mode de consommation [online]. LaTribune [Vu le 30 Avril 2020], https://www.latribune.fr/economie/france/coronavirus-les-francais-ont-completement-change-leur-mode-de-consommation-844887.html

LSA (2020). Le Drive reste plébiscité par les consommateurs [online]. LSA [Vu le 02 Mai 2020], https://www.lsa-conso.fr/coronovirus-le-drive-reste-plebiscite-par-les-consommateurs,347044

LSA (2020). Les ventes alimentaires ont exposé sur la semaine du 9 au 15 Mars [online]. LSA [Vu le 02 Mai 2020], https://www.lsa-conso.fr/coronavirus-les-ventes-alimentaires-ont-explose-sur-la-semaine-du-9-au-15-mars,343365

Wan2bee (2018). L’évolution des salaires depuis 1950 [online]. Blog [Vu le 19 Mai 2020], https://blog.wan2bee.com/evolution-du-salaire-en-france-depuis-1950

France-Inflation (2020). Évolution des prix moyen depuis 1900 [online]. France-Inflation [Vu le 19 Mai 2020], https://france-inflation.com/prix_depuis_1900_en_france.php

« consommer sain »: un nouveau mode de consommation

Par Isabelle Wolfer, étudiante ESTA Belfort, 05/2020

Mots-clés: #Healthy #Consommation #Sain #Santé #Bien-être

L’explosion démographique conduit l’Humanité à consommer toujours plus. De ce fait, l’empreinte écologique se détériore et les ressources naturelles s’épuisent au fil des années.

Face à ce phénomène les consommateurs sont plus attentifs à leur santé, à la provenance des produits, au développement durable, à leur bien-être, la beauté, le sommeil, le fitness, leur responsabilité, la durabilité, ect. Et ces valeurs sont transmises à la nouvelle génération. En effet, selon une étude menée par Ipsos (2018) pour E. Leclerc auprès d’un échantillon représentatif de 1996 parents d’enfants âgés de 3 à 17 ans, 87 % des Français interrogés déclarent transmettre ces valeurs à leur enfant.

Selon Neele.J. (2019), les réseaux sociaux tels que les plateformes Instagram et Snapchat permettent de faire de la publicité de manière plus ciblée et sensibilise la jeune génération à ce phénomène. Ainsi les jeunes font donc plus attention aux produits qu’ils consomment et sont prêts à mettre le prix pour des produits de meilleure qualité avec un sens éthique (exemple des produits Bio). Ils s’intéressent plus aux produits naturels et leurs bénéfices tels que le bienfait des épices, plantes aromatiques et médicinales.

Ce phénomène de « retour à la nature » conduit de plus en plus de personne à devenir indépendantes notamment en développant leur propre ferme autonome et en mettant en place des systèmes d’autonomie en énergie comme les panneaux solaire, éolienne …

L’agriculture réintègre progressivement les villes grâce à l’instauration de ferme verticale qui permet de cultiver sur plusieurs étages afin d’optimiser l’espace et les techniques de culture comme l’explique le blog Belfassise (no Date).

Ce changement dans les habitudes de consommation impact les industries notamment au niveau du secteur de l’agroalimentaire. De plus en plus de produits tendent à privilégier la qualité face à la quantité. Il y donc une forte croissance de marque locale et Bio avec une demande plus importante sur des produits de qualités. « General Mills (Beyond Meat), Nestlé (Impossible Foods) ou Unilever (De Vegetarische Slager) » sont des exemples d’industries qui ont investi dans cette tendance.

Ce phénomène expliquera les résultats de la plupart des sociétés agroalimentaires des Etats- Unis qui baissent depuis 2017 par rapport à l’indice S&P 500 « (indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses aux Etats-Unis) ». Ce qui pousse les entreprises à procéder à des acquissions pour réorienter leurs portefeuilles.

Aliments emballés traditionnels en US par rapport à l’indice SGP 500 (jan 2017-mars 2019)

Concernant la restauration rapide, les enseignes adaptent leurs menus face à cette nouvelle tendance. Prenons exemple de McDonald’s qui a développé le Mc café et de nouveaux menus afin de fidéliser sa clientèle actuelle et d’en attirer de nouveaux.

Ce phénomène a permis également le développement des services dans le domaine de la santé et du bien-être.

Les entreprises optent de plus en plus pour une stratégie de bien-être en entreprise afin de booster la productivité.

De nombreuses sociétés tels que Well-ideas développent des services de relaxation et bien- être (massage, yoga, sophrologie, gestion du stress, activité sportive, séminaire…) dans les entreprises dans le but d’augmenter l’efficacité, la productivité des employés, mais également de réduire le taux d’absentéisme, des congés imprévus et des retards au travail.

Ces services permettent à chacun de prendre conscience de l’importance de prendre soin de sa santé mentale et physique afin de performer dans les objectifs que l’on souhaite atteindre, à toutes les étapes de sa vie.

D’après Fry.S.(2014), l’étude réalisée au Royaume-Unis en février 2014 par l’université de Warwick a démontré que lorsque l’employeur prend en considération le bien-être physique et mental au bureau, 60 % des collaborateurs se sentent plus motivés au travail. Ils ont évalué moins de retard, plus de proactivité, davantage d’engagement dans de nouveaux projets, ainsi que 25% de diminution des dépenses liées aux problèmes de santé.

Développement des technologies

De nombreuses technologies se sont développées pour tracker les performances sportives et la santé. Neele.J. (2019), prend exemple des montres connectées ou encore de nombreuses applications telles que Strava utilisée pour les coureurs et les cyclistes.

En conclusion, via Internet et de nombreuses campagnes de sensibilisation la population est beaucoup plus informée, ce qui crée de nouveaux modes de consommation, de nouvelles habitudes de vie. Ce changement provoque tout naturellement des impacts sur de nombreux secteurs notamment celui de l’agroalimentaire et permet également le développement de nouveaux secteurs tels que les secteurs axés sur le bien-être ou encore la création de nouvelles applications.

Références

Belfassise (no Date), Fonctionnement vertical, [En ligne], Urbagreen, [Vu le 09/04/2020], Disponible depuis : https://urbagreen.wordpress.com/fonctionnement-vertical/

Fry.S. (2014), How to promote wellbeing and tackle the causes of work-related mental health problems, [En ligne], MindCharity, [Vu le 10/04/2020], Disponible depuis : https://www.mind.org.uk/media/428496/Resource3_HowToPromoteWellBeingFINAL.pdf

Ipsos (2018), LES TENDANCES ET HABITUDES DE CONSOMMATION DES FRANÇAIS POUR LA RENTRÉE DES CLASSES 2018, [En ligne], L’observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations, [Vu le 10/04/2020], Disponible depuis : https://nouvellesconso.leclerc/wp-content/uploads/2018/08/ONC_DP_FOCUS-RENTRÉE-2018.pdf

Neele.J. (2019), Les grandes tendances de consommation en 2019 : santé et bien-être, [En ligne], Robeco, [Vu le 10/04/2020],  disponible depuis : https://www.robeco.com/fr/actualites/2019/05/les-grandes-tendances-de-consommation-en-2019-sante-et-bien-etre.html

Neele J., (2019), Aliments emballés traditionnels en US par rapport à l’indice SGP 500 (jan 2017-mars 2019) reproduit de Neele.J. (2019), Les grandes tendances de consommation en 2019 : santé et bien-être [ En ligne ], Robeco, Disponble depuis : https://www.robeco.com/fr/actualites/2019/05/les-grandes-tendances-de-consommation-en-2019-sante-et-bien-etre.html

The impact of coronavirus on the environment and planet’s health

Par Elisabeth Huynh, étudiante ESTA Belfort, 05/2020

Mots-clés: #Coronavirus #Air pollution #Climate change #Environment

Since the beginning of year 2020, the coronavirus also well known as COVID-19 has spread all over the world turning into a pandemic which causes several lockdowns. Industries, factories and stores ending up shutting down their business, traffic has declined and flights have been cancelled for several weeks. During this severe crisis, nature and environment show sudden improvement and changes.

The following text will further explain the impact of the pandemic on the environment, referring to air pollution and lastly address climate change.

Impact of COVID-19

In China, where the coronavirus first was discovered, carbon emissions fell by around 25% within 4 weeks resulting to a drastic drop on air pollution. (Myllyvirta 2020)

Significant changes can be seen when comparing the NO2 levels of 2019 and 2020:

Source: NASA and European Space Agency 2020

Obvious improvement of the environment is also shown in Venice (Italy) after only 2 weeks of lockdown in the canal. The water has become clearer due to the stoppage of motorboat traffic and less tourists. Even though the water quality itself did not improved, reduction of traffic on canals and roads benefits the air quality (Clifford 2020).

The grand canal in Venice, Italy
Source: Silvestri, 2020

These sudden changes prove a link between economy and the planet’s health.

Estimated 4.2 million people die every year from stroke, heart disease, lung cancer and chronic respiratory diseases linked to air pollution (WHO ©2020). Therefore, the drop of air pollution means reducing deaths. An analysis by a Stanford University scientist clarified that 77,000 lives were likely saved in China just by the amount of reducing pollution (McMahon 2020). A similar study shows that coronavirus lockdown measures have already saved 59,000 lives in Europe (Newey & Nuki 2020).

Air pollution

Air pollution is caused by solid and liquid particles and certain gases, that come from vehicles, power generation, building heating systems, agriculture/waste, as well as wildfires, suspended in the air. These particles, called aerosols, are mostly formed when fossil fuels like coal and petroleum, and wood are burned. The aerosols and gases do not only come directly from the sources mentioned above but also can come from chemical reactions in the air (Stoller-Conrad 2020).

Another important cause is the ground-level ozone, which can be a greenhouse gas. When sunlight reacts with certain chemicals that come from the mentioned sources, ozone is created. Combined with particles, smog forms which is not only bad for health but also makes it difficult to see (Stoller-Conrad 2020).

Air pollution do not only lead to certain health problems but also contributes to climate change and exacerbate it.

Climate change

Climate change is the change of the usual weather, that happens in a place on earth. Meaning, there could be a change in rainfall or in temperature for certain months or seasons. If there is a change in Earth’s climate, its usual temperature rises or falls and the time when it rains and snows could shift. Climate change, especially warming of the earth, causes snow and ice melting as well as ocean rising and phase changing when certain plants start growing (May 2017).

The most critical impact of climate change is when the ice mass at the poles melt and sea level rises leading to flooding and even disappearing of small island states. Moreover, it causes extreme weather phenomena, drought, extinction of species and plants (Acciona Team).

Even though climate change is happening in the whole world, developing countries are mostly affected by it and do not have the possibility to overcome these crises (Government of Canada 2019). This is also the reason why not many people are aware of climate change or have the determination to prevent it. Developed countries are the ones who produces CO2 emission the most and are also the ones who are least affected by natural catastrophe but also the ones who have the financial possibility to rebuild after a crisis.

Source: Standard & Poor’s, 2014

Air pollution reduced during the corona lockdown, nevertheless it will not have a long-term effect, as industries are starting their business again, as can be seen in China (He 2020). From past experiences, air pollution will rise again, and climate change might get even worse.

Conclusion

It can be said that economy has the most impact on the environment, especially by air pollution. Many people think climate change is just a natural change of the earth, but it is proven that everyone and everything that is happening in the environment contribute to it, so that climate change increased drastically.

After the pandemic and the critical situation, it is important to rise awareness of climate change and global warming. Everyone should understand the urgent situation and know what each individual can do to prevent air pollution. The government and industries must take actions in order to reach a successful improvement of the Earth’s health as well as the health of the humans to prevent diseases coming caused by climate change and air pollution.

Références

Acciona Team, (year unknown). Consequences of climate change [online]. ACCIONA [Viewed 23 April 2020]. Available from: https://www.acciona.com/climate-change/

Government of Canada, (2019). Climate change in developing countries [online]. Canada [Viewed 24 April 2020]. Available from: https://www.international.gc.ca/world-monde/issues_development-enjeux_developpement/environmental_protection-protection_environnement/climate-climatiques.aspx?lang=eng

Clifford, C., (2020). After first picture [online]. CNBC [Viewed 22 April 2020]. Available from: https://www.cnbc.com/2020/03/18/photos-water-in-venice-italys-canals-clear-amid-covid-19-lockdown.html

He, L., (2020). Restarting the economic engines [online]. CNN Business [Viewed 24 April 2020]. Available from: https://edition.cnn.com/2020/03/24/economy/china-economy-coronavirus/index.html

May, S., (2017). Is Earth’s Climate Changing? [online]. NASA [Viewed 23 April 2020]. Available from: https://www.nasa.gov/audience/forstudents/k-4/stories/nasa-knows/what-is-climate-change-k4.html

McMahon, J., (2020). Title [online]. Forbes [Viewed 22 April 2020]. Available from: https://www.forbes.com/sites/jeffmcmahon/2020/03/16/coronavirus-lockdown-may-have-saved-77000-lives-in-china-just-from-pollution-reduction/#3415c6c634fe

Myllyvirta, L., (2020). Update 30 March 2020 [online]. CarbonBrief [Viewed 22 April 2020]. Available from: https://www.carbonbrief.org/analysis-coronavirus-has-temporarily-reduced-chinas-co2-emissions-by-a-quarter

NASA and European Space Agency, (2020). Pollutant Drops in Wuhan – and Does not Rebound [digital image] [Viewed 22 April 2020] Available from: https://www.theverge.com/2020/3/2/21161324/coronavirus-quarantine-china-maps-air-pollution

Newey, S. and Nuki, P., (2020). After the first picture [online]. The Telegraph [Viewed 22 April 2020]. Available from: https://www.telegraph.co.uk/global-health/science-and-disease/coronavirus-lockdown-measures-may-have-saved-59000-lives-europe/

Silvestri, M., (2020). [The Grand Canal] [photo/digital image] [Viewed 22 April 2020] Available from: https://www.cnbc.com/2020/03/18/photos-water-in-venice-italys-canals-clear-amid-covid-19-lockdown.html

Standard & Poor’s, (2014). The South and East face rising sovereign from increased warming. [Digital image] [Viewed 24 April 2020]. Available from: https://www.schroders.com/en/nordics/professional-investor/nordic-insights/expert-magazine/putting-a-price-on-climate-change/

Stoller-Conrad, J., (2020). Where do aerosols come from? [online]. NASA Climate Kids [Viewed 23 April 2020]. Available from: https://climatekids.nasa.gov/air-pollution/

WHO, (©2020). Ambient air pollution [online]. World Health Organization [Viewed 22 April 2020]. Available from: https://www.who.int/health-topics/air-pollution#tab=tab_2