D’une société du tout jetable à un modèle économique circulaire

Par Juline Campo, Naomie Naiken, Elise Sieffert & Lucie Taraska, étudiantes ESTA Belfort, 05/2021  

Mots clefs : #économie #linéaire #circulaire #surconsommation #consommation  

Le vingtième siècle a vu se développer, suite à l’optimisation des modes de production durant la révolution industrielle, une société de consommation qui a multiplié par dix sa ponction de ressources naturelles. En effet, les acheteurs, avides de confort et de bien-être, sont incités à consommer des produits et des services de manière abondante, voire excessive. 

D’après une étude menée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la combinaison de l’évolution démographique et de la croissance exponentielle du mode de consommation des pays développés va très rapidement pousser le stock de ressources naturelles à épuisement complet. Le niveau de consommation de ces dernières sera d’ailleurs déjà inacceptable d’ici le milieu du 21ème siècle. C’est pour cette raison que le modèle économique actuel, dit linéaire, doit être revu rapidement, sous peine d’encourir de nombreux risques environnementaux, puisqu’il n’est plus viable sur le long terme.  

Nous verrons dans cet article quel est l’impact réel du modèle économique linéaire sur l’environnement. Nous soulignerons le fait qu’une prise de conscience générale est en marche : les différents états ainsi que les consommateurs réfléchissent à de nouveaux modes de consommation. Enfin, nous définirons le modèle économique circulaire, modèle qui pourrait sauver les pots cassés ou du moins, limiter les dégâts actuels.  

Le modèle économique linéaire, qu’est-ce-que c’est?  

C’est un modèle qui se caractérise par un mode de consommation simple et concis, que l’on peut résumer en quatre mots :   

Figure 1 : Schéma représentant l’économie linéaire en 4 mots 
Source : personnelle 

Tout au long de ce schéma de consommation, d’importantes quantités de ressources naturelles et d’énergies sont converties en déchets (Fonds FMOQ 2019).  

Une surconsommation chiffrée  

Depuis la moitié du vingtièmesiècle, les dépenses liées à la consommation finale des ménages sont en forte croissance à travers le monde. En effet, pour tous les secteurs confondus, ces dépenses sont passées d’une moyenne de 6000 euros par personne et par an (1960) à un total de 17000 euros (2010). Le logement, les loisirs, les transports, l’alimentation et l’équipement des ménages sont considérés comme les postes les plus coûteux et dans lesquelles la société dépense le plus (Figure 2). A noter que la moyenne a légèrement diminuée entre 2010 et 2014 en raison du développement d’un nouveau modèle économique : l’économie circulaire, qui sera décrite par après. 

Figure 2 : Évolution des dépenses de consommation finale des ménages par poste de 1960 à 2014  
Source : Pierre Galio (2018) “Impact de notre consommation sur l’environnement, une vaste étude fait le point” (Consulté le 10/04/2021)  

L’impact environnemental d’un tel mode de consommation  

Ce modèle économique est un véritable fléau pour l’environnement. En effet, dans celui-ci, l’épuisement des ressources naturelles et des énergies fossiles n’est pas pris en considération alors que leur utilisation augmente constamment jusqu’à en devenir problématique.   

De plus l’économie linéaire est l’une des principales causes de la surproduction croissante des déchets. Il est important de mentionner que la majeure partie des ressources utilisées dans le cadre de l’économie linéaire sont transformées en déchets.   

Finalement ce modèle de consommation engendre une dégradation massive des écosystèmes. La production des biens et des services du monde entier pollue l’eau par des composés azotés ou phosphatés, l’air par des particules fines soufrées, les mers par des plastiques et les sols par différents polluants.  

Ce modèle engendre aussi des répercussions nuisibles au niveau de la santé, dues aux substances nocives contenues dans les produits et l’exposition aux polluants présents dans l’environnement.   

La surconsommation des différents postes ménagers a un fort impact sur l’environnement, surtout en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Figure 3 : L’impact de l’économie linéaire sur l’environnement 
Source : Personnelle 

Un ménage peut être composé de 2,5 tonnes d’équipements, notamment de meubles et d’appareils électroménagers. Pour leur fabrication, il a été nécessaire de mobiliser 45 tonnes de matières premières. Cela représente l’émission de 6 tonnes de dioxyde de carbone ou l’équivalent de 6 allers-retours entre Paris et New York (Firmino Mylan, 2017).   

Une prise de conscience globale  

Depuis plusieurs années, une idée s’est développée à travers le monde : celle de la consommation responsable. L’idée est simple : en consommant mieux (produits locaux, intégrité, produits de seconde main, matières premières écologiques…), on peut faire évoluer le système économique actuel et faire la transition vers un modèle plus durable.  

Certes, la prise de conscience de la nécessité d’une consommation responsable se répand de plus en plus. La plupart des consommateurs comprennent la nécessité de changer de modes de consommation, à la fois pour l’environnement mais aussi pour l’amélioration des impacts social et économique. 

Figure 4 : La prise de conscience traduite en chiffres 
Source : personnelle 

Le problème est que, malgré cette volonté affichée, les progrès de la consommation responsable sont jusqu’à aujourd’hui quasi nuls. La norme reste, pour la majorité des consommateurs, la surconsommation, la consommation de masse, la production industrialisée non locale et non durable. En cause ? Le passage à l’acte d’achat responsable, qui s’avère plus difficile que prévu (Clément Fournier, 2018).

Cependant, ce sont avec les gestes de chacun, petit comme grand, que le modèle économique actuel pourra tendre vers un modèle plus sain, stable et durable. On parle très fréquemment d’une économie circulaire, qui représenterait tout le contraire des modes de consommation actuels.  

L’économie circulaire, qu’est-ce que c’est ?

L’économie circulaire est une approche systémique du développement économique conçue pour bénéficier aux entreprises, à la société et à l’environnement. Elle a pour objectif principal de concilier la minimisation des impacts des activités humaines sur l’environnement et la création de valeur indispensable au développement. 

En opposition à l’économie linéaire, l’économie circulaire est l’idée d’essayer de boucler les flux de matières et d’énergie : dans ce système, les déchets d’aujourd’hui deviendraient les ressources de demain. 

Dans une économie circulaire, l’activité économique construit et reconstruit la santé globale du système. Ce concept reconnaît l’importance de l’économie qui doit fonctionner efficacement à toutes les échelles, pour les grandes et les petites entreprises, pour les organisations et les individus, au niveau mondial et local.   

En synthèse, on peut dire que l’économie circulaire est un système régénératif autonome ayant pour buts :  

  • D’augmenter la création de valeur économique de la consommation de ressources,  
  • De conserver les produits et les matériaux en usage,  
  • D’étendre la durée de vie des produits et d’augmenter leur utilisation pendant leur cycle de vie,  
  • De renouveler le capital naturel, par la réduction des extractions de ses ressources et par la mise en œuvre du cycle biologique,  
  • D’éliminer les déchets et la pollution,  
  • De limiter les gaspillages de ressources et de préférer l’utilisation de ressources renouvelables.  

Le diagramme Papillon, base de l’économie circulaire  

L’économie circulaire, appliquée au monde réel, peut être représentée par le « diagramme papillon » établi par la fondation Ellen MacArthur. Ce diagramme, qui consiste en l’implémentation combinée de plusieurs boucles, repose sur 2 principes fondamentaux : l’éco-conception et l’économie de fonctionnalité. 

Figure 5 : le diagramme Papillon, base de l’économie circulaire  
Source : Personnelle 

Ce diagramme définit les relations entre produits intrants et produits extrants.  

Il représente à la fois les flux de produits techniques liés à l’économie de fonctionnalité et les flux de produits biologiques liés à l’éco-conception.  

Les boucles techniques représentent les solutions de mutualisation, de maintenance, de reconditionnement et de recyclage, qui permettent de restaurer la matière.  

On distingue : 

  • Les boucles internes, qui permettent d’augmenter l’intensité d’utilisation du produit, 
  • Les boucles secondaires, qui augmentent la durée de vie du produit : ces boucles permettent aux industriels de réaliser de grandes économies car l’extraction et la transformation des matières premières peuvent représenter jusqu’à 80% de l’énergie utilisée dans la fabrication d’un produit, 
  • Et la boucle externe qui permet la création de nouveaux composants en limitant l’utilisation de nouvelles matières premières (Chloé Desquirez, 2019).  

Les boucles biologiques, quant à elles, sont basées sur la chimie verte. Il s’agit de produits sains qui permettent une régénération des sols et une valorisation énergétique. Le but étant de restituer la matière biologique à la biosphère pour construire un capital naturel.  

Les boucles internes et secondaires, sont à prioriser car moins consommatrices de ressources du fait de l’utilisation maximale des produits, ce qui permet de minimiser les coûts globaux de traitement et de conserver la valeur des équipements circulants (Aurelien Tramoy, 2021). 

En effet, l’économie circulaire se démarque des logiques de la compensation carbone ou de réductions « à la marge » des émissions de GES. Lorsqu’elle est adoptée au cœur du modèle d’affaire des entreprises, les études de cas permettent d’observer des réductions allant jusqu’à – 34% d’émissions de GES par rapport à un système de production linéaire (Vincent Aurez, Adrian Tan, Adrian Deboutière, Laetitia Carré et Nicolas Schnebelen, 2015). 

Une transition vers un nouveau business model ?  

L’économie circulaire, qui nécessite la mise en place de nouveaux flux pour supporter ses boucles, implique une transition vers un nouveau business model où le consommateur n’achète plus le bien en lui-même, mais seulement le service qu’il lui rend, comme un système de location. Cela signifie donc que le producteur reste propriétaire et responsable du produit jusqu’à sa fin de vie tout en vendant au client l’utilisation des fonctions produits. Ceci permet notamment d’augmenter le nombre de retours des produits finis usagés. Ce business model se caractérise par la gestion de la logistique permettant : 

  • La collecte et la segmentation des produits retournés, 
  • La remise à neuf, 
  • Le recyclage et les contrôles qualité, 
  • L’adaptation des moyens de financement de l’entreprise pour supporter les investissements de la Supply Chain, 
  • De nouveaux indicateurs de performance et l’instauration de standards 
  • Et enfin, de nouveaux modes d’innovation et de collaboration à travers toute la chaine de valeur.  

Impact et bénéfices du passage à un nouveau modèle économique  

L’économie circulaire a aujourd’hui un fort impact macroéconomique et gagne en popularité auprès des entreprises et des gouvernements. Ce modèle permet d’augmenter de manière progressive la croissance économique des produits intrants et d’encourager l’innovation. Au sein des entreprises, cela permettra une réorientation des activités en fonction des principes de l’économie circulaire. Ces avantages comprennent la création de nouvelles opportunités de profit, la réduction des coûts en raison de la diminution des besoins en matières vierges et le renforcement des relations avec les clients.  

En outre, les avantages du passage à une économie circulaire vont au-delà de l’économie et touchent l’environnement naturel. En éliminant les déchets et la pollution, en maintenant les produits et les matériaux en usage et en régénérant les systèmes naturels au lieu de les dégrader, l’économie circulaire contribue fortement à la réalisation des objectifs climatiques mondiaux.  

Ce nouveau modèle en quelques chiffres   

L’économie circulaire est, depuis peu, devenue un concept important pour la Commission Européenne. C’est un objectif pour la société actuelle de basculer vers une économie circulaire sur le long terme. Les objectifs de cette transition sont les suivants :  

Figure 6 : Objectifs de la transition vers un modèle économique circulaire 
Source : personnelle 

Suite à ces décisions, l’Europe accordera un budget de 25 % du budget Européen dédié à la mise en place de nouveaux objectifs pour favoriser l’économie circulaire (Laurence Haeusler et Martin Guyot, 2020).   

Dans les entreprises, qui sont les acteurs les plus polluant de notre société, l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maitrise Ecologique) a défini 7 leviers de l’économie circulaire associés à un 8e levier transversal (Sortez Tout Vert, 2018). Ces leviers sont présentés avec le pourcentage des engagements de chacun par les acteurs :  

Figure 7 : Les leviers de l’économie circulaire en pourcentage d’engagements de chacun 
Source (pour les pourcentages) : Pierre Pringuet et Jean-Louis Chaussade (2017) “Entreprises qui se mobilisent pour 100 engagements” (Consulté le 07/04/2021)  

Grâce au respect des leviers, la dynamique de l’économie circulaire commence à prendre beaucoup d’ampleur et à faire évoluer notre société.   

L’économie circulaire traduite en exemples   

L’industrie textile fait partie des plus polluantes au monde. La production d’un vêtement a un impact écologique très important : Rien que pour fabriquer un t-shirt il faut compter 2700 litres d’eau. Encore pire, un jean nécessite entre 7000 et 11 000 litres d’eau. De plus, lorsqu’il arrive dans les boutiques, le jean a déjà parcouru plus de 63000 km soit une fois et demie le tour de la terre. (Élise Hildenbrand & Félix Koegler, 2020). Il est donc intéressant de se demander comment réduire cet impact écologique, que ce soit par les consommateurs et/ou par les entreprises textiles.  

Pour le consommateur, plusieurs actions peuvent être mises en place pour passer d’une économie linéaire a une économie circulaire. Dans un premier temps, l’achat. Afin d’éviter de rentrer dans une dynamique de fast fashion, il est intéressant de favoriser les achats de vêtements dans des boutiques locales ou directement dans les friperies. En passant par les friperies, le consommateur est déjà dans une dynamique d’économie circulaire puisque ce sont des vêtements de seconde main.   

Une fois le vêtement acheté, l’objectif d’une économie circulaire est de prolonger au maximum sa durée de vie. Pour cela, le consommateur peut mettre en place différentes solutions :   

  • Réparer les vêtements en cas de déchirure, en le faisant sois même où en faisant appel à des professionnels,  
  • Donner ou vendre les vêtements qu’il ne porte plus, à une personne de son entourage, en passant par des plateformes de vente en ligne (qui sont de plus en plus nombreuses), ou encore pas l’intermédiaire d’une friperie ou d’un organisme spécialisé,  
  • Transformer les vêtements qui ne plaisent plus ou qui sont abimés en nouveaux vêtements ou en objet utiles du quotidien (napperons, torchon, coton éco-responsable…).   

Dans les industries, il faudrait penser à la fabrication de vêtements éco-responsables. Pour cela, il faudrait que la consommation de masse soit stoppée. Qu’entend-t-on par consommationde masse ? Certaines enseignes renouvellent leur collection jusque 6 fois par année. Pire, la marque ZARA propose 12 000 vêtements différents par an (Elise Hildenbrand & Félix Koegler, 2020). En diminuant drastiquement la production de vêtements, l’industrie deviendrait alors beaucoup moins polluante.  

Il serait intéressant de penser à utiliser des matières premières issues du recyclage d’anciens vêtements. Cette idée n’est pas encore applicable car il faudrait passer par des industries spécialisées dans le défibrage des anciens vêtements. Il s’agit ici d’entreprises qui déchiquettent les vêtements en les ramenant à l’état de fibres et les refilent pour en faire de nouveaux tissus.  

 Une autre industrie dans laquelle l’économie circulaire est très utilisée est celle des nouvelles technologies, puisqu’environ 30% de la population française achète ou a déjà acheter un produit électronique reconditionné (ordinateurs, tablettes, montres connectées…). Aujourd’hui, plusieurs entreprises, telle que Back Market, sont spécialisées dans la vente de produits high-tech reconditionnés.   

Si certaines personnes préfèrent l’achat de téléphones neufs, d’autres préfèrent acheter des produits de seconde main, qui sont toujours utilisables car peu usés. En effet le principe de ce type d’entreprises est de redonner vie aux produits high-tech en les réparant et en les remettant à neuf dans le but de les vendre à de nouveaux utilisateurs. Ainsi les téléphones et ordinateurs ne meurent jamais et sont vendu bien moins chers.  

Le modèle économique actuel a donc un gros impact sur l’environnement. Il pousse la société à la surconsommation des ressources naturelles, qui s’épuisent de plus en plus rapidement.  

La situation est préoccupante et très inquiétante. Cependant, il y a de l’espoir puisqu’une prise de conscience générale sur la problématique de nos modes de consommation est en route. Nous espérons qu’il sera bientôt possible de passer totalement à un modèle économique circulaire, plus durable et peu demandeur de ressources puisqu’il prend en compte le recyclage des produits consommés. Cependant, cela dépendra du niveau d’implication et de prises d’initiatives de notre société au complet…  

Références

Elise Hildenbrand et Félix Koegler (2020), “Fast-Fashion : Et si la planète changeait de look aussi vite que nous ?”, disponible sur https://laconsciencedesetudiants.fr/2020/05/27/fast-fashion-et-si-la-planete-changeait-de-look-aussi-vite-que-nous/ (Consulté le 23/04/2021) 

Vincent Aurez, Adrian Tan, Adrian Deboutière, Laetitia Carré et Nicolas Schnebelen (2015), “L’économie circulaire, une trajectoire clé pour la lutte contre le dérèglement climatique”, disponible sur : https://institut-economie-circulaire.fr/wp-content/uploads/2018/01/etude_ec_climat-7.pdf  (Consulté le 23/04/2021) 

Fonds FMOQ (2019), “De l’économie linéaire à l’économie circulaire : un passage obligé”, disponible sur : www.fondsfmoq.com/de-leconomie-lineaire-a-leconomie-circulaire-un-passage-oblige/  (Consulté le 10/04/2021)  

Firmino Mylan (2017), “Qu’est ce qui diffère entre l’économie linéaire et circulaire ?”, disponible sur : https://blog-travaux.primesenergie.fr/economies-energie/eco-gestes/economie-lineaire-circulaire#:~:text=Jusqu’%C3%A0%20aujourd’hui%2C,courant%20de%20l’ann%C3%A9e%202020  (Consulté le 10/04/2021)  

Pierre Galio (2018), “Impact de notre consommation sur l’environnement, une vaste étude fait le point” , disponible sur : https://theconversation.com/impact-de-notre-consommation-sur-lenvironnement-une-vaste-etude-fait-le-point-103931   (Consulté le 10/04/2021)  

Sortez Tout Vert (2018), “Economie circulaire VS Economie linéaire”, disponible sur :https://sorteztoutvert.fr/economie-circulaire-vs-economie-lineaire/  (Consulté le 10/04/2021)  

Chloé Desquirez (2019), “Economie circulaire, l’émergence d’un nouveau business model ?” , disponible sur : www.axoma-consultants.com/economie-circulaire-lemergence-dun-nouveau-business-model/ (Consulté le 10/04/2021)  

Laurence Haeusler et Martin Guyot (2020), “Déchets : chiffres-clés” , disponible sur :  www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/dechets-chiffrescles-edition2020-3-010692.pdf  (Consulté le 10/04/2021)  

Institut National de l’économie circulaire (2019), « L’économie circulaire et les entreprises », disponible sur : https://institut-economie-circulaire.fr/economie-circulaire/ec-et-entreprises/  (Consulté le 10/04/2021)

Pierre Pringuet et Jean-Louis Chaussade (2017), “Entreprises qui se mobilisent pour 100 engagements” , disponible sur : https://afep.com/publications/economie-circulaire-33-entreprises-se-mobilisent-avec-100-engagements/  (Consulté le 07/04/2021)  

Clément Fournier (2018), “Consommation responsable : difficile passage à l’acte” , disponible sur : https://youmatter.world/fr/consommation-responsable-difficile-pratique/  (Consulté le 07/04/2021)  

SupplyChain247 (2018), “Circular Supply Chain – The Missing Link” , disponible sur: www.supplychain247.com/article/circular_supply_chain_the_missing_link/Circular_Economy  (Consulté le 07/04/2021)  

Aurelien Tramoy (2021), “Au fait, c’est quoi l’économie circulaire ?” , disponible sur : http://circulotopia.fr/au-fait-cest-quoi-leconomie-circulaire/  (Consulté le 05/04/2021)  

Ellen MacArthur Foundation (2017), “The circular economy in detail”, disponible sur : www.ellenmacarthurfoundation.org/explore/the-circular-economy-in-detail  (Consulté le 05/04/2021)

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13 commentaires

  1. L’économie circulaire est un sujet très à la mode en ce moment. Un système de notation de la réparabilité des produits a été mis en place par le gouvernement français au début de l’année 2021, pensez-vous que ce genre d’initiatives pousse vraiment les gens à quitter le model de surconsommation ? Ou c’est juste une forme de greenwashing ?

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    1. Bonjour,

      Merci d’avoir pris le temps de lire notre article.

      Tout d’abord, il faut savoir qu’en France, la notion d’économie circulaire s’inscrit dans les Codes de l’environnement, de l’énergie et de la consommation (Nazet-Allouche, 2015). Ainsi, la transition vers une économie circulaire est désormais actée comme un instrument au service de l’objectif de développement durable (article L. 110-1 5° Code de l’environnement) et non pas une forme de greenwashing. L’économie circulaire devient l’un des objectifs de la politique énergétique (article L. 100-4 du Code de l’énergie). La « commande publique durable » est consacrée en tant qu’outil « au service de la transition vers une économie circulaire »[3].

      Par ailleurs, l’économie circulaire est un des 9 axes de la Stratégie nationale de la transition écologique vers un développement durable (SNTE-DD, 2015-2020). Dans ce contexte, plusieurs Régions initient une stratégie d’économie circulaire.
      En parallèle, des guides sont développés permettant la mise en œuvre du concept, le guide méthodologique Comptabilité des flux de matières dans les régions et les départements publié par le Commissariat Général au Développement Durable ou encore le guide méthodologique du développement des stratégies régionales d’économie circulaire en France.

      Concernant plus spécifiquement les entreprises, on voit fleurir différents outils qui peuvent aider les entreprises à avancer : Guides et normes sur les achats responsables (norme ISO 20400), sur l’analyse du cycle de vie (ISO 14040 et 14044), sur l’écoconception (NF X30-264 de 2013), sur la gestion de l’obsolescence (NF EN 62402 Janvier 2008) ; Ouverture d’un site de la fédération de recyclage, avec des liens avec le code de l’environnement (si le sujet t’intéresse je te conseil d’aller faire un tour sur cette page : http://www.cercle-recyclage.asso.fr/bibliotheque/les-textes-legislatifs-et-reglementaires.html) ; Plateforme de l’association OREE sur l’aide à l’écoconception.

      Merci encore pour ton commentaire,
      Toute l’équipe.

      Aimé par 2 personnes

  2. Article très intéressant et bien illustré. De plus, l’explication du diagramme « papillion » demeure très bien construite. Quels sont les freins face à la démocratisation de l’économie circulaire dans notre société ?

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    1. Bonjour,

      Merci pour ton commentaire.

      Aujourd’hui, les entreprises témoignent d’un écho favorable à la notion d’économie circulaire (en réponse aux préoccupations environnementales, économiques et sociales), mais aussi de réserves quant à la réalité de sa mise en œuvre et quant aux bénéfices tangibles que peut leur apporter l’engagement dans une telle démarche. De nouvelles pratiques émergent (écoconception de produits, valorisation de résidus d’activités, mutualisation de services et d’équipements, développement de circuits courts et de proximité…) mais restent fragmentées sur une partie du processus de production.

      Et pour que cela fonctionne, il est nécessaire de sortir de la logique linéaire qui imprègne le fonctionnement quotidien des entreprises ce qui revient à une modification profonde du fonctionnement de la chaîne de création de valeur et demande à surmonter bon nombre freins :

      Résistance au changement. Sauf pour les entreprises qui en ont fait leur activité, le recyclage, la valorisation des flux, la mutualisation, … ne sont pas au cœur du métier de l’entreprise. Certaines peuvent être dissuadées face aux moyens à mobiliser : temps, coût, prise de risque avec un résultat incertain.

      Freins réglementaires. La réglementation évolue de manière rapide et fréquente, notamment au niveau du recyclage. Les normes se multiplient, et le cadre européen n’est pas forcément moteur. Si l’écoconception est une démarche applicable à tous types de produits, la réglementation européenne ne l’exige que pour les produits liés à l’énergie (Directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009, transposée en droit français le 28 juin 2011). Parfois, les règles d’urbanisme ne favorisent pas l’écoconception du bâti (bois pour la construction, isolation par l’extérieur…).

      Freins organisationnels. Cette nouvelle économie exige la mise en place de réseaux efficaces et économiques de collecte des matières et des flux (organisation et infrastructures). L’entreprise est dépendante de ses fournisseurs de matières premières ou composants et, toute innovation pour tendre vers une économie circulaire nécessite de nouer avec eux des collaborations étroites pour trouver des solutions technologiques ou logistiques adaptées.

      Freins techniques. Pour valoriser, il faut séparer des matières et des flux puis trier, ce qui nécessite des technologies efficaces. Une transformation d’un flux homogène est souvent nécessaire, ce qui implique de chercher une optimisation efficace du recyclage. Il convient alors d’identifier les changements de conception pour augmenter le potentiel de recyclabilité des matériaux utilisés, mais aussi d’intégrer les limites des procédés et technologies utilisés par les différents acteurs du secteur du recyclage.

      Freins économiques. La performance technologique est pour nombre de produits, notamment le High Tech, l’argument commercial majeur. Les pratiques de consommation responsable concernent encore un petit nombre de personnes, même si la tendance est à la hausse (surcoût des produits, doute sur la qualité et propriétés des produits recyclés…). A la faiblesse de la demande des consommateurs finaux, s’ajoute la taille relativement réduite de certains marchés.

      Merci,
      Toute l’équipe

      Aimé par 1 personne

  3. Votre article est très intéressant et très bien construit !
    De quelle manière pensez-vous que les consciences des populations pourraient être changées afin que le modèle d’économie circulaire entre dans les mentalités et soit pleinement mis en place dans notre société actuelle ?

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Elisa,

      Merci de t’être intéressée à notre article.

      D’après nous, il existe une multitude de façons de sensibiliser les populations à l’économie circulaire, afin de les pousser à consommer de manière plus responsable.

      Ainsi, la manière la plus simple et d’après nous, la plus efficace, serait d’aborder le sujet durant le parcours scolaire des jeunes populations. En effet, comme nous le répétons assez souvent, les jeunes sont l’espoir de notre avenir. Ainsi, en les éduquant dès leur plus jeune âge et en les sensibilisant à de telles problématiques, cette prise de conscience serait ancrée dans leur mode de pensée. Ils consommeraient alors automatiquement de manière plus responsable.

      Pour les personnes qui n’auraient pas eu l’occasion d’aborder cette thématique à l’école, les entreprises pourraient mettre en place des campagnes publicitaires de sensibilisation.

      Il serait également intéressant de proposer des sessions de sensibilisation, comme l’a fait l’UNAF en 2015 (https://www.unaf.fr/spip.php?article19047).

      Il sera cependant assez compliqué de sensibiliser l’intégralité de la population mondiale à ce sujet. Nous espérons que, lorsque la prise de conscience aura pris assez d’ampleur à travers le monde, les populations réticentes ou mal renseignées à ce sujet suivront le mouvement général afin de minimiser l’impact de notre mode de consommation.

      Cordialement,
      Toute l’équipe.

      Aimé par 1 personne

  4. Super article ! Je vois de plus en plus de produits proposés par des start-up, proposant un packaging recyclé et un système de recharge pour éviter le gaspillage, à l’image du shampoing solide. Ces produits ecofriendly coûtent cependant plus cher, pensez-vous qu’il soit possible de rivaliser avec les entreprises prônant encore un modèle d’économie linéaire ?

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Patrick,

      Nous te remercions pour ton commentaire et tes interrogations.

      Comme tu as pu le souligner, pour le moment, certains produits eco friendly sont plus chers à l’achat. Cela est induit par différents facteurs :
      – Le recyclage des déchets est très coûteux,
      – Les coûts de recherche et de développement des produits en question doivent être rentabilisés,
      – Les matières premières qui sont respectueuses de l’environnement coûtent souvent plus cher car elles sont moins populaires et donc moins produites/extraites,
      – La conception et la fabrication de ces produits sont onéreuses.

      Cela signifie que consommer de façon plus responsable n’est pas bénéfique sur tous les points et à tous les niveaux. Et cela ralentit très certainement le changement qui est en marche.

      Cependant, les entreprises se démènent pour trouver des processus de fabrication écologiques plus abordables, qui impacteraient positivement le prix final des produits en question.

      Avec du temps et de la patience, le prix de ces produits va également diminuer et finira par rattraper le prix des produits issus de l’économie linéaire, puisque les différents coûts induits par leur conception seront rentabilisés.

      Par ailleurs, comme expliqué dans notre article, les matières premières qui entrent dans le cycle de l’économie linéaire sont des ressources naturelles qui se raréfient. Lorsque nous atteindrons un point critique, leur prix va alors augmenter considérablement, et cela se fera ressentir sur le prix des produits finaux.

      Il est alors possible que les produits eco friendly rivalisent un jour avec les produits issus de l’économie linéaire. Et puis, lorsque nous consommons d’une manière responsable, nous le faisons avant tout pour sauver notre planète !

      A noter :
      Un point positif de l’économie circulaire est que de nombreux produits issus de cette dernière restent tout de même bien moins dispendieux que les produits neufs : on peut notamment penser aux vêtements de seconde main et aux appareils technologiques reconditionnés.

      Cordialement,
      Toute l’équipe.

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  5. Merci pour la qualité de votre article, très bien détaillé. L’ajout d’exemples à la fin de l’article m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement d’ensemble de l’économie circulaire.
    Comme vous l’avez évoqué, le cadre Européen n’est pas forcément moteur dans le déploiement à grande échelle de l’économie circulaire. Or, la France tente d’accélerer et prendre les devants, quitte à laisser l’Europe de côté. Les entreprises françaises devront-elles sensibiliser leurs filiales à l’étranger pour pouvoir se placer comme des acteurs majeurs dans l’économie circulaire ?
    Merci d’avance pour votre réponse.

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  6. Un article bien détaillé et qui traite d’un sujet intéressant et très tendance ces derniers temps. Existe-t-il des acteurs ou ce modèle économique demeurera impossible ? Si oui, pourquoi et comment pourraient-ils y remédier si tous les autres acteurs tendent vers ce modèle économique ?

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  7. Bonjour à vous toutes ! Merci pour cet article très bien rédigée et agréable à lire 🙂
    Le modèle économique circulaire est-il viable pour tous les domaines d’activités (ex : Dans la figure 2 on peut voir l’évolution des consommations d’un ménage, est-il transposable dans le domaine de la santé ou autres?
    Est-ce que ce modèle peut-être utiliser dans tous les pays ?
    Sachant que la population mondiale est en pleine expansion, est-il possible que ce modèle économique soit relativement exploitable pour qu’il n’y ait pas de « pénurie » pour l’alimentaire par exemple ?
    Merci d’avance !

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  8. Bonsoirl’équipe ,

    Merci pour cet article, c’est vrai qu’en ce moment on entend beaucoup parler d’économie circulaire et votre article permet d’y voir plus clair et de mieux comprendre. Cependant je ne peux pas m’empêchèrent de penser que cela est un peu utopique dans le sens où les entreprises essayent d’une part de se donner une bonne image avec l’émergence des thèmes liées à la RSE et d’autre part à cause du fait que les mentalités de certains sont réticentes à utiliser un produit qui ne leur appartient pas où qui a déjà appartenu à quelqu’un d’autre.. En espérant tout de même que ce système pourra devenir la norme.

    Bonne soirée

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  9. Bonsoir l’équipe,

    Merci pour cet article, c’est vrai qu’en ce moment on entend beaucoup parler d’économie circulaire et votre article permet d’y voir plus clair et de mieux comprendre. Cependant je ne peux pas m’empêchèrent de penser que cela est un peu utopique dans le sens où les entreprises essayent d’une part de se donner une bonne image avec l’émergence des thèmes liées à la RSE et d’autre part à cause du fait que les mentalités de certains sont réticentes à utiliser un produit qui ne leur appartient pas où qui a déjà appartenu à quelqu’un d’autre.. En espérant tout de même que ce système pourra devenir la norme.

    Bonne soirée

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