L’énergie est notre avenir, biomimétisons la !

Par Camille Fernandes, Patrick Garnier, Julien Gaudry & Marie Petit, étudiant.e.s ESTA Belfort, 05/2021.

Mots clés : #biomimétisme #énergie #développement durable #innovation

Le biomimétisme est un terme qui regroupe l’ensemble des ingénieries inspirées du vivant. Ce terme vient du grec, βίος bíos (vie) et μίμησις mímêsis (imitation). Le terme biomimétisme apparaît pour la première fois en 1980. Il fut par la suite vulgarisé par la biologiste Janine Benyus, auteur de l’ouvrage Biomimicry : Innovation Inspired by Nature (Benyus, 1997). Le biomimétisme s’inspire des formes, des matières, des propriétés, des processus et des fonctions du monde vivant. Il concerne aussi bien l’échelle nanométrique que l’échelle macroscopique ou écosystémique. C’est donc un concept interdisciplinaire entre la chimie, la biologie et l’ingénierie, qui consiste à s’inspirer des solutions issues du vivant, dans le but de concevoir de nouvelles technologies durables et efficaces.

À une époque où le réchauffement climatique et le développement durable s’imposent comme des enjeux majeurs, l’Homme doit faire face à ces préoccupations environnementales et y trouver des solutions. Le biomimétisme permet des avancées technologiques dans de nombreux domaines, parmi lesquels l’innovation d’architecture et l’économie d’énergie. Le biomimétisme représente ainsi un réel moyen pour répondre à ces problématiques contemporaines.

Une étude de l’être vivant à 360°

Le biomimétisme s’applique à différents niveaux et sous-niveaux (figure 1). Chaque niveau du biomimétisme représente un levier d’innovation et de recherche.

Figure 1 : Les différents niveaux de biomimétisme.
Source : Natasha Chayaamor-Heil, François Guéna et Nazila Hannachi-Belkadi (2018)

Le niveau organique est un biomimétisme de forme ou de surface. Il correspond à l’imitation des formes que l’on trouve dans la nature. Le monde vivant évolue depuis plus de 3 milliards d’années. Leur morphologie s’est parfaitement adaptée à leur habitat naturel au cours du temps. Ce concept est tout particulièrement repris dans l’architecture, c’est par exemple le cas du cactus, comme nous le verrons ultérieurement. Mais c’est également le cas d’autres types d’ingénieries, comme les éoliennes. En effet, les ingénieurs se sont inspirés des baleines à bosses, dont les nageoires sont recouvertes bosselures situées sur le bord antérieur de leurs nageoires pectorales. La surface de leurs nageoires a été reproduite sur les pales des éoliennes (figure 2). Grâce à cette innovation, les parcs éoliens peuvent désormais produire jusqu’à 20 % d’énergie supplémentaire par vent faible.

Figure 2 : Comparaison entre une nageoire de baleine à bosse (gauche) et une pale d’éolienne améliorée (droite).
Source : Biomimesis (2016), consultée en avril 2021

Le niveau comportemental correspond à un biomimétisme de processus et de fonction. Il s’agit d’observer comment la nature fait pour réaliser une action, afin de la reproduire. Ici, ce n’est pas la structure de l’organisme qui est reproduit, mais bien son comportement. C’est par exemple le cas des termites, qui construisent leur habitat de façon à optimiser la température intérieure, nous le développerons par la suite.

Le niveau écosystème correspond à un biomimétisme cherchant à imiter des écosystèmes déjà présents dans la nature. Dans ce cas, l’Homme cherche à comprendre comment les espèces interagissent avec leur environnement, dans le but de produire un écosystème stable et durable. En effet, chaque organisme d’un écosystème produit un substrat profitable à son environnement. Par exemple, le Physarum Polycephal, une espèce de moisissures, a inspiré le réseau de transports de Mexico. Cet organisme inspiré les ingénieurs, par leur capacité à explorer leur environnement afin de trouver le chemin le plus court vers des sources de nourriture. L’Homme a reproduit ce schéma en développant un algorithme capable d’optimiser tout un réseau de transport, en réduisant le nombre de lignes de celui-ci, tout en maximisant son efficacité. L’algorithme prend en compte simultanément la géographie, la densité de la population et les éventuels incidents qui peuvent se produire sur le réseau.

Le biomimétisme au cœur des stratégies de développement et d’innovation

Le biomimétisme est reconnu comme étant une méthodologie d’innovation privilégiée dans le domaine de la recherche scientifique. Le Ministère de la Transition Ecologique promeut le biomimétisme depuis 2014 pour le développement de nouvelles solutions durables à l’avenir. Le CEEBIOS – Centre d’études et d’expertises en biomimétisme – est un partenaire clé du gouvernement pour la recherche scientifique en faveur de la transition écologique et du développement durable. De nombreuses régions comme Nouvelle-Aquitaine ont signé un partenariat avec le CEEBIOS pour utiliser le biomimétisme « comme levier de développement et de croissance durable des entreprises régionales ». L’association a accompagné plus de 50 projets publiques et privés de R&D dans des secteurs à fort impact environnemental, comme la filière énergie représentée par EDF, Engie ou Eiffage.

Le cabinet de conseil NewCorp Conseil propose une matrice du biomimétisme stratégique (figure 3) illustrant les différents domaines d’applications du biomimétisme. Couplé à l’analyse du bureau d’étude VertigoLab Europe, il en ressort 4 axes principaux d’innovation :

  • L’innovation produit : le développement de produits améliorés ou nouveaux produits répondant à des besoins d’amélioration économique, sociale, environnementale ou utilitaire ;
  • L’innovation de procédé : le développement de nouveaux procédés d’industrialisation permettant d’améliorer et/ou de mieux balancer les facteurs de technicité, de coût, de rapidité, de consommation d’énergie ou d’impact environnemental ;
  • L’innovation d’organisation : le développement d’écosystèmes plus performant au sein d’organisations ;
  • L’innovation de stratégie : le développement de nouvelles stratégies d’entreprises (RSE) ou de commercialisation ;
Figure 3 : La matrice du biomimétisme stratégique par NewCorp Conseil
Source : NewCorp Conseil (2020)

L’accélération de l’innovation et du développement par le biomimétisme s’appuie sur deux axes principaux : l’observation de mécanismes issus de vie organique et la mise en place de méthodologies. AskNature est une base de données créée par l’institut européen Biomimicry afin de rassembler les études et observations réalisées sur les êtres vivants. Les données sont open-source et comprennent les analyses micro et macro-organiques des êtres vivants et leurs interactions avec un ou plusieurs écosystèmes.

Après s’être intéressé à un phénotype spécifique, il est nécessaire de poser une phase de réflexion afin de déterminer quelles applications peuvent être améliorées grâce aux procédés biomimétiques. Cette phase de recherche est encadrée par plusieurs méthodologies (TRIZ, ASIT, BioASIT, etc.) montrant chacune des forces et des faiblesses en matière d’innovation et de développement durable. Les principales méthodes utilisées sont :

  • La méthode BioTRIZ : cette méthode se base sur la modification de la matrice TRIZ, proposant l’identification et la résolution de contraintes techniques à partir de 40 principes de conception. La matrice BioTRIZ reprend ce précepte en proposant l’application de principes avérés du biomimétisme. C’est un outil d’application de concepts biomimétiques au service de l’innovation ;
  • La méthode C-K : cette méthode permet de partir d’un concept (produit, service, procédé, etc.) existant pour établir des concepts (C) non-exploitées à partir de connaissances (K) disponibles. La méthode permet la décomposition fonctionnelle d’un concept afin d’émettre de nouvelles hypothèses de conception en les associant à d’autres concepts utilisant ces mêmes hypothèses.

Et si nous nous inspirions des termites pour ne plus utiliser la climatisation ?

Le EastGate Center à Harare, au Zimbabwe, est un très bon exemple de biomimétisme appliqué au développement durable. En effet, cet immeuble ne possède pas l’air conditionné, mais il est autonome à 90% et il consomme 35% d’énergie en moins par rapport à d’autres immeubles du pays. Ce centre commercial et immeuble de bureaux, construit par Mike Pearce et ouvert en 1996, est inspiré des termitières qui peuvent atteindre parfois plusieurs mètres de haut. Ce bâtiment fonctionnel et innovant compile différents systèmes de ventilation inspirés des diverses structures de termitières (figure 4).

Figure 4 : Exemples de deux modèles de ventilation de monticules. A gauche, flux par thermosiphon ; à droite, flux induit.
Source : Zillante et al. (2010)

Les termites utilisent des systèmes de ventilation qui leur permet de garder leur habitat au frais. Lorsqu’il fait 40°C dehors, l’intérieur ne dépasse jamais 30°C. Pour cela, elles creusent le long de la paroi des petits trous qui n’endommagent pas la structure de la termitière, ni ne la fragilisent, tout en laissant ainsi circuler l’air. Les trous les plus proches du sol servent d’entrée à l’air frais. Celui-ci remonte ensuite dans la termitière au fur et à mesure qu’il se réchauffe. Les trous supérieurs permettent ensuite l’évacuation de l’air chaud vers l’extérieur.

Figure 5 : L’EastGate Center, inspiré par les termitières, consomme 35% d’énergie en moins que les autres bâtiments du pays.
Source : Huot, A., (2018)

À l’image des termitières, ce bâtiment a été construit à partir de dalles en béton et de briques qui sont deux matériaux résistants, permettant d’absorber beaucoup de chaleur sans induire de grandes variations de température à l’intérieur du bâtiment. La chaleur est ensuite rétrocédée durant la nuit évitant ainsi une trop forte baisse de température dans les locaux. À l’inverse, la fraîcheur nocturne est accumulée et sera restituée le lendemain pour limiter la hausse de la température. De plus, tout comme les cactus, l’EastGate Center est équipé de nombreuses petites fenêtres, dont aucune n’est exposée directement au soleil, limitant ainsi les gains de chaleur durant la journée et améliorant les pertes de chaleur pendant la nuit (figure 5). Cette auto-régulation permet de réduire grandement l’utilisation d’équipements tierces et la consommation continue d’énergie.

Afin d’assurer un renouvellement de l’air au cours de la journée ainsi qu’une température suffisante, le patio est surplombé par une verrière ouverte au vent permettant une rentrée d’air. En outre, des ventilateurs à faible consommation d’énergie permettent de faire remonter l’air frais de la nuit dans les planchers des 7 étages du bâtiment. L’air chaud généré est également dirigé dans ces conduites et sera par la suite évacué par l’une des 48 cheminées que compte l’immeuble, suivant exactement le même principe que les termitières.

C’est donc en s’inspirant de la nature que l’EastGate Center et arrive à maintenir une température inférieure à 30°C en journée et 15°C pendant la nuit sans avoir recours à la climatisation. Une telle efficacité énergétique, appliquée à grande échelle, représenterait un atout clé pour le développement durable.

Comment le cactus a-t-il inspiré les ingénieurs pour optimiser la consommation d’énergie ?

La faune et la flore du désert ont stimulé plusieurs études pour la collecte de l’eau. Basée sur des principes dérivés des scarabées du désert du Namib des cactus et des sarracénies, qui combine de manière synergique ces aspects de la condensation (figure 6).

Figure 6 : Captation de l’eau chez les êtres vivants.
Source : Park et al., 2016

Ces études ont mené à la conception de nouveaux matériaux innovants et de structures permettant la condensation ainsi que le guidage de l’eau récupérée pour une utilisation en architecture dans des zones de stress hydrique intenses, la diminution de l’énergie nécessaire pour les distillations dans l’industrie grâce à ces revêtements qui facilitent la condensation, etc.

L’exemple du cactus est le parfait exemple d’applications multiples des caractéristiques d’un végétal pour aider l’Homme pour des défis de captation de vapeurs. En effet, les systèmes d’aiguilles du cactus permettent de condenser, capter et diriger les vapeurs. Cet aspect technique est utilisé par exemple en architecture pour capter l’humidité et pour mieux gérer les échanges thermiques. Autre exemple le projet de bâtiment pour le Ministère de l’Agriculture du Qatar. Le bâtiment est conçu pour avoir une efficacité énergétique optimale en climat aride, le système de volet pare-soleil permettent d’économiser des frais de climatisations (figure 7 gauche).

Un autre projet architectural nommé Ecotone à Paris pour 2024 qui reprend beaucoup de concepts de biomimétisme comme la ventilation naturelle de la structure à la manière d’une pomme de pin permettant des économies d’énergie significatives (figure 7 droite). Le projet en forme de colline recouverte à 40% de végétaux permet de filtrer « naturellement » l’eau par ruissellement.

Figure 7 : Ministère de l’Agriculture du Qatar (gauche) et Ecotone (droite)
Source : URBEO, 2015 & Louis Delafon, 2020

L’architecture s’est souvent inspirée de la nature pour sa beauté, mais les avancées de la science en termes d’observation permettent aux architectes de s’inspirer de celle-ci pour résoudre des problèmes techniques et répondre aux problématiques du développement durable.

Les avancées et l’avenir du biomimétisme

Le biomimétisme est donc une source d’inspiration intarissable. Les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique et pour favoriser le développement durable semblent être à portée de main, quelque part dans la nature. Les applications du biomimétisme n’ont aucune limite : l’architecture, le transport, la médecine, les nouvelles technologies, le développement de nouveaux matériaux, et autres. Les progrès de toutes ces sciences pourraient être fulgurants à l’avenir. Cependant, la plupart des gouvernements, des laboratoires de recherche et des entreprises n’ont pas encore pris conscience du potentiel de ce concept trop peu connu, et pourtant prometteur.

Les avancées sur le sujet sont lentes, comparées à l’accélération du réchauffement climatique et des problèmes environnementaux. La question suivante persiste : « L’étude des êtres vivants et le biomimétisme sont-ils des solutions pertinentes pour accélérer le développement durable et la transition énergétique ? »

Références

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Biomimicry Institute., (2018) Biological Strategies [en ligne]. Etats-Unis : Asknature.org. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : https://asknature.org/biological-strategies.

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Huot, A., (2018), Biomimétisme : la clim’ de cet immeuble est inspirée par les termites [en ligne], France : L’ADN Tendances [consulté en Avril 2021] Disponible depuis : https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/maison-2050/biomimetisme-la-clim-de-cet-immeuble-est-inspiree-par-les-termites/.

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Louis Delafon, (2020). Ecotone : le bâtiment qui s’inspire de la nature [en ligne]. France : Paris Match. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : https://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Ecotone-le-batiment-qui-s-inspire-de-la-nature-1716609

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Ministère de la Transition Ecologique., (2019) Le biomimétisme [en ligne]. France : Ecologie.gouv.fr. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : https://www.ecologie.gouv.fr/biomimetisme.

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Park, K.-C., Kim, P., Grinthal, A., He, N., Fox, D., Weaver, J.C., Aizenberg, J., (2016). Condensation on slippery asymmetric bumps. Nature 531, 78–82. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : le doi 10.1038/nature16956 ou https://doi.org/10.1038/nature16956

Renaudin, A., (2020) Le monde d’après existe, il ya 3,8 milliards d’années ! [en ligne]. France : NewCorp Conseil. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : https://newcorpconseil.com/2021/01/17/le-monde-dapres-existe-il-a-38-milliards-dannees.

Rocfort, M., Panet, C., Delande, R., Serrau, C., (2015), L’Eastgate Building, « le bâtiment termitière » [en ligne] France [consulté en Avril 2021] Disponible depuis : https://biomimetisme.wordpress.com/le-biomimetisme-dans-lhabitat/.

Terrier, P., Glaus, M., Raufflet, E., (2017) Biomimétisme : outils pour une démarche écoinnovante en ingénierie [en ligne]. France : OpenEdition Journals. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : le doi 10.400/vertigo.17914 ou https://journals.openedition.org/vertigo/17914.

URBEO, (2015) Architecture biomimétique [en ligne]. France : Calameo. [Consulté en Avril 2021]. Disponible depuis : https://www.calameo.com/read/002595223b76153823070

Zillante, G., Pullen, S., Wilson, L., Davidson, K., Chileshe, N., Zuo, J., Arman, M., (2010) Industrialised, Integrated, Intelligent sustainable Construction [en ligne] France : University of Adelaide [consulté en Avril 2021] Disponible depuis: https://digital.library.adelaide.edu.au/dspace/bitstream/2440/84302/2/hdl_84302.pdf.

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21 commentaires

  1. Article très inspirant. Pensez-vous que le biomimétisme pourrait être appliqué au sein d’une entreprise ? Si oui, avez vous des exemples qui auraient déjà été mis en place et quels sont les bénéfices apportés ?

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    1. Bien sûr que le biomimétisme pourrait être appliqué au sein des entreprises. Je n’ai pas d’exemple d’entreprise en tête mais si c’est le cas, il s’agirait de l’étude des comportement et donc d’un biomimétisme de processus.
      Un exemple pourrait être la mise en place d’une organisation similaire à celle d’une ruche ou d’une fourmilière, où chaque personne effectue une tache unique. Cela permettrait des gains de temps et d’efficacité, et induirait donc des bénéfices financiers.

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    2. Merci Lucie pour ta question !
      L’un des exemples le plus connu est l’avion, qui s’inspire de l’oiseau et de sa faculté naturelle à voler. Plus récemment, l’entreprise New World Wind à développé une éolienne inspirée de la forme d’un arbre, dont les branches et les feuilles sont très sensibles au mouvement du vent. Les solution permet ainsi de produire de l’électricité en milieu urbain (couplé avec des micro-panneaux photovoltaïques), et le design proche de l’arbre résoud les problématiques liées à l’esthétique. Le prix d’une éolienne varie entre 25.000€ et 45.000€. Je t’invite à visiter le site de New World Wind, promis nous ne sommes pas sponsorisés 😉

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  2. Article très intéressant ! Si bien sur le fond que dans la forme.
    Selon vous, quelles sont les démarches à mettre en œuvre auprès des entreprises et collectivités pour les sensibiliser au biomimétisme ?
    Au delà de l’aspect écologique, il semblerait que le biomimétisme représente un enjeu économique fort pour nos entreprises. Ces dernières doivent elles investir massivement et dés maintenant dans de la R&D axée biomimétisme ?

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    1. Merci Valentin pour ta question !
      Pour rappel, le biomimétisme est un moyen pour pousser l’innovation, mais ce n’est pas le seul ! De nombreux outils existent, comme cité dans l’article. Le biomimétisme est un concept récent qui a l’avantage d’apporter une nouvelle réflexion pour faciliter l’innovation. Dans un contexte de marchés très concurrentiels et de course à l’innovation, le biomimétisme est ainsi un levier intéressant pour accélérer le développement et la R&D. Il y a donc un réel potentiel à investir dans ce type d’approche.
      Pour répondre à ta question sur la sensibilisation, celle-ci est encore partielle, bien que plusieurs programmes ont été lancés par l’État français et d’autres organismes européens. Un travail est cependant entrepris par quelques collectivités comme la Nouvelle-Aquitaine et son programme dédié aux entreprises locales. Comme la transformation digitale, la conversion au biomimétisme sera lente, mais profitera aux premiers venus ! Lorsqu’une entreprise ou une collectivité prendra de l’avance sur ses concurrents grâce au biomimétisme, les autres acteurs opteront naturellement pour une approche biomimétique similaire. 😉

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  3. Article vraiment instructif, comme vous l’avez dit, le biomimétisme est trop peu connu, merci donc pour ce partage d’informations. J’aurais une question concernant le batiment au Zimbabwe, comment utiliser le même principe, en s’inspirant de thermitière, dans des pays plus froids ? Le batiment semble très bien éliminer la chaleur, mais comment la garder pour les periodes d’hiver dans des pays comme la France ?

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    1. Merci Juline pour ta question très intéressante !
      En prenant le problème à l’envers, il est plus difficile de garder ou de créer de la chaleur que de réussir à l’évacuer. La chaleur est premièrement une forme d’énergie (calorifique) qui résulte d’une transformation, comme un radiateur électrique qui transforme l’électricité en chaleur. Par contact, l’air ambiant se réchauffe. L’air chaud est cependant moins danse que l’air froid, il a donc tendance à s’échapper par ce qu’on appelle des ponts thermiques, des interfaces d’échanges avec l’extérieur. Il y a donc deux questions à se poser : comment créer efficacement de la chaleur et comme la garder efficacement.
      Pour la création d’énergie, je t’invite à parcourir les autres commentaires, dans lesquels se trouvent une présentation de New World Wind et de la Smart Flower. Pour conserver l’énergie, des recherches sont effectuées pour améliorer l’isolation, en partant du pingouin qui arrive à maintenir sa température corporelle à l’aide de sa densité de plume (12 par cm²) et des couches d’air isolantes. Les travaux sont cependant encore à l’état de recherche 🔎.

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  4. Cet article nous montre encore une fois que la nature est très bien faite et qu’elle se suffit à elle-même. Le biomimétisme est un sujet très passionnant et, comme vous avez pu le préciser, ses applications sont très nombreuses, puisque l’Homme a réalisé que la nature était une source d’inspiration fiable. Certaines des applications du biomimétisme sont d’ailleurs très épatantes. Je tenais à en expliciter un exemple, pour compléter vos propos et profiter aux personnes qui s’intéresseraient à ce sujet suite à la lecture de votre article. De nombreuses études ont montré que la structure alvéolaire des ruches d’abeilles était une prouesse scientifique et technologique. En effet, des tests de résistance à la pression et aux chocs ont été réalisés sur différents pavages utilisant plusieurs formes géométriques (cercle, carré, triangle…) et il s’avère que la forme hexagonale, caractéristique des ruches d’abeilles, est le pavage le plus résistant et par ailleurs, le plus léger. Et ce n’est pas tout ! La structure alvéolaire utilisant la forme hexagonale permet d’optimiser l’espace et cela induit de grandes économies de cire aux abeilles. En effet, c’est le pavage qui consomme le moins de cire durant la construction (petit périmètre lorsque les hexagones sont empilés) mais qui permettra de stocker le plus de miel et d’être le plus imposant (grande aire et grand volume). Ainsi, cette géométrie, qui parait tout a fait anodine, est pourtant bien réfléchie par nos amies butineuses ! Et cette structure a inspiré beaucoup de conceptions humaines : on peut notamment citer le carton alvéolaire ou certains matériaux composites pour les domaines de l’aéronautique et de l’automobile.

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    1. Merci de ta réponse 🙂 En effet, les ruches sont un exemple de biomimétisme très connu du grand public, on avait d’ailleurs eu l’occasion de l’évoquer lors de notre échange après notre présentation en cours. C’est l’un des principes qui est le plus utilisé dans le monde qui nous entoure !

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  5. Merci beaucoup pour l’article et également pour la vidéo, tous deux de très grande qualité. Comme vous l’avez si bien dit, le biomimétisme est un processus encore méconnu du grand public. Je me demandais alors, quelles sont les initiatives qui vont (ou ont déjà été mises en place) pour le sensibiliser au biomimétisme ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

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    1. Merci Vincent pour ta participation 🙂 Malheureusement, il n’y a pas réellement d’initiatives mises en place pour encourager le biomimétisme de façon générale, puisque le concept s’adresse essentiellement à la communauté scientifique et aux ingénieurs.

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  6. J’ai apprécié lire votre article très complet. Il m’a permis d’approfondir mes connaissances sur ce sujet, notamment sur les hydroliennes qui m’étaient jusqu’à ce jour inconnus.
    Néanmoins je reste perplexe sur ces outils. En effet, malgré les nombreux avantages que possèdent les hydroliennes, il reste toutefois des inconvénients. Par exemple, le développement des algues et des organismes sur ces hydroliennes est fréquent et des produits toxiques sont utilisés pour pallier ce problème. Cela constitue une source néfaste pour la faune et la flore marine. De plus, la présence du sable en suspension érode les pales d’hélice et nécessite de lourdes opérations de maintenance.

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    1. Bonjour Elise, je trouve ta remarque très constructive. Il est vrai que le système d’hydrolienne est encore à parfaire. Comme tu l’as souligné, c’est un objet qui peut parfois perturber son environnement, c’est pourquoi il faut faire attention à ne pas en placer au coeur des écosystèmes les plus fragiles, tels que la Barrière de Corail Australienne. Comme toutes les inventions, il y a toujours des améliorations à apporter !

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  7. Bonjour à vous tous ! Merci pour cet article très intéressant et la vidéo très bien amenée.
    Quand on regarde le parc de logement en France, on constante que la plupart des bâtiments sont anciens, qu’il existe beaucoup de vielles construction comparées à des passoires déperdition, est-ce que le biomimétisme pourrait offrir une solution dans ce cas précis ?
    merci par avance.

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  8. Lors du séminaire ma question portant sur le biomimétisme d’écosystème car je n’arrivais pas à comprendre dans quelles mesures on pouvait d’inspirer de tout un écosystème, je comprends maintenant que certains réseaux de transports se basent sur l’écosystème de certaines moisissures. On voit bien à travers votre article que la nature se passerait bien de nous !

    Merci pour cet article très enrichissant !

    Aimé par 1 personne

  9. Bonjour et merci pour cet article,

    Il est très intéressant et bien construit. La vidéo était agréable à regarder.

    J’aime beaucoup ce concept de création de nouvelles technologies basée sur l’observation des systèmes biologiques. En effet, le biomimétisme offre des pistes de réflexion précieuses quant à l’amélioration de nos organisations. Cependant, je pense qu’il est important de ne pas seulement copier la nature mais d’aller au-delà, de l’adapter, de la développer en fonction de certains principes comme l’éthique ou encore l’aspect sociétal dans notre société. Prenons l’exemple de l’aspect sociétal, avec l’élaboration d’une organisation « sociale » comme celle d’une ruche avec les abeilles. On se dit que si sa marche pour eux, pourquoi pas l’imiter. Mais l’histoire nous a montré qu’on ne pouvait pas appliquer cette organisation directement à la société humaine. Cela a créé des structures sociales du type totalitariste dont l’organisation hiérarchique dictatoriale n’était pas viable et durable sous cet angle « sociétal ».

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    1. Je pense en effet qu’on pourrait s’inspirer plus largement de la nature. Mais il ne faut pas oublier que l’Homme est à un stade de développement plus avancé que la plupart des espèces vivantes. Nos besoins sont plus évolués, c’est sans doute l’une des raisons qui explique pourquoi on ne peut pas organiser notre société comme des espèces telles que les abeilles 😉

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  10. Article instructif, étudier la nature sous toutes ses formes afin d’améliorer nos conceptions semble être un choix judicieux. En particulier de nos jours, où la recherche ne cesse de vouloir réduire les consommations (énergétiques, matière première,…)

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Rémi pour ton commentaire.
      Tu as tout à fait raison, l’énergie est l’un des principaux axes de recherche où le biomimétisme est appliqué, comme avec la SmartFlower de EDF ENR, qui copie l’esthétique d’une fleur mais aussi sa capacité à mouvoir ses pétales en les orientant vers le soleil ☀️

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