Comment les véganes vont-ils sauver le monde ?

Par Océane Goyard-Gully & Camille Pinguet, étudiantes ESTA Belfort, 05/2020

Mots-clés: #Végane #Environnement #Sous-nutrition #Population #Solution

Dessin réalisé par les auteurs

Dans un monde où l’offre alimentaire n’a jamais été aussi diversifiée, on observe l’apparition de plus en plus d’individus véganes. ​Le Robert définit un végane (du mot anglophone « vegan ») comme un être excluant tout produit d’origine animale et qui adopte un mode de vie respectueux des animaux. En pratique, cela équivaut à ne pas manger de produits issus d’animaux tels que la viande, le poisson, le beurre ou le miel et proscrire l’utilisation de la fourrure et de la laine par exemple. Selon les statistiques d’Esther Moyou (​2017​), le véganisme n’était suivi que par 4% des Français. Ainsi, comment les véganes pourraient-ils sauver le monde?

Le véganisme : sauveur de la population et de l’environnement ?

Tout d’abord, n’y aurait-il pas une mauvaise répartition dans l’utilisation des céréales? En effet, est-ce que nous ne nourrissons pas plus d’animaux que d’humains? Ainsi, en utilisant la nourriture utilisée dans l’élevage bovin, pourrions-nous combattre la sous-nutrition de la population?

Il est à savoir que les animaux sont de mauvais convertisseurs d’énergie. C’est-à-dire que pour obtenir un kilo de protéines animales, il faut une quantité importante de protéines végétales (céréale, etc.). ​Anne Mottet et autres (​2017​) établissent qu’il faut, en moyenne, 7 kg de protéines végétales pour les bovins, 6 kg pour les poulets et les cochons et 3 kg pour le​s œufs pour obtenir un kilo de protéine animale. Il s’agit d’une ressource alimentaire qui pourrait être utilisée pour nourrir les personnes souffrant de sous-nutrition. Pourquoi ne revoyons-nous pas leur utilisation ?

Dans son rapport, Henning Steinfeld ​(​2006​) ​a déclaré qu’au niveau m​ondiale 70% des terres à usage agricole sont directement et indirectement consacrées à l’élevage. En France, il s’agirait de la majorité de la production des céréales transformées (son de blé, etc.), soit 40% des terres cultivables. ​Par ailleurs, le ​Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié en 2020 le rappel des réglementations liées à l’​Alimentation Animale afin que l’Homme puisse se nourrir de produits d’origine animale sans causer de dégâts sur sa santé.

Graphiques réalisés par les auteurs d’après les données de P​assion Céréales 2016-2019

Devenir végane c’est aussi avoir un impact positif sur le prix des denrées. Dans leur étude​, S​ iwa Msangi et Mark W. Rosegranti (​2012​) ​se basent sur une diminution de 50% de la consommation de viande par rapport à la consommation de l’an 2000 dans les pays développés (incluant la Chine et le Brésil). Ils ont obtenu une baisse de 50% du prix des aliments d’origine animale. Grâce à cette diminution du prix, le tiers-monde pourrait s’offrir de la viande et augmenter sa consommation de 35%. De plus, Siwa Msangi et Mark W. Rosegranti ont projeté une diminution du prix de nombreux aliments d’origine végétale grâce à une baisse de consommation mondiale de produits d’origine animale de l’ordre de 20%. Par exemple, ils ont obtenus que les prix du manioc et du blé baisseraient de 7%, celui des patates douces de 10%, celui du maïs, de l’avoine et du millet de 20%. En réduisant notre consommation de viande, nous pourrions orienter les productions de céréales à destination de l’alimentation humaine. Ainsi, ces diminutions de production, consommation, et de tarif permettraient d’augmenter la ration calorique des habitants des pays du tiers-monde et ​donc de réduire le nombre de personnes souffrant de sous-nutrition​. ​Les productions de céréales pourraient donc être à destination de l’alimentation humaine.

Par la suite, n’y aurait-il pas un impact positif sur notre environnement ? Le véganisme nous aiderait-il à réduire les gaz à effet de serre?

À l’aide des chiffres clés avancés par Interbev ​(​2013​), prenons l’exemple de la France qui exporte 240 000 tonnes de bovins chaque année. Afin de transporter la viande, des camions frigorifiques de type ​ensembles articulés de 40 tonnes (Poids Total Roulant Autorisé) (ADEME, ​2011​) sont utilisés. Comme l’indique le Ministère de la Transition écologique et solidaire (​2018​), ils émettent 180g de CO2 par tonne transportée et par kilomètre parcouru. La distance moyenne parcourue par les produits exportés par la France est de 2 430,4 km (calcul des auteurs d’après l’Insee​, ​2018​). On obtient, selon les calculs des auteurs, une émission de 335 000 tonnes de CO2 par an qui pourrait être déduite des 340 millions de tonnes ​émises chaque année par la France selon l’étude du ​édité par Paul Manuel Godoy Hilario (​2019​), ce qui n’est pas négligeable. Ainsi, cesser d’exporter la viande bovine française aurait déjà un impact sur les émissions de gaz à effet de serre. À une échelle mondiale, cela serait d’autant plus bénéfique à l’environnement.

Le véganisme : une solution viable ?

Comme nous l’avons évoqué, l’arrêt d’échanges de produits animaliers pourrait contribuer à la diminution de la pollution. Néanmoins, cela entraînerait la chute des exportations mondiales.

Par exemple, prenons l’article regroupant les chiffres de l’élevage français publié par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en ​2016​. Cette même année, la France a réalisé un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros pour ses industries agroalimentaires de transformation et préparation de viandes dont 3,5 milliards € représentant son exportation de viandes et d’abats. Aussi, 210 376 exploitations sont consacrées à l’élevage en France, représentant 304 670 emplois à temps plein. L’arrêt de cette activité entraînerait une perte financière additionnée à de nombreuses pertes d’emplois.

Cependant, pour compenser cette perte, nous pourrions transformer toutes les terres employées au pâturage en champ d’agriculture. Effectivement, arrêter de manger de la viande à l’échelle mondiale conduirait à une augmentation de consommation d’autres aliments : les populations consommeraient plus de céréales et de légumes. Mais ces terres anciennement consacrées à l’élevage ne sont pas forcément fertiles et propices à la culture.

Dans son rapport, Henning Steinfeld a aussi rédigé que 26% de la surface des cinq continents deviendrait inutile à la production alimentaire.

Toutefois, n’existe-il pas une seconde alternative ? Peut-être devrons-nous utiliser des organismes génétiquement modifiés (OGM) afin de nourrir toute la population et pallier aux pertes de terres destinées à la production alimentaire ?

Dans sa publication, le Ministère de la Transition écologique et solidaire (​2019​) déclare que le soja et le maïs représentent 81% des OGM à l’échelle mondiale. Cette pratique est avantageuse puisqu’elle permet d’améliorer le qualités nutritives de l’aliment et d’utiliser moins de pesticides. Toutefois, il est à noter qu’elle est méticuleusement réglementée en France et que la production de maïs génétiquement modifié a été prohibée en 2013 car considérée comme néfaste pour la santé. En effet, le débat de ​Séralini G.E. et autres ​retranscrit par le CRIIGEN (​2014​) fait apparaître des effets nocifs sur l’homme à long terme tel que le cancer.

Si toute la population devenait végane, la France devrait donc revoir ses réglementations liées à cette agriculture pour pouvoir s’imposer dans l’exportation de céréales en étudiant les aspects néfastes sur notre santé et en réadaptant la production d’OGM.

L’alimentation est-elle la seule filière touchée par un changement de régime alimentaire ? Le véganisme ne causerait-il pas des dégâts dans d’autres filières?

Dans son ​Édition 2019​, Passion Céréales évalue la production de maïs à 12,5 millions de tonnes, soit 20% des récoltes de céréales en France. Elle se place ainsi comme le second producteur européen de maïs en grains. A contrario, ​Terres Univia a communiqué la production moyenne de soja entre 2010 à 2014. Celle-ci ne couvre qu’une infime partie de la consommation française. En effet, il est montré que la France ne produit que 140 000 tonnes de soja alors que la consommation nationale s’élève à 3,3 millions par an. Notre pays se voit donc dans l’obligation d’importer en masse depuis les principaux pays producteurs. De plus, si la population mondiale devenait végane dans les années à venir, cette consommation pourrait considérablement augmenter et rapidement. Par exemple, la France, pour pallier à la non-consommation de viande, se verrait dans l’obligation d’arrêter son exportation et d’importer massivement des légumineuses, comme le soja, ce qui engendrerait une augmentation d’émissions de CO2.

Graphique réalisé par les auteurs d’après les données de Passion Céréales (2019)

De plus, en dehors de notre alimentation, le véganisme nous obligerait à revoir d’autres filières telle que celle du cuir.

L’Europe est le deuxième exportateur mondial de cette activité. La France est classée 5ème exportateur mondiale d’après le Conseil National du Cuir (​2018​), avec 5% des parts de marché. Le communiqué de presse émis sur son site web en 2020 montre que la France réalise un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros dans cette filière, dont 10,6 milliards pour ses exportations. Par ailleurs, elle est “un des leaders mondiaux des cuirs de veau et peaux exotiques”.

Graphiques réalisés par les auteurs d’après les données F​iche pays 2018 – Conseil National du Cuir

En interdisant cette production et en ne proposant aucune alternative, nous verrions une augmentation du chômage en France avec une perte de 130 000 emplois d’après les chiffres du Conseil National du Cuir. Cet arrêt de productivité engendrerait une baisse de l’économie française.

Finalement, le véganisme : véritable sauveur de l’humanité?

Comme nous l’avons vu, le véganisme permettrait de pallier à la sous-nutrition et de réduire notre empreinte carbone. Ainsi devenir végane apparaît comme une solution qui permettrait de sauver le monde. Alors qu’attendons-nous ?

Sous un autre angle, si tout le monde devenait végane, l’impact sur l’économie serait important. Par exemple, si la France cessait d’exporter ses produits (alimentaires et matériaux) d’origine animale, elle serait obligée, pour faire face à cette perte, d’avoir recours à des alternatives telles que les OGM. Malheureusement, cette pratique comporte trop de risques pour notre santé. Et sommes-nous prêt à prendre ce risqu​e ?

Face à ces enjeux, devenir végane n’apparaît plus comme une solution-miracle. Alors envisageons plutôt une solution moins drastique : les régimes alimentaires flexitariens (“Qui limite sa consommation de viande, sans être exclusivement végétarien”, ​Le Robert​) ou “reductarian” (terme anglais définissant des personnes limitant leur alimentation, REDUCTARIAN (site)​). Pourraient-ils contribuer aux avantages procurés par le régime végane sans en apporter les inconvénients, tout en permettant une liberté de goût ?

Et en tant que Français, une bonne entrecôte et un camembert, c’est quand même pas mal !

Références

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10 commentaires

  1. Bonjour Océane et Camille,
    Merci de s’intéresser à ce sujet de la plus grande importance. Vous le dites en conclusion, le veganisme généralisé n’est pas la solution et je partage amplement cet avis. Néanmoins, certains éléments de votre argumentation me laissent perplexe.
    Tout d’abord, je précise que je n’ai pas lu les études sur lesquelles vous vous basez mais je vous invite à questionner leurs résultats.
    Sur les surplus céréaliers et le cours des marchés agricoles d’abord :
    Vous affirmez qu’en diminuant de 50% la consommation mondiale de viande, le prix de celle-ci chuterait de 50% permettant aux pays pauvre d’en avoir accès. Premièrement, vous parlez-ici du marché mondial de production, régulé par l’offre et la demande mondiale sur ce marché précisément. Il s’agit donc d’exportation de viande bon marché depuis l’Europe par exemple vers les pays d’Afrique et donc faire concurrence aux éleveurs Africains qui souffrent d’ailleurs déjà de l’inondation de notre blé sur leur territoire, les rendant dépend de notre agriculture et transformant leur pratiques alimentaires en la calquant sur le notre, occidentale.
    Vous affirmez qu’en réduisant la consommation de céréales pour l’alimentation animale nous pourrions nourrir les pays souffrant de sous-nutrition ou mal-nutrition. Les études de terrain réalisées par la chaire d’agriculture comparée, présidée par Marc Dufumier, prouvent que dans la plupart des cas, cette sous nutrition est issu, entre autres, d’une uniformisation des pratiques agricoles sur place, résultats de « paquets techniques » proposés par les agronomes européens, et réduisant la fertilité et le potentiel agronomique des terres, ou du moins étant un frein à l’adaptation locale aux changements environnementaux. Par exemple, le semis en ligne associé à l’utilisation du labour, qui est valable en Europe (quoique pas toujours adapté à notre chère transition agroecologique) mais non adapté à leurs pratiques ancestrales ni à leur environnement (environnement en pleine mutation avec le réchauffement climatique entre autres). Utiliser l’argument que l’on pourra nourrir le pays du tiers monde avec nos céréales « économisées » c’est se tromper sur la source de leur malnutrition (il faut au contraire favoriser l’indépendance alimentaires de ces pays) et aggraver leur dépendance en inondant leur marché avec nos céréales (ou notre viande).
    Aussi, réduire le prix de la viande de 50% et celui de certaines céréales est certes profitable aux consommateurs mais pas au producteur. Or si l’on souhaite une transition agroecologique, les paysans doivent être rémunérés au prix juste (avec une PAC solide). Bref, attention de ne pas glisser dans un argumentaire douteux affirmant qu’il faut que les pays riches nourrissent les pauvres avec des produits ne rémunérant pas justement le producteur européens, ruinant ceux d’Afrique et rendant dépendant les pays pauvres.

    Sur le plan environnemental, vous parlez d’exportation française de viande et affirmez que le veganisme diminuerait les échanges et donc les émissions de GES or vous indiquez avant que la réduction du prix de la viande sur le marché mondial permettrait aux pays du tiers-monde de s’offrir cette viande et qu’on pourrait les nourrir avec nos céréales , donc de les exporter…
    A regarder les chiffres, le plus grand impact sur les GES d’une diminution de la consommation mondiale de viande est celui du changement d’utilisation des sols. En effet, le Brésil produits du soja pour l’alimentation protéique de nos bêtes, en complément du maïs et ce soja est la cause d’une intense déforestation qui contribue largement à l’augmentation des GES présents dans l’atmosphère. Réduire notre consommation de viande c’est diminuer cette déforestation. L’utilisation de ces terres localement pour des céréales à destination des humains pourrait aussi réduire les problème alimentaires au Brésil.

    Par ailleurs et là j’aborde un point crucial, si l’on se penche sur les aspects agronomiques de la question, comment assurer notre sécurité alimentaire de manière durable? En agriculture, il y a deux impératifs: fertiliser son sol et combattre les mauvaises herbes. Si l’on remplace l’élevage pour y ajouter des cultures à destination humaine, comment allons-nous fertiliser nos sols? La spécialisation des cultures, de l’élevage et surtout la déconnexion entre les deux est la raison de la dégradation de nos sols et de l’utilisation d’engrais de synthèse issus de produits pétroliers. Les plantes étant mal alimentées, tombent malades et le sol dégradé favorise les mauvaises. Pour palier à cela, on traite au glyphosate et insecticides. En supprimant l’élevage, voilà vers quoi nous nous orientons. Est-ce vraiment sauver le monde? En agroecologie, c’est le fumier, un produit équilibré en N et C, qui permet la fertilisation et pour ce fumier on a besoin d’elevage. Aussi, vous parlez d’OGM. Savez-vous qu’il existe aux Etats Unis des adventices doublement résistantes aux deux plus puissant désherbant utilisés ? nombreux agriculteurs jettent l’éponge car ils sont dans une impasse… au delà de l’aspect sanitaire que vous évoquez, c’est le système agricole qui est mis en danger. On est loin d’une vision durable de notre système alimentaire.
    Notre agriculture a besoin d’elevage et d’élevage à l’herbe, moins dépendant du soja brésilien et donc moins impactant pour le climat (lisez André Pochon) avec des prairies diversifiées apportant de la biodiversité et redonnant le charme de nos paysages. Nous avons besoin d’elevage partout pour fertiliser nos cultures et non avoir des régions intensives en élevage comme en Bretagne et des régions sans élevage comme en champagne crayeuse ou pire des énormes feedlots de plusieurs centaines de milliers de bêtes comme aux Etats Unis.
    Votre conclusion est juste, nous devons d’urgence réduire notre consommation de viande. Néanmoins je vous met en garde sur les arguments que vous avancez. Parler du surplus céréaliers et du tiers monde c’est sous entendre le maintien de leur dépendance alimentaire. Mieux vaut parler d’un nouveau changement de notre assolement avec une place plus importante pour les légumineuses, les prairies, le maraîchage et les vergers ( nous importons encore 60% de nos fruits et légumes des pays bas et d’Espagne principalement).

    Je vous remercie pour cet article qui comporte beaucoup d’autres éléments pertinents. Pardonnez ma franchise mais c’est quand on s’intéresse à des sujets si important pour l’avenir qu’il faut être rigoureux dans notre argumentaire pour ne pas perdre en légitimité face aux pouvoirs publics par exemple et surtout pour ne pas commettre d’erreur. Dans l’urgence, agissons, mais pas dans la précipitation.

    Floris S

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir Floris S,
      Merci pour la qualité et la bienveillance de votre commentaire. Les contenus ont été débattus ce matin lors de la séance de restitution, et des remarques proches des vôtres ont également été formulées. Vous avez raison quant à la nécessité de traiter ce genre de sujet avec sérieux.
      J’ai fait le lien avec Océane et Camille pour qu’elles vous répondent prochainement.
      Encore merci du temps que vous avez pris pour produire ce contenu, et au plaisir de pouvoir poursuivre cet échange.
      Très bonne soirée,
      Grégory Kotnarovsky

      J’aime

    2. Bonjour Floris S.,

      Merci pour votre commentaire, nous sommes heureuses que note article suscite réaction et le complète ainsi. Notre but était de faire comprendre que désirer changer notre façon de nous alimenter pour un régime végane n’était pas une solution-miracle.
      De manière brute, nous nous sommes intéressées aux conséquences positives du véganisme à grande échelle, c’est pour cela que nous avons pensé à exporter la viande à ceux qui sont dans le besoin. Nous avons vu l’opportunité de répondre à un besoin, cependant, cette idée imposerait de nouveau une pollution liée aux transports et bouleverserait le fonctionnement des pays, vous avez raison. C’est aussi pour cela que nous nous sommes dirigés vers les conséquences de l’exportation et non pas vers, comme vous le disiez, le problème lié au changement de sol. De plus, le fait de passer à une modification d’une aussi grande ampleur engendrerait une augmentation d’émissions de GES. Comme vous l’avez dit et nous vous rejoignons encore, le réchauffement climatique est un des principaux problèmes de notre monde. Ces points rentrent donc bien dans notre conclusion disant que le véganisme n’est pas une solution miracle.

      Ainsi, vos compléments sont particulièrement intéressants, cependant, ils ne prennent pas non plus tout en compte. Il est difficile d’aborder ce sujet qui touche de nombreuses filières et qui a d’innombrables conséquences, en seulement quelques lignes.

      Il est vrai que les pays tels que ceux présents sur le continent Africain sont dépendants de notre commerce pour leur approvisionnement en nourriture. Nous vous rejoignons sur le fait que cette pratique causerait du tort aux éleveurs africains. De plus, le fait que l’Afrique attire autant d’investisseurs étrangers n’aide pas dans la création d’une économie locale. En effet, les agriculteurs sont mal rémunérés et l’apparition d’échanges est bénéfique pour l’économie de l’Afrique. Ainsi, est-ce que les agriculteurs privilégieront de nourrir la population africaine au détriment de l’économie croissante acquise par l’exportation ? Idéalement. Cela reviendrait tout de même à revoir totalement leur économie. Ce qui pourrait engendrer d’autres conséquences néfastes.

      Aussi, l’étude montrait que nous pourrions utiliser cette alimentation en donnant à un plus grand nombre d’habitants accès à la nourriture. Rappelons que le nombre d’habitants Africains souffrant de sous-nutrition a augmenté ces dernières années. Comme l’indique le FAO, 1 africain sur 5 souffre de sous-nutrition en 2019. Jamais nous ne dirons que cette solution est miraculeuse. http://www.fao.org/news/story/fr/item/1180451/icode/ Néanmoins, au vu du temps et la difficulté que prend de changer l’économie, cette solution pourrait peut-être y contribuer.

      Au vu de tous ces points, il n’est donc pas sûr que, pour le moment, l’arrêt d’échanges mondiaux pour passer à une alimentation locale soit propice à l’atténuation de la sous-nutrition. Ce point serait à revoir lorsque l’Afrique pourrait s’autosuffire financièrement.

      Vous soulevez un autre point intéressant qui est qu’une diminution du prix de vente des produits des producteurs ou éleveurs ne leur serait pas profitable. Cela serait tout à fait vrai. Par ailleurs, nous sommes totalement d’accord sur le fait que la PAC permettrait d’aider les agriculteurs et producteurs.

      Mais ne devrions nous pas voir que l’entraide serait peut-être aussi une solution ? Cela serait donc en adéquation de l’étude réalisé par Siwa Msangi et Mark W. Rosegranti. En effet, si le prix de vente des aliments diminue, cela serait en adéquation d’une entraide économique, locale (si nous pensions qu’il est préférable d’avoir une économie locale) ou mondiale (si nous voulons continuer les échanges au niveau mondiale. Ce qui serait tout de même utopique en sachant que tous les pays ne sont pas financièrement égaux.) Ainsi, comme nous l’avons déjà indiqué précédemment, changer l’économie ne sera pas aisé. D’autant plus à aussi grande échelle.

      Vos propos sont justifiés et donc votre point de vue est un réel complément de penser à notre article.

      Par ailleurs, dans un premier temps, nous voulions montrer l’impact direct qui aurait lieu en changeant les terres consacrées à l’élevage. Mais il est judicieux d’ajouter à cela les difficultés de cette modification.
      De plus, en peu de mot, nous avons privilégié les systèmes sanitaires pour mettre un point d’honneur sur l’importance que les avancés scientifiques pourraient causer directement sur notre santé (notamment à travers les OGM). Donc au vu de cet aspect, comme nous le disons le but serait de limiter notre consommation de viande. De plus, avec l’augmentation de la population mondiale, nous devrions nous tourner vers des alternatives pour les élevages (tels que l’herbe que vous avez mentionné). Néanmoins cela reviendrait encore à changer l’économie d’un pays.

      Ainsi nous revenons toujours à la même conclusion. Certains points de notre économie doivent impérativement être revus. Néanmoins, changer l’économie reste une utopie qui à notre niveau ne peut être réalisée sans une volonté mondiale.

      Océane GOYARD & Camille PINGUET

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Camille et Océane,

    Merci pour votre article que j’ai trouvé très intéressant et bien structuré.

    Permettez-moi de vous donner mon avis sur le sujet.

    Le corps humain nécessite des protéines, certes nous pouvons en trouver dans d’autre aliments mais dans notre monde de surconsommation aujourd’hui, nous nous sommes habitués à diversifier nos repas. Arrêter la consommation de viandes serait un énorme défi et je pense que cela n’arrivera jamais.

    Pour moi les végans sont contre la consommation de produits utilisant la matière animale pour une raison principale : la maltraitance des animaux.

    Pour cette raison, diminuer nos consommations animales et se nourrir de viandes bio provenant d’élevage locaux où le gavage est interdit, serait une bonne alternative. De plus, pour l’impact carbone, arrêtons les importations et les exportations de viandes et favorisons les agriculteurs prêts de chez nous.

    Belle journée à vous,

    Charlotte W.

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  3. Merci Océane et Camille pour cet article,
    il permet de se rendre compte qu’il n’existe pas de solution miracle à la quelle personne n’aurait pensé, la réalité est toujours faite de dilemmes.
    Il montre néanmoins l’impact de notre mode de vie actuel et propose des solutions viables et réalistes qui devraient porter leurs fruits sur le long terme.

    Mangeons moins de saucisson et restons optimiste ! 🙂

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    1. Bonjour Etienne,

      Merci d’avoir pris le temps de nous lire, et pour ton commentaire positif.
      Le houmous est une excellente alternative au saucisson pour l’apéritif !

      Belle journée,
      Camille & Océane

      J’aime

  4. Bonjour Charlotte,

    Merci d’avoir pris le temps de nous lire et de vous exprimer sur le sujet.

    Lorsque la viande est bannie de l’alimentation, il faut remplacer les protéines apportées par celle-ci par une autre source d’approvisionnement. Les aliments riches en protéines sont le soja (qui contient à portion égale plus de protéines que l’oeuf ou la morue par exemple), les cacahuètes, les lentilles, les amandes, les pignons de pin, les pois chiches, les haricots blancs, ou encore les pistaches… il y a ainsi beaucoup de diversité dans l’assiette des véganes, cependant, c’est un autre type de diversité.

    Nous sommes en totale adéquation de pensée, et encourageons fortement cette démarche moins drastique.

    Très belle journée à vous également.
    Camille & Océane

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  5. Bonjour les filles.

    J’ai lu votre article, regardé votre vidéo et j’aimerais vous donner mon opinion quant à certains points que vous avez évoqués.

    Les premiers graphiques apparaissant, et couvrant la problématique de l’évolution de la production de céréales, sont à l’échelle nationale là où l’article se veut être à vocation de montrer les bienfaits dans le monde. N’aurait-il pas été judicieux de faire un parallèle, entre 2 échelles : nationale et mondiale, ou se concentrer directement à l’échelle mondiale ? À mes yeux, il ne fait nul doute que l’échelle d’un pays est importante, mais nous conviendrons j’en suis sûr que la pratique du véganisme dans un seul pays ne serait suffisante… Cependant, je ne peux que constater l’efficacité de ces premiers graphiques, qui furent plus qu’intéressants, et sans lesquelles je n’aurais jamais pensé que notre production à usage personnel (donc hors exportation) était constante ces dernières années.

    La phrase : « cesser d’exporter la viande bovine française aurait déjà un impact sur les émissions de gaz à effet de serre. À une échelle mondiale, cela serait d’autant plus bénéfique à l’environnement » ne m’a pas convaincu. Je conçois que cela pourrait avoir de bons effets pour l’environnement, mais dès lors, nous reprocherions aux exportations de céréales qui en découleraient d’être le nouveau grand facteur de pollution qui remplace la viande… De mon point de vue, cela revient simplement à déplacer le problème, sans vraiment le résoudre.

    Une de vos questions m’a beaucoup interpellé. Il s’agit de la question quant à l’utilisation d’« organismes génétiquement modifiés (OGM) afin de nourrir toute la population et pallier aux pertes de terres destinées à la production alimentaire ». Vous présentez le soja, dans la partie qui tend à répondre à cette question, comme un aliment qui « permet … d’utiliser moins de pesticides ». En ce sens, je ne peux qu’être d’accord pour son utilisation, et dès lors, prôner ses bienfaits. Cependant je reste sceptique quant à un point ayant déjà fait sujet de plusieurs études : l’isoflavone. Bien qu’étant un légumineux riche en protéines, le soja contient des isoflavones, possédant des propriétés pseudo-œstrogéniques (qu’on associe aux hormones femelles), et qui soulève la question de savoir s’il s’agit d’un perturbateur endocrinien ou non. La plupart des conclusions quant aux dangers de sa consommation, se rejoignent pour dire qu’il n’y a pas réellement de danger pour la santé, à condition de le consommer en quantité raisonnable. Mais est-il possible d’en manger en quantité raisonnable, si l’on vient un jour à tous devenir véganes ? C’est une autre question, qui sans nul doute mérite un autre article, mais qui est pour moi un frein à l’avenir du véganisme.

    J’ai beaucoup aimé votre analyse sur les « filière[s] touchée[s] par un changement de régime alimentaire ». Beaucoup de véganes préconisent ces changements et vante leurs vertus, malheureusement sans trop de fondement. En cela, votre investigation fût plus que nécessaire, et démontre le recul que vous avez sur cette pratique.
    J’ai dans l’ensemble trouvé cet article génial et instructif. La structure de l’article permet d’assez bien assimiler la problématique, et les arguments que vous nous avez présentés sont pertinents. J’ai appris certaines choses, j’en ai redécouvert d’autres que j’ai pu contester selon mon opinion, et j’insiste encore une fois sur le point que j’ai le plus apprécié dans cet article : votre recul et votre lucidité à l’égard du sujet.

    Merci de nous avoir partagé cet article, bonne continuation.

    Romain Lathuilliere
    Un homme qui aime trop la viande pour devenir végane.

    Aimé par 1 personne

  6. Bonjour Romain,

    Merci d’avoir pris le temps de nous lire et de réagir.

    Notre souhait était de regarder l’impact du véganisme à grande échelle. Néanmoins, pour étudier cela, il nous était plus facile de commencer par une plus petite échelle. De plus, la France n’est pas le plus grand consommateur de viande dans le monde. Ainsi traiter ce pays est intéressant car, en plus d’avoir des chiffres liés à notre mode de consommation, nous constatons des avantages là où la consommation de viande est moins importante. Il est donc vrai qu’il faudrait inclure le monde pour être réaliste, rien que de part les échanges alimentaires qui se font à l’international.
    Par ailleurs, nous avons choisi de travailler à l’échelle française et mondiale, puisque inclure les chiffres français nous paraissait primordiale pour nous sentir plus concernés. Nous pouvons aussi ajouter que l’étude s’est faite en fonction des chiffres que nous pouvions trouver dans des bases de données fiables.

    Effectivement Romain, nous sommes tout à fait d’accord, arrêter les échanges de viande serait bénéfique à l’environnement à condition que ces transports ne soient pas remplacés pour d’autres échanges. Si le monde arrête ses échanges de viande puis les remplace par des échanges de soja, riz, pomme de terre… Cela n’est absolument pas bénéfique et revient à, comme tu le dis, déplacer le problème.
    Nous pouvons alors suggérer de simplement diminuer sa consommation de viande, et se tourner vers des achats locaux. Cela permet avec le même budget : d’acheter moins, mais mieux, en évitant les transports pour l’environnement.

    Maintes études sont menées sur l’isoflavone et ses effets sur le corps, et oui cela mériterait un autre article ! Nous avons choisi le soja dans notre étude car lorsque l’on pense aux véganes, le premier mot qui nous vient à l’esprit est soja. Si l’on grossit les choses pour les regarder dans leur ensemble, nous faisons le raccourci : devenir végane = augmenter sa consommation de soja. Les supermarchés fleurissent de lait de soja, yaourt de soja, crème de soja… cette pensée est donc pleinement justifiée. Cependant, consommer de nombreux produits à base de soja est une erreur de végane débutant. L’un des maîtres mots pour un régime alimentaire réussi est la diversité, peu importe le régime que l’on suit tant que l’on retrouve de la diversité dans notre alimentation. Si tu souhaites découvrir plus en profondeur le régime végane, tu découvriras qu’il y a une multitude d’aliments tout aussi variés les uns que les autres, qui sont d’excellentes alternatives. Par exemple, tu peux choisir un lait d’avoine pour déjeuner, puis cuisiner un plat avec de la crème de riz à midi. Lorsque tu prépareras ton café latte, tu peux ajouter du lait d’amande, et enfin le soir cuisiner avec de la crème de millet. Tu peux ainsi passer une journée sans utiliser, de soja dans ton alimentation, ni te frustrer en bannissant tout aliment lacté. Devenir végane, c’est entreprendre un voyage de découverte à travers une nouvelle alimentation. Le débutant peut s’arrêter au soja et au tofu, cependant celui-ci risque des conséquences pour sa santé, mais aussi de vite se lasser 🙂

    Nous sommes ravies de constater que l’article t’ait plus et te remercions pour tes commentaires positifs.

    Belle journée,
    Camille & Océane

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  7. Bonsoir,

    Quel titre accrocheur! Quelle problématique intrigante!
    Le sujet est plus que jamais d’actualité, et la question se pose réellement. Cependant, je ne crois moi non plus pas que le véganisme va se généraliser de sitôt. Trop de contraintes, trop peu d’attraits.
    Même si certains ont conscience qu’il faut limiter voir éradiquer sa consommation de viande, passer le à l’acte n’est pas facile. Mais soutenir les éleveurs respectueux des animaux et limiter son empreinte carbone de par notre consommation globale de produits importés est un premier pas.

    Bonne soirée,
    Que la planète survive!

    J’aime

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